En Gambie, l’annulation de l’élection kényane fait parler d’elle

Lundi 4 Septembre 2017

La Cour suprême kényane a décidé d'annuler les dernières élections présidentielles, pour cause d’irrégularités. L’événement a un écho particulier en Gambie, où les dernières élections présidentielles ont elles aussi été mouvementées : en décembre dernier, le président sortant Yahya Jammeh, après 22 ans au pouvoir, a perdu le vote face à son concurrent Adama Barrow. Pour les acteurs du changement en Gambie, ces élections surprenantes sont le signe que la politique est à un tournant en Afrique.

Depuis l’annonce fracassante de la Cour suprême vendredi 1er septembre, de nombreux Gambiens ont l’œil rivé sur le Kenya, comme Marr Nyang, un jeune activiste impliqué dans plusieurs associations qui se sont battues pour le changement en Gambie.  Ce qui se passe au Kenya est pour lui le signe que les lignes sont en train de bouger en Afrique. « On voit une nouvelle Afrique en train d’émerger. La Gambie a été la première, et le Kenya suit le même chemin, analyse-t-il. Ce que la Cour suprême a fait au Kenya, c’est quelque chose dont les Africains devraient s’inspirer. Et je pense que lorsque la Gambie s’est lancée dans cette transition démocratique, cela a aussi ouvert l’esprit de nombreux Africains. »

Salieu Taal, le créateur du mouvement La Gambie a décidé, était lui aussi très enthousiaste, jusqu’à ce qu’il entende le président kényan critiquer les juges de la Cour suprême : « J’étais plus impressionné lorsqu’Uhuru Kenyatta a annoncé dans un premier temps qu’il respectait la décision, c’était un grand pas pour l’Afrique. Mais il est ensuite revenu sur ses mots et a déclaré que les juges ne respectaient pas la volonté du peuple. C’est vraiment dommage. »

Essa Njie est lui aussi activiste, et chargé de cours en sciences politiques à l’université. Et pour lui, les Gambiens peuvent à leur tour apprendre de l’exemple kényan. « Nos propres institutions ont besoin d’être renforcées. Et une fois que notre système judiciaire sera indépendant, ce sera possible que des élections qui se sont mal déroulées soient déclarées nulles, témoigne-t-il. Cela prouvera que nos institutions sont dynamiques et solides. »

Tous attendent le nouveau scrutin, dans moins de 60 jours, espérant qu’il se tienne dans le calme et la paix.
RFI



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