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JOJ Dakar 2026 : La jeunesse veut des champions, pas des politiciens autour de la flamme olympique !

Mercredi 16 Septembre 2026

Par Babacar Francky BA


Le Sénégal s’apprête à accueillir un événement historique. Du 31 octobre au 13 novembre 2026, Dakar sera la capitale mondiale de la jeunesse sportive, avec les Jeux Olympiques de la Jeunesse, une première sur le sol africain. Environ 2 700 athlètes venus du monde entier fouleront nos pistes, nos terrains et nos infrastructures sportives.

Depuis le 10 septembre, la flamme olympique de la jeunesse, allumée à Athènes, parcourt les quatorze régions du Sénégal. Elle symbolise l’unité, l’espoir, le dépassement de soi et la transmission des valeurs sportives. Mais au-delà des cérémonies et des images officielles, une question mérite d’être posée : à qui doit véritablement appartenir cette flamme ?

À la jeunesse. Aux athlètes. Aux champions qui ont porté le drapeau national au plus haut niveau. À celles et ceux qui ont consacré leur vie au sport et qui constituent la mémoire vivante de notre nation.
Pourtant, dans le déroulement de cette mobilisation, l’absence ou la faible mise en valeur de certaines grandes figures du sport sénégalais interroge. Pourquoi ne pas avoir davantage associé les légendes qui ont écrit les plus belles pages de notre histoire olympique et sportive ?

Amadou Dia Ba, Amy Mbacké Thiam, Hortense Diédhiou et Ndiss Kaba Badji ne sont pas de simples noms dans les archives. Ce sont des références nationales. Des modèles de courage, de discipline et de persévérance. Des champions dont les exploits devraient être racontés aux jeunes qui s’apprêtent à participer ou à assister à ces Jeux.

Amadou Dia Ba reste le premier et l’unique médaillé olympique de l’histoire du Sénégal, avec sa médaille d’argent obtenue à Séoul en 1988. Amy Mbacké Thiam a remporté le titre mondial du 400 mètres en 2001, un exploit qui demeure gravé dans la mémoire de l’athlétisme sénégalais. Hortense Diédhiou a marqué le judo africain par ses titres continentaux et ses participations olympiques. Ndiss Kaba Badji a représenté le Sénégal à trois éditions des Jeux Olympiques et atteint la finale du saut en longueur à Pékin en 2008.

Ces parcours méritent une place de choix autour de la flamme olympique. Parce qu’un jeune athlète a besoin de voir des champions qui lui ressemblent, des hommes et des femmes qui ont connu les sacrifices, les défaites, les blessures et les victoires. Il a besoin de comprendre que les médailles ne tombent pas du ciel, mais qu’elles sont le fruit du travail et de la détermination.

La jeunesse veut des champions, pas des politiciens autour de la flamme olympique !
Cette interpellation ne vise pas à nier le rôle des autorités ou des institutions dans l’organisation des JOJ. Leur implication est nécessaire. Mais les Jeux Olympiques de la Jeunesse sont avant tout une célébration du sport et de la jeunesse. Ils ne doivent pas être réduits à une succession d’apparitions officielles ou à une occasion de mise en avant des responsables politiques.

La flamme olympique ne devrait pas être un décor pour la communication politique. Elle devrait être un symbole de mérite, d’excellence et de transmission. Les responsables politiques ont leur place dans les cérémonies institutionnelles, mais les champions doivent occuper une place centrale dans les moments qui célèbrent le sport.

Car la politique change, les mandats passent, les fonctions évoluent. Les exploits sportifs, eux, demeurent dans la mémoire collective. Une médaille olympique, un titre mondial ou une finale historique constituent un patrimoine national qui mérite d’être valorisé au-delà des alternances et des générations.


Dakar 2026 doit donc être l’occasion de réconcilier la jeunesse avec son histoire sportive. Il faut inviter les anciennes gloires dans les écoles, les stades, les cérémonies et les activités de la flamme. Il faut leur donner la parole, raconter leurs parcours et permettre aux jeunes athlètes de s’inspirer directement de leur expérience.

L’enjeu dépasse la simple présence protocolaire. Il s’agit de construire une véritable culture sportive nationale, fondée sur la reconnaissance des anciens, l’accompagnement des jeunes et la transmission des valeurs olympiques.

Le Sénégal a une histoire sportive à raconter au monde. Cette histoire ne commence pas avec Dakar 2026. Elle a été écrite par des générations de champions qui ont parfois évolué dans des conditions difficiles, mais qui ont su hisser le drapeau national sur les podiums et dans les grandes compétitions internationales.
À l’heure où la flamme traverse le pays, il est encore temps de donner à ces légendes la place qui leur revient. Non pas pour effacer les acteurs d’aujourd’hui, mais pour rappeler que la réussite de demain s’appuie sur les exploits d’hier.


La jeunesse sénégalaise mérite de voir ses champions. Elle mérite de connaître leurs noms, leurs sacrifices et leurs victoires. Elle mérite une flamme olympique qui rassemble autour du sport, du mérite et de la fierté nationale.

Dakar 2026 ne sera véritablement historique que si la jeunesse y trouve non seulement une compétition, mais aussi une histoire à poursuivre et des légendes à honorer. En définitive, ces Jeux ne devront pas seulement être une réussite sportive et organisationnelle : ils devront demeurer dans la mémoire collective comme de grands moments de l’histoire du Sénégal, à l’image du Festival mondial des arts nègres de 1966, du sommet de l’OCI de 2008 et du sommet de la Francophonie de 2014. C’est à cette condition uniquement que Dakar 2026 dépassera le cadre d’un événement ponctuel pour devenir un véritable héritage national.

Babacar Francky BA
Journaliste Indépendant,
Chargé de Relations Publiques

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