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Barthélemy Dias radié, Ousmane Sonko promu : un ballet institutionnel bien chorégraphié (Ibrahima Thiam)

Lundi 9 Décembre 2024

Au Sénégal, la justice et la politique semblent parfois participer à un grand ballet national, où les mouvements des uns et des autres répondent à une logique chorégraphique mystérieuse. Sur scène aujourdhui, deux danseurs aux destins opposés : Barthélemy Dias, radié avec la grâce dune guillotine bien huilée, et Ousmane Sonko, qui a valsé jusquau poste de Premier ministre, malgré un passé judiciaire chargé. Les surprises ne manquent pas dans ce spectacle aux allures dopéra comique.
 
Commençons avec Barthélemy Dias, dont le solo a été écourté sans préavis. Condamné dans laffaire Ndiaga Diouf, il na eu droit qu’à une performance express : sitôt sa peine confirmée, son mandat de député sest évaporé. Pas de rappel, pas de standing ovation. La justice, ici, a dansé avec une précision millimétrée, comme un métronome réglé sur zéro tolérance”. Une signature, une procédure, et hop ! Dias sort de scène. On pourrait presque applaudir lefficacité, si elle n’était pas si glaçante.
 
Passons maintenant à Ousmane Sonko, dont les pirouettes politiques mériteraient une médaille olympique. Malgré plusieurs condamnations, il est resté en piste, virevoltant avec une aisance qui laisse rêveur. Premier miracle : il a échappé à la radiation parlementaire, pourtant prévue dans les mêmes textes. Deuxième miracle : il a réussi à transformer ses déboires judiciaires en tremplin politique, remportant les élections législatives et accédant à la tête du gouvernement. Certains appellent ça du génie stratégique, dautres un sens du timing impeccable. Une chose est sûre : quand Sonko danse, lorchestre semble toujours jouer en sa faveur.
 
Le contraste est saisissant. Dun côté, Barthélemy Dias, victime dun tempo judiciaire accéléré, comme sil représentait une urgence nationale. De lautre, Ousmane Sonko, qui semble avoir bénéficié dune pause musicale prolongée, le temps de peaufiner ses entrechats politiques. On dirait presque deux chorégraphies totalement indépendantes, interprétées sur des partitions différentes.
 
Cette différence de traitement pourrait prêter à sourire, si elle nillustrait pas une réalité bien plus sérieuse. La gestion de ces deux cas donne limpression que les institutions sénégalaises, pourtant réputées pour leur rigueur, sont parfois capables dune étonnante souplesse. Tantôt rigides comme un pas de tango, tantôt fluides comme une improvisation de jazz. Tout dépend du danseur.
 
Mais ne soyons pas trop durs. Après tout, chaque ballet a besoin de ses héros tragiques et de ses étoiles montantes. Barthélemy Dias a joué le rôle de lopposant sacrifié, éliminé avec une rapidité presque artistique. Ousmane Sonko, lui, incarne la figure du survivant, capable de transformer les coups en applaudissements. Et les institutions, dans tout ça ? Elles restent les chorégraphes silencieux, dessinant des pas de danse parfois incompréhensibles pour le commun des mortels.
 
Alors, chers spectateurs, retenez bien ceci : au Sénégal, ce nest pas la gravité des actes qui décide de la musique, mais la place quon occupe dans la danse. Dias a été invité à quitter la scène au premier faux pas. Sonko, lui, semble avoir trouvé le secret pour danser jusquau sommet. Et le public ? Il regarde, mi-amusé, mi-interloqué, en attendant de voir qui sera le prochain à entrer dans ce grand bal institutionnel.
 
Ibrahima Thiam,
Président du mouvement Un Autre Avenir
Senegaalkese

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