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Antony Blinken, Secrétaire d’Etat américain sur 3e mandat : " Je sais que le président Macky Sall a..."

Mardi 23 Novembre 2021

En visite officielle de deux jours au Sénégal, après un périple qui l’a mené au Kenya et au Nigeria, Antony Blinken, Secrétaire d’Etat américain, a accordé un entretien exclusif à nos confrères de emedia. En dehors des investissements américains, les journalistes Mamadou Ibra Kane et Alassane Samba Diop ont aussi posé au Chef de la diplomatie Américaine des questions politiques.


Le Millenium Challenge Account en est à son deuxième exercice, plus consacré à l’énergie. Le Sénégal s’apprête à exploiter ses ressources pétrolière et gazière. Aujourd’hui, on veut faire du gaz, une énergie fossile, ce que refuse le Sénégal.

« Ce que je prends en compte, c’est plusieurs choses. Il y a un combat qu’on est obligé de mener ensemble. Parce que si nous n’arrivons pas à nous assurer que les températures ne montent pas, au-delà de 1,5°C, nous avons une catastrophe devant nous. Vous avez déjà les conséquences. Ça, c’est une chose. En même temps, il faut faire accélérer l’utilisation d’énergie renouvelable mais, c’est une transition. Cela ne peut pas se faire du jour au lendemain. Nous comprenons que dans certains pays, certains partenaires, cette transition passera par l’utilisation d’autres méthodes, avant que cette transition se fasse. »

C’est ce que prône le président Macky Sall. Vous êtes en phase avec lui ?

« Il faut tenir ça en compte, absolument. Mais il y a une deuxième chose qui est importante, nous avons une responsabilité aux Etats-Unis parce qu’au cours de l’histoire, nous avons un pays qui s’est industrialisé très tôt. Nous avons beaucoup contribué historiquement au réchauffement de la planète et de l’émission de carbone. Maintenant, nous sommes à peu près responsables pour 15% des émissions. Cette responsabilité, nous dit que nous devons contribuer à la capacité d’adaptation et de résilience pour les pays en voie de développement. Il y a donc un fonds international pour ça. Le président Biden, au printemps, a doublé notre appui à ce fonds. Nous sommes absolument convaincus que d’autres pays développés devront faire de même pour s’assurer que les ressources soient là pour l’adaptation, pour la résilience, y compris le Sénégal. »

Vous êtes dans une région assez agitée, en Afrique de l’Ouest, et du Sahel, les coups d’Etat aujourd’hui en Guinée, et les problèmes réels de la démocratie. Est-ce que ces questions ont été abordées avec les chefs d’Etat africains et surtout l’histoire des 3es mandats ?

« Le Sénégal a un rôle clé à jouer parce que c’est une démocratie forte, avec une tradition d’institution et un leadership qui, je pense, peut porter le drapeau démocratique, dans la région et, au-delà de l’Afrique. La présidence de l’Union africaine (UA) par le Sénégal, l’année prochaine, c’est un moment très important. Parce que justement en ce moment nous avons ces défis qui s’annoncent au Sahel, nous voyons en Ethiopie, au Soudan et autres, des reculs. Je sais du président Macky Sall que c’est quelqu’un qui a beaucoup de foi en la Constitution du pays et, je suis sûr que c’est ça qu’il a en tête en menant la démocratie sénégalaise. »

Que dites vous des transitions au Mali et en Guinée où nous avons aujourd’hui des juntes militaires ?

« Il faut que ces transitions se fassent. Au Mali, il y a un plan qui a été dessiné par la CEDEAO, élection au printemps prochain, il faut que ces élections aient lieu. Nous travaillons avec des Institutions africaines, des partenaires au-delà de la région, y compris la France, pour soutenir la transition démocratique. Et aussi pour gérer ce problème très (très) difficile de la sécurité. On voit hélas l’extrémisme et le terrorisme se répandre au Sahel, il faut une approche compréhensive. C’est-à-dire il faut la sécurité mais cela ne suffit pas, il faut aussi que nous agissons au niveau du développement, au niveau des opportunités. Parce qu’il y a toujours un noyau dur, l’extrémisme, ça ne changera pas. Des gens ne semblent pas avoir le choix parce qu’il n’y a pas d’opportunités. Justement, il faut agir sur ça, à la fois sur les questions sécuritaires et les questions de développement, de créer des opportunités, de créer un vrai choix dans la vie. »

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