Menu

Ibrahim Traoré : un officier jeune, plus ou moins instruit, et presque toujours peu qualifié

Dimanche 9 Octobre 2022

À présent, le deuxième coup d’État de l’année est totalement consommé au Burkina. Il a suffi d’une petite semaine aux putschistes pour faire l’unanimité autour d’eux. Même la Cédéao, pourtant chahutée et vilipendée à Ouagadougou, a entériné, de fait, ce putsch. Ne doit-on pas en déduire qu’en Afrique, certains coups d’État sont acceptés, parfois même souhaités par les populations ?



L’on est gêné de voir les Bukinabè, huit mois après s’être réjouis d’un premier putsch, revenir, dans la même candeur, applaudir le suivant. Certes, il mérite son sort, le vaincu. Mais, peu de peuples raisonnables s’accommodent tant des coups d’État. Le Burkina est à un de ces carrefours où l’intelligence collective commande de s’interroger sur les racines profondes du mal qui vous rabaisse : cette vulnérabilité chronique, qui fait qu’un État peut être cueilli aussi facilement, en quelques heures, par un officier plus ou moins jeune, plus ou moins instruit, et presque toujours peu qualifié. Ils doivent aussi s’interroger sur ce qu’il faut de désespérance à un peuple pour se laisser ainsi séduire par chaque militaire qui se présente en sauveur.

D’aucuns soutiendront que ces foules hétéroclites qui applaudissent sont davantage constituées de frustrés et autres laissés-pour-compte, que de citoyens informés, au fait des réels enjeux. Qu’il soit mû par le suivisme d’un instinct grégaire ou par une conscience citoyenne éclairée, cet enthousiasme facile est source de circonspection. Car les slogans scandés dans les rues de Ouagadougou n’ont jamais sorti aucun peuple du gouffre, jamais assuré le développement à aucune nation. Le salut passe donc par leur aptitude à ne pas se tromper de questionnements.

Tout cela ne se règlera-t-il pas par le calendrier du retour à la légalité constitutionnelle ? La Cédéao semble rassurée, après tout…

À force de n’aborder ces coups d’État que par le petit bout, épicier, de la lorgnette, la Cédéao devient inaudible. Car enfin, de quelle utilité peut donc être, pour un peuple, un ordre constitutionnel qui risquerait d’être rompu dans cinq ans, ou même dix, parce que les fondations auront été bâclées ? Chaque chef d’État devrait se souvenir qu’il a été, lui aussi, opposant. Avec le recul de trente ans de démocratie plus ou moins chaotique, tous savent, aujourd’hui, que ce ne sont pas les coups d’État le problème, mais les comportements au pouvoir qui les justifient, ou servent d’alibis aux putschistes. Un dirigeant qui respecte les engagements qui l’ont porté au pouvoir et les règles qui lui ont permis d’y accéder a moins à craindre que celui qui gouverne contre l’intérêt général et change les règles, par calculs personnels.

Faut-il comprendre que faire le bonheur de son peuple peut éviter à un dirigeant un coup d’État ?

Cela se peut. Au Nigeria, le président Muhammadu Buhari, en bientôt huit ans de pouvoir, n’a certainement pas fait des Nigérians le peuple le plus heureux de la terre. Mais, en début d’année prochaine, il s’en ira, sans ruser, parce que telle est la loi. Muhammadu Buhari a été général dans l’armée. Putschiste, il a renversé le président Shehu Shagari, puis dirigé le pays avant d'être lui même renversé par un autre militaire. Revenu au pouvoir par les urnes, il termine son second mandat en démocrate : en faisant ses cartons. L’histoire sera infiniment plus généreuse avec lui que s’il avait usé d’artifices pour s’accrocher.

Diriger un pays ne consiste pas à expédier tant bien que mal les affaires courantes, à voler d’urgence en urgence, d’incendies en incendies mal éteints. Un leader sait imprimer à son peuple une vision qui suscite l’adhésion, et même l’enthousiasme, lorsque la population voit son destin changer, en bien. Tout cela suppose un minimum d’amour pour le peuple que l’on prétend conduire.

Nouveau commentaire :




SPORTS

Al-Nassr : Sadio Mané signe son retour avec une passe décisive face à Al-Draih

CAN 2025 : après l’audience, le TAS annonce son verdict dans « quelques jours, voire quelques semaines »

Basket : Doudou Ndoye de l’AS Douanes décède après plusieurs jours de coma, troisième victime du tragique accident

CAN 2025 : Sénégal-Maroc, le titre de champion d’Afrique se joue ce jeudi devant le TAS

Cheikhou Kouyaté : « Le médecin m’a demandé d’arrêter le football »

Sénégal 1-0 Comores : Iliman Ndiaye délivre les Lions à Marseille

Football : l’Argentine inflige une correction 7-0 au Burkina Faso

Ligue des nations : l’Angleterre corrige la Croatie 7-0

Krépin Diatta à Watford : les détails de son contrat avec les Hornets

Coupe du monde 2030 : le président de la FSF Abdoulaye Fall soutient la candidature du Maroc pour la finale





PEOPLE

Côte d’Ivoire : Alassane Ouattara félicite Dominique Ouattara pour la réussite du 10ᵉ gala de Children of Africa

Mariée depuis dix jours, une jeune femme retrouvée morte par balle dans sa chambre conjugale

Dakar : une femme mariée tombe amoureuse de son mécanicien sur TikTok, l’histoire finit au tribunal

Dayana Marcela Roblesorduz : arrêtée pour prostitution présumée, son mugshot devient viral

Kim Kardashian : sa fille North West, 13 ans, déjà accro aux projecteurs

Gambie : Un gala haut en couleur pour célébrer l’indépendance de la Guinée

Mariage : Pape Abdoulaye Touré officialise son union à la mairie de Dakar

Sénégal / Diaspora de France : Alfousseyni Soumaré, « Mister Al », un animateur en pleine ascension

Carnet rose : Bamba Dieng s’est marié à Tivaouane

France : Ce geste de Macron envers le pape suscite l’indignation de certains catholiques