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Le désastre Macky (Par Amadou DIAO)

Lundi 26 Février 2024

Aussi loin qu’on pousse le souvenir, on ne trouvera nulle part un acte aussi calamiteux dans notre relative récente histoire politique. Des doyens interrogés par la presse, dans le Fouta, ont affirmé n’avoir jamais vécu un report d’élection présidentielle au Sénégal. C’est dire que le chef de l’Etat entre, tristement, dans l’histoire. Et n’eût été la clairvoyance de notre classe politique, la situation ainsi créée aurait pu dégénérer en un conflit aux conséquences incalculables. Après douze ans au pouvoir, le dernier exercice qui restait au président de la République relevait d’une sincérité sans détour : fixer la date du scrutin et laisser les événements s’écouler.

Cet exercice aussi simple qu’il paraît était plutôt un gros morceau pour Macky Sall. Le chef de l’Etat a, en effet, pendant longtemps, caressé l’idée de goûter au fruit interdit, le 3e mandat ! Pendant quasiment tout son second mandat, Macky Sall a observé, sans doute, avec beaucoup d’intérêt, s’écouler des longueurs d’heures de débats et de tribunes dans les médias sur la question. Muet pendant presque cinq ans, il n’a, toutefois, pas hésité à sanctionner ses proches qui, téméraires, osaient afficher ouvertement leur hostilité au 3e mandat. Aux baroudeurs comme Omar Bâ de l’AMS ou le député de Ranérou Ferlo Aliou Sow, liberté leur avait, vraisemblablement, été donné de s’épancher sur la presse sur le droit et le devoir de Macky Sall de briguer un 3e mandat.

Face à la clameur publique et à une classe politique décidée à se dresser sur son chemin, il finit par revenir à la raison. Mais, paie cash le prix de son louvoiement pour n’avoir pas préparé le candidat de son camp politique. au regard de la robustesse de l’opposition, Macky Sall s’est rendu compte qu’il n’y avait à Benno Bokk Yaakaar personne pour recevoir le flambeau. Il ne restait plus alors que le temps des manœuvres.

La liaison funeste avec les libéraux du PDS s’invite par son « génie » dans le jeu politique. Karim Wade qu’il a fait exiler et bloquer à la candidature de la présidentielle de 2019 retrouve le podium. Il promet, sans doute, à son pater qu’il sera candidat à l’élection de 2024. Tout semble s’arranger lorsque le couperet du Conseil constitutionnel tombe net sanctionnant « Rimka » de parjure sur sa double nationalité. Macky Sall comme la victime refusent d’accuser le coup. PDS et APR se liguent pour produire un scénario politique qui aurait pu ruiner tout le prestige de notre démocratie. Car tout le monde le sait : la situation surréaliste se serait passée dans certains pays, les bidasses auraient fait parler les armes.

On y est presque, d’ailleurs ! D’autant que le chef de l’Etat, sur la base d’un prétexte fallacieux, abroge le décret convoquant le corps électoral le 25 février 2024. L’assemblée nationale, par le truchement d’une alliance née par césarienne, vote le report du scrutin au 15 janvier 2024. Le tout appuyé par un argumentaire à dormir debout de juges corrompus. Et pour faire passer la pilule, ils se barricadent derrière le prétexte ridicule de blanchir leur candidat.  

Aujourd’hui plus que jamais Amadou Bâ est le candidat de Macky Sall et des députés de BBY. Mais, les manœuvres continuent de plus belle. Ce lundi, au CICAD, le président Macky Sall, fermant les yeux devant la dernière décision du Conseil constitutionnel convoque un dialogue pour chercher la pleine lune plantée au ciel. Là aussi, l’échec et l’humiliation l’attendent. Et la sortie honorable qu’on s’évertue à lui trouver risque d’être improbable.

Il n’y a, en vérité, rien à espérer du chef de l’Etat. Tout son magistère ressemble à un désastre politique dont le sommet est cet acte sans finesse qui a consisté à arracher à Aminata Touré son titre de député acquis de haute lutte.

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