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Aide à la presse : un audit révèle des irrégularités sur 800 millions de FCFA

Lundi 5 Mai 2025

Alors que l’État sénégalais consacre chaque année près de 2 milliards de FCFA à la presse nationale via le Fonds d’Appui et de Développement de la Presse (FADP), un audit interne diligenté en 2024 a mis au jour de graves dysfonctionnements. Selon les résultats obtenus, près de 800 millions de francs CFA ont été alloués à des structures ne respectant pas les critères d’éligibilité fixés par la loi.


« Le FADP a trop longtemps été perçu comme une subvention automatique, alors qu’il doit être un levier de développement structurant pour les entreprises de presse », a souligné le ministre Alioune SALL, à l’origine de l’audit.

Les investigations ont révélé que des sommes importantes ont été distribuées à des entités « soit non éligibles, soit ne disposant d’aucune existence juridique conforme au Code de la presse ». Selon le rapport, 800 millions de FCFA, soit plus de 40 % du montant total alloué en 2023, pourraient avoir été indûment perçus.

Des bénéficiaires fantômes et des justificatifs absents
L’enquête interne du ministère de la Communication, des Télécommunications et du Numérique (MCTN) a mis en lumière des dossiers incomplets, l'absence de contrats de travail, le non-respect des obligations fiscales, et parfois même l’impossibilité de localiser les bénéficiaires.

« C’est une situation inacceptable. L’argent du contribuable ne peut pas être distribué sans traçabilité, ni impact. Il faut une rupture totale avec ces pratiques », a insisté le ministre.

La réforme du FADP s’accélère
Face à ces dérives, le ministère a initié une réforme structurelle du FADP, en redéfinissant les critères d’attribution. Désormais, seuls les médias en conformité avec le Code de la presse, disposant de contrats de travail valides, de bilans comptables, et proposant des contenus en lien avec les priorités nationales pourront prétendre à un appui public.

« L’objectif est clair : transformer le FADP en un instrument stratégique, capable de soutenir l’innovation, la production locale, et l’autonomie financière des entreprises de presse », a expliqué un membre du Conseil de gestion du fonds.

De nouvelles exigences de transparence
Pour renforcer la gouvernance, la plateforme Déclaration Médias Sénégal intègre désormais un module de dépôt de justificatifs d’utilisation des fonds. Un suivi-évaluation annuel sera mis en place, avec le concours de la Cour des comptes.

« Nous mettons fin à l’époque des enveloppes distribuées sans contrôle. Chaque franc versé doit avoir un impact mesurable sur le développement du secteur », a déclaré un responsable du ministère.

L'audit a également déclenché une dynamique de mise en conformité. En l’espace de six mois, plus de 120 médias ont régularisé leurs statuts juridiques et sociaux pour rester éligibles. Le message des autorités est sans ambiguïté : « Plus aucun média ne bénéficiera d’un financement public s’il ne respecte pas la loi », a tranché Alioune SALL.

 
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