Menu

La Casamance entre résolution et éternel déplacement de la crise

Vendredi 25 Mars 2022

La Casamance entre résolution et éternel déplacement de la crise
Quand on est de la Casamance et que l'on a vécu les pires moments de cette crise qui a duré quarante (40) années, on ne peut pas cautionner la perception saugrenue que tiennent certains aboyeurs. À les attendre parler de la région, on a l'impression qu'ils font allusion à une contrée lointaine dans l'Ukraine tellement ce qu'ils racontent est farfelu. Après tout, nous les comprenons si l'on sait qu'ils ne connaissent le Sénégal qu'à travers leur lointain village d'origine, la capitale dakaroise et les villes religieuses qu'ils fréquentent le temps d'un événement religieux.

Nous de la Casamance savons beaucoup de cette crise mais en parlons moins du fait  de ce que nous avons vécu et subi. C'est pourquoi nous trouvons certaines analyses aberrantes surtout quand elles consistent à pousser l'État à adopter une position va-t-en-guerre pour la résolution de cette crise. C'est mal connaître ses origines géographique, historique, politique et culturelle que de devoir suggérer cette méthode à l'État. C'est d'ailleurs curieux de constater que ceux qui s'érigent en spécialistes de cette crise sont ceux qui n'ont aucune maîtrise de la région, ne connaissent ni sa géographie, ni son histoire encore moins sa culture.

Si depuis la répression sanglante du 26 décembre 1982 en plein centre ville de Ziguinchor jusqu'à nos jours, l'utilisation de la force n'est pas parvenue à anéantir cette résistance, on voit mal cela réussir extraordinairement aujourd'hui. Senghor doit son semblant de réussite à un compromis ou une compromission, c'est selon (20 ans de compagnonnage politique avec le MFDC) ; Diouf finira par négocier après avoir recouru aux méthodes violentes (signature d'accords de cessez-le-feu en 91 et 99) ; Wade, malgré ses offensives militaires et le coup de main de l'armée bissau-guinéenne en 2000 et 2006, finira par se mettre autour d'une table de négociations (les offensives contre les positions de Salif Sadio à Kassolol et à Baraqua Manjonka n'ayant pas produit les résultats escomptés) et la situation de ni guerre ni paix sous Macky est le résultat des négociations/compromissions (entre 2012 et 2021, nous vivions une accalmie précaire). 

Vouloir changer de stratégie après plus de dix (10) années de pouvoir et à moins de deux (02) années de la fin du règne est synonyme de se faire hara-kiri à moins qu'il y ait des desseins politiciens inavoués. Comme l'année passée lorsque l'armée a lancé les hostilités le 25 janvier 2021 contre le front Sud, cette année aussi, les opérations sont lancées le 13 mars 2022 contre le front Nord. Mais, les résultats restent les mêmes, mitigés et pas encore de résolution définitive de cette crise, même pas l'anéantissement complet de ces deux fronts.

C'est vrai, l'armée nous disait avoir détruit les bases de Boussouloum, Badiong, Sikoune et Bamoune-Bilas en 2021 mais la principale base de Kassolol, à environ 09 km de Ziguinchor, reste toujours intacte. D'ailleurs son chef César Atoute Badiate est actuellement jugé en contumace à Ziguinchor dans l'affaire de la tuerie de la forêt du Bayotte-Est.

Cette année aussi, l'armée nous dit avoir détruit les bases de Salif Sadio à Bakingaye, Djilanfale, Katama, Guikess, Katinoro, Karounor, Tampindo/Kanfounda et Younor sans nous dire où se trouvent Salif Sadio et ses hommes. C'est la question que tout le monde se pose en espérant avoir une réponse précise.

L'histoire nous apprend qu'à chaque fois que l'armée attaque les positions du MFDC, celui-ci se déploie dans l'espace tel un Phœnix qui renaît de ces cendres. Les exemples foisonnent : le 26 décembre 1982 de Ziguinchor vers le maquis, en 2000 à Kassolol pour voir Salif Sadio déménager à Baraka Manjonka, en 2006 à Baraka Manjonka poussant Salif Sadio à regagner le Nord-Sindian, en janvier 2021 sans savoir où se sont déployés les occupants des bases détruites et cette année sans nous dire où se situent Sadio et ses hommes.

Cette situation ne peut que nous laisser un goût de cendres en voyant ce qui se passe sur le terrain. Comment nous rassurer quant à cette opération de nettoyage en voyant les assaillants opérer des braquages sur la RN4 sans se faire prendre ? Quelle pertinence accorder aux résultats de l'armée lorsque les images qui nous sont montrées ne correspondent qu'à des carcasses de véhicules, de munitions et des baraquements ? Nous ne doutons point du professionnalisme de nos armées mais nous espérions que la réponse sera à la hauteur de l'humiliation subie.

Nous savons tous que lorsque Salif Sadio exhibe ses trophées de guerre, c'est toujours du lourd comme pour parler comme la jeune génération. Nous avons tous vu les véhicules de l'armée en sa possession en bon état lorsqu'il accordait l'interview à BBC sur la question du zircon. Il a pris en otage nos sept (07) militaires qu'il nous a présentés dans des conditions humiliantes. Il en a pris d'autres en otage et en a tué plusieurs sans parler des démineurs.

Tout ce qui précède concourt à démontrer que toutes les initiatives prises par l'État central depuis l'éclatement de cette crise n'ont abouti qu'à déplacer les combattants du MFDC d'un espace à un autre et non à la résoudre d'une manière définitive. Les expériences du passé auraient dû servir aux dirigeants actuels pour ne pas commettre les mêmes erreurs. Malheureusement, le point de non retour semble déjà atteint et les Casamançaises et les Casamançais vont continuer à en pâtir.


Soumaila Manga, Président Debout Pour La Patrie-DLP
Membre Mouvement JUSCA/ Ziguinchor JOGNA

Nouveau commentaire :



SPORTS

Football : refoulé des États-Unis lors du Mondial 2026, le Somalien Omar Artan va arbitrer la Supercoupe d’Europe

« Silence », « distance », « manque de transparence » : trois confédérations désavouent Infantino

Idrissa Gana Gueye quitte Everton et rejoint Al-Diriyah en Arabie saoudite

Maroc : la Fédération interdit les académies de football portant des noms de clubs étrangers

Équipe nationale : Patrick Vieira séjourne au Sénégal et se rapproche des Lions

Phases nationales ONCAV 2026 : Seydou Sané vole au secours des équipes de Ziguinchor

Afrique du Sud : Pitso Mosimane nommé nouveau sélectionneur des Bafana Bafana

Ligue 1 : la Linguère de Saint-Louis renouvelle sa confiance à Amara Traoré

FIFA : Une importante indemnité versée à une ex-employée de l’UEFA après une relation présumée avec Infantino

Mercato : l’Olympique de Marseille s’intéresse à Krépin Diatta



PEOPLE

Cristiano Ronaldo officialise son mariage avec Georgina Rodriguez

Aby’s Garden en cendres : les images impressionnantes d’un lieu de fête ravagé par les flammes

Viviane Chidid célèbre les 37 ans du PBS au Grand Théâtre

Tivaouane : Serigne Habib Sy met en garde les influenceurs contre le « folklore » au Gamou

Disparition de Djibril Dièye : « AutoMag » perd sa voix emblématique

Milan Violon, le pionnier qui veut changer les regards sur la natation artistique

Aya Nakamura au cœur de rumeurs de mariage avec le rappeur RK, son ex-compagnon réagit

Nécrologie : l'influenceur Mansour Diouf est décédé dans un accident de la route

Jocelyne Béroard plaide pour des vols directs entre Dakar et les Antilles

Jocelyne Béroard : « Kassav' continue de vivre malgré l'absence de Jacob Desvarieux »