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Au Sénégal, Amnesty dénonce les poursuites abusives contre les voix critiques

Dimanche 4 Mai 2025

L'ONG,  Amnesty International dans son rapport annuel 2024, publié au début de cette semaine ,a exprimé sa vive préoccupation face aux nombreuses arrestations enregistrées au Sénégal, majoritairement liées à un usage abusif des lois encadrant la liberté d’expression.

Les personnes concernées sont souvent poursuivies pour des infractions telles que la diffusion de fausses nouvelles, la diffamation ou l’offense au chef de l’État. Des délits que le secrétaire exécutif de la section sénégalaise d’Amnesty International, Seydi Gassama, estime devoir être supprimés.


Invité de l’émission Objection ce dimanche sur Sud FM, M. Gassama a réitéré cet appel. « Nous ne cessons de demander au nouveau régime de réviser les lois afin de supprimer les peines de prison liées à ces infractions. Aujourd’hui, vous diffusez une fausse nouvelle, elle n’a aucun impact sur l’ordre public ou la sécurité des citoyens, pourquoi devrait-on vous envoyer en prison ? », a-t-il interrogé.


Selon lui, « le délit d’offense au chef de l’État doit être abrogé ». En ce qui concerne les délits de diffusion de fausses nouvelles ou de diffamation, Gassama propose de « supprimer les peines privatives de liberté et de permettre aux personnes lésées d’engager des poursuites au civil pour demander réparation ». Il rappelle que « c’est ce que recommandent clairement les organes des Nations Unies » et que le Conseil constitutionnel sénégalais a lui-même rappelé à l’État, le 23 avril dernier, l’importance de respecter ces engagements internationaux.


Pour le responsable de la section sénégalaise d’Amnesty International, les nouvelles autorités devraient être favorables à cette dépénalisation, ayant elles-mêmes été confrontées à ces dispositions. « Le président Bassirou Diomaye Faye a été incarcéré pour outrage à magistrat, un délit lié à la liberté d’expression. Le Premier ministre Ousmane Sonko, quant à lui, n’a pas pu se présenter à l’élection présidentielle de 2024 en raison d’une condamnation pour diffamation assortie d’une peine de prison avec sursis », a-t-il rappelé.

Seydi Gassama précise toutefois que l’objectif de cette réforme n’est pas « d’octroyer une licence à l’insulte ou à la diffamation ». Il conclut : « Si les auteurs récidivent, il est possible d’envisager des peines de prison aménagées. »

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