Après des mois d’invectives et de tensions diplomatiques alimentées par déclarations interposées, le président colombien Gustavo Petro et son homologue américain Donald Trump ont tenu, mercredi 7 janvier, leur tout premier entretien téléphonique. Un échange hautement symbolique, intervenu dans un contexte explosif marqué par des menaces répétées d’actions militaires américaines en Colombie et une escalade régionale liée à la crise vénézuélienne.
L’annonce de cet appel est intervenue alors que des centaines de milliers de Colombiens manifestaient à travers le pays « en défense de la souveraineté nationale », à l’appel du chef de l’État. À Bogota, devant une foule acquise à sa cause, Gustavo Petro a publiquement lu un extrait du message adressé par Donald Trump à l’issue de leur conversation : « C’est un grand honneur que d’avoir parlé avec le président Gustavo Petro », a déclaré le président américain, selon des propos relayés par son homologue colombien.
Dans la foulée, Donald Trump a indiqué qu’il comptait recevoir Gustavo Petro à la Maison-Blanche « dans un futur proche », marquant ainsi une volonté affichée de reprise du dialogue après une période de relations particulièrement tendues.
Coopération sécuritaire contre l’ELN
Sur le fond, les deux dirigeants se sont notamment entendus sur une coopération renforcée contre la guérilla de l’Armée de libération nationale (ELN), active le long de la frontière entre la Colombie et le Venezuela. « Les deux présidents se sont engagés à mener des actions conjointes » contre ce groupe armé, a affirmé jeudi le ministre colombien de l’Intérieur, Armando Benedetti.
Selon ce dernier, Gustavo Petro aurait demandé à son homologue américain « d’aider à frapper durement l’ELN à la frontière » avec le Venezuela. « Les guérilleros terminent toujours au Venezuela après des affrontements avec nos forces. Il est nécessaire qu’ils soient également attaqués à l’arrière lorsqu’ils sont combattus ici », a-t-il expliqué lors d’un entretien à Blu Radio.
Fondée en 1964 sous l’inspiration idéologique d’Ernesto Che Guevara, l’ELN est aujourd’hui considérée comme la plus grande organisation rebelle du pays. Elle compterait environ 5 800 combattants et opérerait dans plus de 20 % des 1 100 municipalités colombiennes, selon le centre d’analyse Insight Crime.
Un climat d’« apaisement » revendiqué
Cet échange téléphonique intervient après une période de fortes tensions, notamment à la suite des bombardements américains à Caracas le 3 janvier, de la capture du président vénézuélien Nicolás Maduro et des menaces d’actions militaires en Colombie. Il s’agit du premier contact direct entre les deux chefs d’État depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche en janvier 2025.
Pour les autorités colombiennes, le ton a changé. Le vice-ministre des Affaires étrangères, Mauricio Jaramillo, a assuré jeudi à l’AFP que le climat entre Bogota et Washington était désormais à « l’apaisement » et à la « sérénité ». Le principal défi reste toutefois, selon lui, de « maintenir un bon dialogue » afin de « faire table rase du passé ».
Ces propos contrastent avec les déclarations récentes du président américain, qui avait averti que certains pays producteurs de cocaïne en Amérique latine étaient « susceptibles d’être attaqués », citant explicitement la Colombie, accusée de « fabriquer de la cocaïne » et de « la vendre aux États-Unis ».
Le Venezuela au cœur des préoccupations régionales
Sur le dossier vénézuélien, Mauricio Jaramillo a affirmé que la position de la Colombie « n’a pas changé » depuis la chute de Nicolás Maduro. Dans un communiqué publié jeudi, la présidence colombienne a annoncé que Gustavo Petro recevrait prochainement la présidente par intérim du Venezuela, Delcy Rodríguez, « afin de contribuer à une issue à la crise politique », sans préciser la date de la rencontre.
Le président colombien avait déjà indiqué s’être entretenu avec Mme Rodríguez, plaidant pour un dialogue « mondial » visant à stabiliser le Venezuela dans l’après-Maduro.
La Colombie et le Venezuela partagent une frontière poreuse de plus de 2 200 kilomètres, théâtre d’intenses activités illégales. Plusieurs groupes armés s’y disputent les revenus issus du narcotrafic, de l’exploitation minière clandestine et de la contrebande. Arrivé au pouvoir en 2022, Gustavo Petro a tenté d’engager des négociations de paix avec ces organisations, mais les discussions avec l’ELN sont suspendues depuis 2024.
Ce premier échange direct entre Bogota et Washington ouvre ainsi une nouvelle séquence diplomatique, où dialogue stratégique et démonstrations de force continuent de se côtoyer dans un environnement régional toujours instable.
L’annonce de cet appel est intervenue alors que des centaines de milliers de Colombiens manifestaient à travers le pays « en défense de la souveraineté nationale », à l’appel du chef de l’État. À Bogota, devant une foule acquise à sa cause, Gustavo Petro a publiquement lu un extrait du message adressé par Donald Trump à l’issue de leur conversation : « C’est un grand honneur que d’avoir parlé avec le président Gustavo Petro », a déclaré le président américain, selon des propos relayés par son homologue colombien.
Dans la foulée, Donald Trump a indiqué qu’il comptait recevoir Gustavo Petro à la Maison-Blanche « dans un futur proche », marquant ainsi une volonté affichée de reprise du dialogue après une période de relations particulièrement tendues.
Coopération sécuritaire contre l’ELN
Sur le fond, les deux dirigeants se sont notamment entendus sur une coopération renforcée contre la guérilla de l’Armée de libération nationale (ELN), active le long de la frontière entre la Colombie et le Venezuela. « Les deux présidents se sont engagés à mener des actions conjointes » contre ce groupe armé, a affirmé jeudi le ministre colombien de l’Intérieur, Armando Benedetti.
Selon ce dernier, Gustavo Petro aurait demandé à son homologue américain « d’aider à frapper durement l’ELN à la frontière » avec le Venezuela. « Les guérilleros terminent toujours au Venezuela après des affrontements avec nos forces. Il est nécessaire qu’ils soient également attaqués à l’arrière lorsqu’ils sont combattus ici », a-t-il expliqué lors d’un entretien à Blu Radio.
Fondée en 1964 sous l’inspiration idéologique d’Ernesto Che Guevara, l’ELN est aujourd’hui considérée comme la plus grande organisation rebelle du pays. Elle compterait environ 5 800 combattants et opérerait dans plus de 20 % des 1 100 municipalités colombiennes, selon le centre d’analyse Insight Crime.
Un climat d’« apaisement » revendiqué
Cet échange téléphonique intervient après une période de fortes tensions, notamment à la suite des bombardements américains à Caracas le 3 janvier, de la capture du président vénézuélien Nicolás Maduro et des menaces d’actions militaires en Colombie. Il s’agit du premier contact direct entre les deux chefs d’État depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche en janvier 2025.
Pour les autorités colombiennes, le ton a changé. Le vice-ministre des Affaires étrangères, Mauricio Jaramillo, a assuré jeudi à l’AFP que le climat entre Bogota et Washington était désormais à « l’apaisement » et à la « sérénité ». Le principal défi reste toutefois, selon lui, de « maintenir un bon dialogue » afin de « faire table rase du passé ».
Ces propos contrastent avec les déclarations récentes du président américain, qui avait averti que certains pays producteurs de cocaïne en Amérique latine étaient « susceptibles d’être attaqués », citant explicitement la Colombie, accusée de « fabriquer de la cocaïne » et de « la vendre aux États-Unis ».
Le Venezuela au cœur des préoccupations régionales
Sur le dossier vénézuélien, Mauricio Jaramillo a affirmé que la position de la Colombie « n’a pas changé » depuis la chute de Nicolás Maduro. Dans un communiqué publié jeudi, la présidence colombienne a annoncé que Gustavo Petro recevrait prochainement la présidente par intérim du Venezuela, Delcy Rodríguez, « afin de contribuer à une issue à la crise politique », sans préciser la date de la rencontre.
Le président colombien avait déjà indiqué s’être entretenu avec Mme Rodríguez, plaidant pour un dialogue « mondial » visant à stabiliser le Venezuela dans l’après-Maduro.
La Colombie et le Venezuela partagent une frontière poreuse de plus de 2 200 kilomètres, théâtre d’intenses activités illégales. Plusieurs groupes armés s’y disputent les revenus issus du narcotrafic, de l’exploitation minière clandestine et de la contrebande. Arrivé au pouvoir en 2022, Gustavo Petro a tenté d’engager des négociations de paix avec ces organisations, mais les discussions avec l’ELN sont suspendues depuis 2024.
Ce premier échange direct entre Bogota et Washington ouvre ainsi une nouvelle séquence diplomatique, où dialogue stratégique et démonstrations de force continuent de se côtoyer dans un environnement régional toujours instable.

