La justice gabonaise poursuit ses investigations sur l’empire financier présumé de l’ancienne famille présidentielle. Au cœur du dossier : plusieurs milliers de milliards de francs CFA, des dizaines de sociétés, des comptes bancaires, des résidences de luxe et des actifs détenus au Gabon comme à l’étranger.
Lors du procès de Sylvia et Noureddin Bongo-Valentin en 2025, le procureur Eddy Minang avait évoqué « plusieurs milliers de milliards de francs CFA », des dizaines de comptes bancaires et un véritable empire financier.
« Les accusés n’ont pas agi par impulsion, mais par calcul », avait déclaré le magistrat, mettant notamment en avant l’existence présumée de sociétés-écrans, de prête-noms et de circuits internationaux passant par Dubaï, Londres et les îles Vierges britanniques.
Sylvia et Noureddin Bongo, qui vivent désormais en exil à Londres, ont été condamnés en leur absence en novembre 2025 à vingt ans de réclusion et 100 millions de F CFA d’amende. Le tribunal a également ordonné la saisie au profit de l’État de nombreux avoir
Palais, villas et résidences de prestige : depuis le renversement d’Ali Bongo Ondimba en août 2023, plusieurs propriétés liées à l’ancienne famille présidentielle sont au centre d’une bataille entre saisies judiciaires, restitutions et accusations de dilapidation.
Le palais du domaine d’Oyo, construit dans les années 1990 par Omar Bongo Ondimba pour son épouse Édith Lucie Bongo Ondimba, était abandonné depuis une quinzaine d’années. Son parc animalier, autrefois réservé aux invités de marque d’Ali Bongo, est désormais ouvert au public.
Le palais a finalement été confié aux enfants d’Omar et Édith Lucie Bongo, Omar Denis Junior et Yacine Queenie Bongo Ondimba. Il en aurait été de même pour une résidence située à Franceville et pour la « Maison marocaine » de Libreville.
La villa Nam, dernière résidence d’Ali Bongo et de son épouse avant leur départ, connaît un sort différent. Elle a été saisie et demeure inoccupée. Lors du procès de 2025, le procureur avait affirmé qu'elle avait coûté 80 milliards de F CFA, montant contesté par l’ancienne famille présidentielle. Il l’avait qualifiée de « cathédrale de vanité construite avec l’argent du peuple ».
Libreville peine à récupérer les biens situés à l’étranger
Si les autorités gabonaises ont saisi plusieurs biens appartenant ou attribués à l’ancienne famille présidentielle au Gabon, leur offensive rencontre davantage de difficultés à l’étranger. Les démarches engagées auprès de plusieurs pays n’ont pas permis de récupérer certaines résidences et certains actifs recherchés.
Les enquêteurs gabonais ont sollicité leurs homologues français, britanniques, émiratis, monégasques, suisses, marocains et tunisiens. Mais, selon le document, aucune des résidences des Bongo-Valentin situées à l’étranger n’aurait pu être saisie, notamment des biens à Londres et une villa à Marrakech.
L’Anif reconnaît elle-même des difficultés dans la coopération internationale. « La coopération avec le Royaume-Uni n’a pas été fructueuse », indique un rapport de l’agence, qui fait également état de difficultés avec la France et le Maroc. Concernant ce dernier pays, elle affirme : « Aucune suite n’a été faite à nos demandes ».
Les autorités gabonaises cherchent désormais à obtenir des exequaturs afin de rendre exécutoires à l’étranger les décisions prononcées par la justice gabonaise. Le président Brice Clotaire Oligui Nguema a lui-même appelé les États partenaires à exécuter les sanctions judiciaires prononcées au Gabon.
Noureddin Bongo accuse le pouvoir d’avoir saisi et redistribué les biens de sa famille
Depuis son exil à Londres, Noureddin Bongo-Valentin conteste les saisies opérées par les autorités gabonaises et affirme que certains biens de sa famille auraient été réattribués à des particuliers ou à des proches du pouvoir. Des accusations contestées sur plusieurs points par les autorités.
Selon le fils d’Ali Bongo, « tous les actifs immobiliers » de sa famille au Gabon auraient été saisis et, pour certains, réattribués. Il affirme également que des comptes bancaires ont été concernés par les opérations.
Noureddin Bongo-Valentin soutient par ailleurs que des fonds auraient été transférés sur plusieurs comptes de la Caisse des dépôts et consignations. Des sources à la présidence gabonaise citées dans le document confirment l’existence de ces comptes, mais assurent qu’ils appartiennent bien à l’État.
« Nous disposons de nombreuses preuves », affirme Noureddin Bongo-Valentin, qui maintient : « Nous n’avons jamais commis de crimes financiers, et nous comptons sur la justice française pour restituer ce qui nous a été arraché sous la contrainte. »
Lors du procès de Sylvia et Noureddin Bongo-Valentin en 2025, le procureur Eddy Minang avait évoqué « plusieurs milliers de milliards de francs CFA », des dizaines de comptes bancaires et un véritable empire financier.
« Les accusés n’ont pas agi par impulsion, mais par calcul », avait déclaré le magistrat, mettant notamment en avant l’existence présumée de sociétés-écrans, de prête-noms et de circuits internationaux passant par Dubaï, Londres et les îles Vierges britanniques.
Sylvia et Noureddin Bongo, qui vivent désormais en exil à Londres, ont été condamnés en leur absence en novembre 2025 à vingt ans de réclusion et 100 millions de F CFA d’amende. Le tribunal a également ordonné la saisie au profit de l’État de nombreux avoir
Palais, villas et résidences de prestige : depuis le renversement d’Ali Bongo Ondimba en août 2023, plusieurs propriétés liées à l’ancienne famille présidentielle sont au centre d’une bataille entre saisies judiciaires, restitutions et accusations de dilapidation.
Le palais du domaine d’Oyo, construit dans les années 1990 par Omar Bongo Ondimba pour son épouse Édith Lucie Bongo Ondimba, était abandonné depuis une quinzaine d’années. Son parc animalier, autrefois réservé aux invités de marque d’Ali Bongo, est désormais ouvert au public.
Le palais a finalement été confié aux enfants d’Omar et Édith Lucie Bongo, Omar Denis Junior et Yacine Queenie Bongo Ondimba. Il en aurait été de même pour une résidence située à Franceville et pour la « Maison marocaine » de Libreville.
La villa Nam, dernière résidence d’Ali Bongo et de son épouse avant leur départ, connaît un sort différent. Elle a été saisie et demeure inoccupée. Lors du procès de 2025, le procureur avait affirmé qu'elle avait coûté 80 milliards de F CFA, montant contesté par l’ancienne famille présidentielle. Il l’avait qualifiée de « cathédrale de vanité construite avec l’argent du peuple ».
Libreville peine à récupérer les biens situés à l’étranger
Si les autorités gabonaises ont saisi plusieurs biens appartenant ou attribués à l’ancienne famille présidentielle au Gabon, leur offensive rencontre davantage de difficultés à l’étranger. Les démarches engagées auprès de plusieurs pays n’ont pas permis de récupérer certaines résidences et certains actifs recherchés.
Les enquêteurs gabonais ont sollicité leurs homologues français, britanniques, émiratis, monégasques, suisses, marocains et tunisiens. Mais, selon le document, aucune des résidences des Bongo-Valentin situées à l’étranger n’aurait pu être saisie, notamment des biens à Londres et une villa à Marrakech.
L’Anif reconnaît elle-même des difficultés dans la coopération internationale. « La coopération avec le Royaume-Uni n’a pas été fructueuse », indique un rapport de l’agence, qui fait également état de difficultés avec la France et le Maroc. Concernant ce dernier pays, elle affirme : « Aucune suite n’a été faite à nos demandes ».
Les autorités gabonaises cherchent désormais à obtenir des exequaturs afin de rendre exécutoires à l’étranger les décisions prononcées par la justice gabonaise. Le président Brice Clotaire Oligui Nguema a lui-même appelé les États partenaires à exécuter les sanctions judiciaires prononcées au Gabon.
Noureddin Bongo accuse le pouvoir d’avoir saisi et redistribué les biens de sa famille
Depuis son exil à Londres, Noureddin Bongo-Valentin conteste les saisies opérées par les autorités gabonaises et affirme que certains biens de sa famille auraient été réattribués à des particuliers ou à des proches du pouvoir. Des accusations contestées sur plusieurs points par les autorités.
Selon le fils d’Ali Bongo, « tous les actifs immobiliers » de sa famille au Gabon auraient été saisis et, pour certains, réattribués. Il affirme également que des comptes bancaires ont été concernés par les opérations.
Noureddin Bongo-Valentin soutient par ailleurs que des fonds auraient été transférés sur plusieurs comptes de la Caisse des dépôts et consignations. Des sources à la présidence gabonaise citées dans le document confirment l’existence de ces comptes, mais assurent qu’ils appartiennent bien à l’État.
« Nous disposons de nombreuses preuves », affirme Noureddin Bongo-Valentin, qui maintient : « Nous n’avons jamais commis de crimes financiers, et nous comptons sur la justice française pour restituer ce qui nous a été arraché sous la contrainte. »


