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Bavures des forces de l’ordre: Le dossier noir de la police !

Lundi 26 Février 2018

« Bavures » : le terme ne semble avoir sa place que dans la rubrique des faits divers. Il offre prise à des dénonciations de la police qui perdent souvent de vue les véritables enjeux de l’usage de la force publique.


 Le professionnalisme de la police sénégalaise est un fait. Mais ce qui s’est passé ce vendredi à Ziguinchor est encore une illustration des dérives des forces de l’ordre qui dérapent en se comportant en tortionnaires libertins.  Ce n’est pas la première fois, et certainement pas la dernière, que des bavures policières, bref des forces de défense et de sécurité, sont constatées dans les postes de police, les brigades de gendarmerie et prisons du Sénégal. Dominique Lopy a été tué dans  les locaux du Commissariat de Kolda, Djilata Mané a perdu la vie sous l’effet d’actes policiers meurtriers lors d’une opération de maintien de l’ordre. Balla Gaye a péri en janvier 2001, lors d’une manifestation d’étudiants durant laquelle il a reçu une balle tirée par un policier. En juillet 2010, un pêcheur de 25 ans, Moustapha Sarr, a aussi reçu à la poitrine une balle de policier.

A Mbacké, le jeune Ibrahima Samb, apprenti-chauffeur, a subi en octobre 2013, une bavure policière qui lui a également coûté la vie. Il a été jeté dans la malle d’un véhicule particulier d’un des agents de police où il a été abandonné pendent deux jours, ce qui a conduit à sa mort par asphyxie. En juillet 2013, au sud du Sénégal, Antoine Robert Sagna, trouvé dans son village, a été roué à mort de coups par des militaires et Jean Michel Cabral, lors d’une grève d’élèves, a reçu une balle de policier qui éteint son âme. La liste est loin d’être exhaustive. Ibrahima Diallo,  interpellé et conduit à la brigade de la localité, y a été torturé jusqu’à ce que mort s’ensuive.

Lors des garde-à-vue comme dans le déroulement des enquêtes, la pratique de la torture est régulière. Pourtant, les instruments juridiques nationaux et internationaux indiquent l’interdiction de la torture, même dans les cas les plus graves. Mais au Sénégal, elle est considérée comme normale. Un simulacre de sanction pénale est souvent agité pour ensuite être rangé dans les tiroirs. Le jeune policier a été suspendu, mais la suite est un silo de déclarations et de décisions qui n’aboutiront à rien du tout.

Georges Emmanuel NDIAYE
Rewmi Quotidien

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