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Martin Faye : « Pourquoi la télévision publique, qui appartient à tous les Sénégalais, est-elle réduite à un rôle d’huissier ? »

Samedi 2 Mai 2026

L’organisation de la conférence de presse du président de la République, Bassirou Diomaye Faye, continue de susciter des réactions dans le paysage médiatique sénégalais. Cette fois, c’est l’ancien journaliste de la Radiodiffusion Télévision Sénégalaise (RTS), Martin Faye, qui est monté au créneau pour dénoncer ce qu’il considère comme une marginalisation du média public dans le dispositif retenu pour le questionnement du chef de l’État.

Dans une déclaration rendue publique, l’ancien professionnel de la RTS dit suivre « avec attention l’organisation de la conférence de presse du président Bassirou Diomaye Faye », tout en exprimant son désaccord sur la forme choisie par les organisateurs.

« Si je salue l’initiative, je proteste fermement sur la forme », affirme-t-il d’emblée. Le tres respecté, Martin Faye critique particulièrement le rôle attribué à la RTS durant cet exercice de communication présidentielle. Selon lui, la chaîne publique a été reléguée à une fonction purement protocolaire, sans possibilité d’interroger directement le président de la République.

« Confier à la RTS, service public, le seul rôle de modérateur, sans lui permettre de poser une seule question, est inadmissible », déplore-t-il.

L’ancien journaliste estime également que le choix des intervenants ne reflète pas la diversité du paysage médiatique national. « Deux journalistes de télévisions privées ont seuls le droit d’interroger le chef de l’État. Où est la presse écrite ? Où sont les radios ? Où sont les webmédias ? », s’interroge-t-il.

Pour Martin Faye, la mise à l’écart de la RTS pose surtout un problème de principe, dans la mesure où la télévision nationale est financée par les contribuables sénégalais et investie d’une mission de service public.

« Pourquoi la télévision publique, qui appartient à tous les Sénégalais, est-elle réduite à un rôle d’huissier ? », lance-t-il encore.

Dans son analyse, il considère que le pluralisme médiatique ne saurait être limité à la participation de quelques chaînes privées. « Le pluralisme ne se limite pas à deux chaînes privées. La conférence de presse du président ne devrait pas être une affaire de copinage médiatique », martèle-t-il.

L’ancien journaliste plaide ainsi pour une meilleure représentativité des différents supports de presse lors des prochaines éditions des échanges avec le chef de l’État. « La RTS mérite de poser des questions au nom du service public. Point », insiste-t-il.

Le doyen Martin Faye appelle à la mise en place d’un dispositif plus inclusif. « Je demande que pour les prochaines éditions, un pool diversifié (presse publique, privée, écrite, radio, numérique) soit constitué », propose-t-il.
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