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Aldiouma Sow : « La justice n’est plus au service d’un régime...»

Dimanche 4 Janvier 2026

Invité de l’émission En Vérité sur Radio Sénégal, Aldiouma Sow, ministre conseiller du président de la République, a défendu avec vigueur la réforme annoncée du Conseil supérieur de la magistrature (CSM), qu’il présente non pas comme un simple toilettage institutionnel, mais comme une rupture historique avec le fonctionnement de la justice sénégalaise depuis l’indépendance.

D’emblée, le ton est donné. Pour Aldiouma Sow, la réforme du CSM s’inscrit dans une volonté assumée de tourner la page d’un système judiciaire longtemps perçu comme inféodé au pouvoir politique. « Depuis 1960, la justice était rendue au nom d’un régime », a-t-il affirmé, avant de marquer la ligne de démarcation voulue par le chef de l’État : « Aujourd’hui, la volonté du président est claire : que la justice soit rendue réellement au nom du peuple, dans les textes comme dans la pratique quotidienne ».

Cette ambition, portée par Bassirou Diomaye Faye, implique selon lui une transformation en profondeur des mécanismes de gouvernance judiciaire. Au cœur de cette refondation figure la composition du Conseil supérieur de la magistrature, jusque-là dominée quasi exclusivement par les magistrats, en dehors du président de la République et du ministre de la Justice.

Pour le ministre conseiller, cette configuration ne correspond plus aux exigences contemporaines d’une justice démocratique. « Si la justice doit être rendue au nom du peuple, il est logique que le peuple, à travers des segments représentatifs comme la société civile et d’autres corps, puisse avoir voix au chapitre », a-t-il soutenu. C’est précisément cette ouverture envisagée qui justifie, selon lui, l’usage du terme refondation plutôt que celui de simple réforme.

Face aux réserves exprimées par une partie de la magistrature, notamment sur l’introduction d’acteurs non judiciaires au sein du CSM, Aldiouma Sow a tenu à désamorcer toute lecture conflictuelle. Il insiste sur la méthode choisie par le chef de l’État, qu’il oppose à une approche autoritaire. « Le président aurait pu passer en force, car il définit la politique pénale du pays. Mais il a préféré le dialogue, la concertation et la recherche du consensus », a-t-il expliqué.

Selon lui, les résistances observées relèvent moins d’un rejet de principe que de craintes liées aux modalités pratiques. « L’idée n’est pas mauvaise ; ce sont parfois les conditions de mise en œuvre qui suscitent des incompréhensions », a-t-il ajouté, se voulant rassurant sur l’esprit de la réforme.

Pour Aldiouma Sow, l’ouverture du Conseil supérieur de la magistrature constitue un changement de paradigme majeur, appelé à redéfinir le rapport entre la justice et la société. Il annonce d’ailleurs qu’un débat public sera engagé le moment venu, afin d’éclairer l’opinion et de dégager la formule institutionnelle la plus consensuelle possible.

Au-delà du CSM, cette réforme s’inscrit dans une dynamique plus large de refondation de l’État de droit et de la gouvernance, telle que prônée par le président Bassirou Diomaye Faye depuis son accession au pouvoir. Une réforme sensible, à forte charge symbolique, qui pourrait redessiner durablement les équilibres de la justice sénégalaise.

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