L’ancien président de transition guinéenne, Moussa Dadis Camara, a livré de graves accusations à l’encontre du journaliste Cheikh Yérim Seck, ancien reporter du magazine Jeune Afrique. Dans une sortie médiatique largement relayée, l’ex-chef de la junte affirme avoir refusé, il y a plus de quinze ans, une proposition financière destinée, selon lui, à « laver son image » dans les médias.
Revenant sur cette rencontre, Moussa Dadis Camara explique que Cheikh Yérim Seck s’était présenté dans son bureau peu après sa prise de pouvoir en Guinée. « Cet homme, dès la prise du pouvoir, a surgi dans mon bureau. Il s’est présenté à moi. Il est journaliste de Jeune Afrique et je l’ai bien reçu », a déclaré l’ancien dirigeant guinéen.
Selon ses explications, le journaliste aurait rapidement abordé la question de la communication politique et de l’image du régime. « Il m’a dit : “Monsieur le Président, vous venez de prendre le pouvoir et vous savez que la presse est le quatrième pouvoir. Vous n’avez pas d’expérience. Il est question de laver votre image” », a raconté Moussa Dadis Camara.
L’ancien président de transition affirme ensuite que Cheikh Yérim Seck lui aurait proposé un contrat de communication particulièrement coûteux. « Il me dit : “Il faut un contrat afin que vous puissiez, par trimestre, me donner cinq cent mille dollars ou euros.” C’est en ce moment-là que je me suis fâché contre lui », a-t-il soutenu.
Moussa Dadis Camara dit avoir immédiatement rejeté cette proposition qu’il considère comme une tentative d’extorsion. « J’ai dit que c’est un escroc, que je n’ai pas besoin que vous laviez mon image. Dieu seul peut laver mon image », a-t-il lancé, affirmant avoir ensuite mis fin à la rencontre.
Selon lui, ce refus aurait été suivi par la publication d’articles critiques à son encontre. « Il est allé faire des articles où il a essayé de me calomnier », a accusé l’ancien chef de la transition. Dans son intervention, Moussa Dadis Camara a également évoqué des situations similaires impliquant d’autres dirigeants africains, notamment le président de transition du Burkina Faso, Ibrahim Traoré.
Il a enfin fait allusion aux récentes révélations publiées par Cheikh Yérim Seck sur le régime du président de transition guinéen Mamadi Doumbouya, laissant entendre que les mêmes méthodes auraient été utilisées dans les rapports avec les autorités actuelles de Guinée.

