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Graves accusations : Saër Kébé affirme avoir été arrêté et interrogé par des policiers, avec la complicité « d'hommes blancs »

Mercredi 26 Mai 2021

Graves accusations : Saër Kébé affirme avoir été arrêté et interrogé par des policiers, avec la complicité « d'hommes blancs »
C’est une scène digne d’un film d'espionnage qui se serait passée samedi dernier. Alors qu’il se trouvait sur l’avenue Cheikh Anta Diop, en face du couloir de la mort, l’étudiant Saër Kébé aurait été intercepté vers 21 heures par trois hommes sortis d’un 4X4 aux vitres teintées. Selon son récit recueilli par Dakaractu, ces derniers se seraient présentés comme des policiers et lui auraient demandé de les suivre.  
  
« Comme ma première arrestation (en 2015) s’est presque déroulée comme ça, j’ai obtempéré », confie Saër Kébé à Dakaractu.  Lorsqu’il est monté, le chauffeur a mis le moteur en marche pour le centre-ville dakarois.   Durant le trajet qui a duré selon notre interlocuteur 30 minutes, il était incapable d’avoir un repère pour avoir une idée de sa destination. Tout ce dont se rappelle Saër Kébé, c'est qu'à un moment, il a senti une manœuvre du chauffeur empruntant une descente. Quelques instants après, la voiture s’arrêtait. 
  
Conduit dans une pièce, l’étudiant soutient qu’il a trouvé sur place au moins quatre hommes blancs. Il devait dès lors commencer son interrogatoire. À l’en croire, les hommes qui l’ont interpellé auraient voulu l’entendre, mais il aurait refusé de parler en l’absence de son avocat. « Ils m’ont même menacé de mort. Mais je leur ai répondu qu’ils ne m’intimidaient pas », avance l’étudiant. Le lendemain, les « obscurs » interrogateurs seraient revenus à la charge, mais ils auraient eu droit à la même réponse. 
  
Qu'en est-il des hommes blancs ? « Ils ne m’ont pas adressé la parole. Ils travaillaient sur autre chose, mais ne semblaient pas être là contre leur volonté », rétorque Saër Kébé qui ajoute qu’il n’a pas été maltraité par ses « ravisseurs ». 
  
Ce n’est finalement que ce lundi 24 mai, aux alentours de 21 heures qu’il aurait été libéré. « Ils m’ont mis dans le véhicule et m’ont relâché sur la Corniche, vers la maison de Senghor », poursuit-il. Il ne soupçonne personne mais se rappelle que les hommes qui l’ont intercepté à hauteur de l'université lui ont présenté leur carte professionnelle...de policier. « Mais je n’ai pas vu de nom », précise-t-il. 
  
La police se met hors de cause 
  
Contactée par Dakaractu, la police dit n’être pas au courant de tels faits et assure que cette manière de faire n’est pas sienne et ne sera pas acceptée dans ses rangs. De même, elle précise n’avoir de coopération avec un service étranger pour ce genre de procédés. 
  
De son côté, Saër Kébé évite pour l’heure de faire le lien entre ce qui lui serait arrivé ce week-end et ses démêlés avec la justice. Rappelons que la Cour d’appel de la Chambre criminelle à formation spéciale a confirmé le verdict de première instance dans le dossier opposant l’étudiant au ministère public. Le parquet général a fait un pourvoi en cassation. 
  
Il avait été condamné à 3 mois assortis de sursis pour menace, alors qu’il était poursuivi pour actes de terrorisme par menace et apologie du terrorisme.   En 2015, Saër Kébé avait menacé d’attentats les américains et les israéliens, à travers les pages Facebook de l’ambassade des États-Unis à Dakar et des forces armées de l’État hébreu. 
  
Favorable à une enquête pour tirer cette affaire au clair, il affirme avoir saisi ses avocats. 

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