C’est une présentation qui a retenu l’attention lors du congrès régional de pharmacologie organisé dans la capitale économique ivoirienne. Devant des chercheurs et spécialistes de la santé, le professeur Richard Sawadogo a exposé les conclusions de ses premières investigations sur le ZEZEPAGNON, une tisane composée de plusieurs plantes médicinales, connue en Côte d’Ivoire et au-delà de ses frontières. Cette préparation traditionnelle est présentée par ses promoteurs comme pouvant intervenir dans la prise en charge de plusieurs maladies, notamment le cancer, l’insuffisance rénale, le diabète et l’hypertension artérielle.
« Le ZEZEPAGNON, c’est une tisane de plusieurs plantes qui est bien répandue en Côte d’Ivoire et au-delà des frontières de la Côte d’Ivoire, dans certains pays africains et ailleurs. Parmi les allégations de cette tisane, il y a un certain nombre de pathologies, dont les cancers, l’insuffisance rénale, le diabète et l’hypertension artérielle », a expliqué le chercheur.
Spécialiste des recherches sur le cancer, le professeur Sawadogo a décidé de soumettre cette préparation à une évaluation scientifique afin d'en mesurer la qualité, la sécurité et les effets sur différentes lignées de cellules cancéreuses.
« Moi, je me suis intéressé au cancer parce que c’est mon domaine de recherche. La problématique par rapport à cette recherche, c’est que ce produit-là n’a pas d’étude scientifique qui évalue l’innocuité, la qualité et l’efficacité par rapport aux différentes pathologies qui font partie des allégations de cette tisane », a-t-il précisé.
Des analyses menées au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire et aux États-Unis
Pour conduire ses investigations, le chercheur et ses collaborateurs ont fait appel à plusieurs structures scientifiques. Des analyses de qualité ont été réalisées notamment au Laboratoire national de santé publique de Ouagadougou, au Burkina Faso, ainsi qu’au Laboratoire national de santé publique de Côte d’Ivoire. Les expérimentations sur certaines cellules cancéreuses ont été effectuées à l’Université de Chicago, aux États-Unis. « Pour ce qui concerne la qualité, avant tous travaux de laboratoire, les échantillons ont été envoyés au Laboratoire national de santé publique de Ouagadougou pour analyser la qualité, et également au Laboratoire national de santé publique de la Côte d’Ivoire », a indiqué le professeur.
Selon les résultats présentés, les échantillons analysés respectaient les spécifications de qualité évaluées en référence aux huitième et onzième éditions de la Pharmacopée européenne. Les chercheurs ont ensuite réalisé des essais de toxicité aiguë sur des souris de laboratoire, conformément au protocole 423 de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Une dose unique de 2 000 milligrammes par kilogramme de poids corporel a été administrée aux animaux, qui ont été observés pendant quatorze jours. « Nous n’avons observé aucun signe de toxicité pendant les quatorze jours et également aucun mort parmi les souris qui ont été utilisées », a déclaré le professeur Sawadogo.
Ces observations permettent d’estimer que la dose létale médiane, appelée DL50, est supérieure à 2 000 mg/kg dans les conditions de l’expérimentation. Il convient néanmoins de préciser que cette absence de toxicité aiguë observée chez la souris ne permet pas d’affirmer que le ZEZEPAGNON est sans danger pour l’être humain, notamment en cas de consommation prolongée.
Cancer du côlon, du sein et de la prostate....des effets observés en laboratoire
« Le ZEZEPAGNON, c’est une tisane de plusieurs plantes qui est bien répandue en Côte d’Ivoire et au-delà des frontières de la Côte d’Ivoire, dans certains pays africains et ailleurs. Parmi les allégations de cette tisane, il y a un certain nombre de pathologies, dont les cancers, l’insuffisance rénale, le diabète et l’hypertension artérielle », a expliqué le chercheur.
Spécialiste des recherches sur le cancer, le professeur Sawadogo a décidé de soumettre cette préparation à une évaluation scientifique afin d'en mesurer la qualité, la sécurité et les effets sur différentes lignées de cellules cancéreuses.
« Moi, je me suis intéressé au cancer parce que c’est mon domaine de recherche. La problématique par rapport à cette recherche, c’est que ce produit-là n’a pas d’étude scientifique qui évalue l’innocuité, la qualité et l’efficacité par rapport aux différentes pathologies qui font partie des allégations de cette tisane », a-t-il précisé.
Des analyses menées au Burkina Faso, en Côte d’Ivoire et aux États-Unis
Pour conduire ses investigations, le chercheur et ses collaborateurs ont fait appel à plusieurs structures scientifiques. Des analyses de qualité ont été réalisées notamment au Laboratoire national de santé publique de Ouagadougou, au Burkina Faso, ainsi qu’au Laboratoire national de santé publique de Côte d’Ivoire. Les expérimentations sur certaines cellules cancéreuses ont été effectuées à l’Université de Chicago, aux États-Unis. « Pour ce qui concerne la qualité, avant tous travaux de laboratoire, les échantillons ont été envoyés au Laboratoire national de santé publique de Ouagadougou pour analyser la qualité, et également au Laboratoire national de santé publique de la Côte d’Ivoire », a indiqué le professeur.
Selon les résultats présentés, les échantillons analysés respectaient les spécifications de qualité évaluées en référence aux huitième et onzième éditions de la Pharmacopée européenne. Les chercheurs ont ensuite réalisé des essais de toxicité aiguë sur des souris de laboratoire, conformément au protocole 423 de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). Une dose unique de 2 000 milligrammes par kilogramme de poids corporel a été administrée aux animaux, qui ont été observés pendant quatorze jours. « Nous n’avons observé aucun signe de toxicité pendant les quatorze jours et également aucun mort parmi les souris qui ont été utilisées », a déclaré le professeur Sawadogo.
Ces observations permettent d’estimer que la dose létale médiane, appelée DL50, est supérieure à 2 000 mg/kg dans les conditions de l’expérimentation. Il convient néanmoins de préciser que cette absence de toxicité aiguë observée chez la souris ne permet pas d’affirmer que le ZEZEPAGNON est sans danger pour l’être humain, notamment en cas de consommation prolongée.
Cancer du côlon, du sein et de la prostate....des effets observés en laboratoire
L’un des principaux enseignements de cette étude concerne les effets du ZEZEPAGNON sur les cellules cancéreuses cultivées en laboratoire. Les chercheurs ont testé des extraits de cette préparation sur différentes lignées cellulaires afin de déterminer leur capacité à réduire la viabilité des cellules cancéreuses. Pour le cancer du côlon, les résultats présentés font état d’une concentration inhibitrice médiane, ou CI50, de 56,11 microgrammes par millilitre. Cette valeur correspond à la concentration nécessaire pour réduire de moitié la viabilité cellulaire dans les conditions de l’essai.
Le professeur a notamment expliqué que l’effet observé augmentait avec la concentration de l’extrait. « Au fur et à mesure que la dose augmente de un microgramme par millilitre jusqu’à cent microgrammes, on voit que l’effet est dose-dépendant et que l’inhibition de la viabilité est croissante en fonction de la dose », a-t-il souligné.
Concernant les cellules du cancer du sein, les chercheurs ont également constaté un effet inhibiteur, avec une CI50 estimée à 70,10 microgrammes par millilitre. Les essais réalisés sur les cellules du cancer de la prostate ont, eux aussi, mis en évidence une activité cytotoxique. À une concentration de 50 microgrammes par millilitre, l’étude rapporte une réduction de la viabilité de ces cellules. Ces résultats montrent que les extraits étudiés possèdent une activité biologique sur certaines cellules cancéreuses. Ils ne démontrent cependant pas que le ZEZEPAGNON peut guérir un cancer chez un patient.
Des cellules normales préservées dans les conditions des essais
Autre résultat mis en avant par le professeur Richard Sawadogo : les observations effectuées sur des cellules normales utilisées comme témoins. Les chercheurs ont notamment étudié des cellules mononucléées du sang périphérique, appelées PBMC, afin de comparer leur réaction à celle des cellules cancéreuses.
À la concentration de 50 microgrammes par millilitre, les essais n’ont pas mis en évidence de toxicité significative sur ces cellules normales. « Les PBMC, qui sont les cellules normales, à cinquante microgrammes par millilitre, la viabilité n’est pratiquement pas touchée », a expliqué le chercheur. Cette différence de réaction entre certaines cellules cancéreuses et les cellules normales constitue une piste intéressante pour les chercheurs. Elle suggère une possible sélectivité de l’activité cytotoxique de l’extrait dans les conditions expérimentales étudiées. Toutefois, ces observations doivent être confirmées sur davantage de modèles biologiques. Elles ne suffisent pas à établir que la préparation épargnerait tous les tissus sains de l’organisme humain.
Le professeur Sawadogo appelle à poursuivre les investigations
Malgré ces premières observations encourageantes, le professeur Richard Sawadogo a insisté sur la nécessité de poursuivre les recherches. De nouveaux essais devront notamment porter sur la toxicité liée à une administration répétée pendant vingt-huit jours ou davantage, ainsi que sur les mécanismes d’action des extraits. Les chercheurs envisagent également d’étendre les expérimentations à d’autres lignées cellulaires et à différentes concentrations. « Il reste encore beaucoup de choses à faire pour fournir suffisamment de données scientifiques afin de trouver que c’est un produit qui peut être utile pour la prise en charge de beaucoup de pathologies », a reconnu le professeur.
Ces investigations seront déterminantes pour établir le profil de sécurité du produit, vérifier la reproductibilité des résultats et envisager, le cas échéant, les étapes ultérieures de son développement. À ce stade, aucune efficacité clinique contre le cancer chez l’être humain n’a été démontrée par les travaux présentés.
La présentation du professeur Sawadogo intervient également dans un contexte réglementaire sensible. Selon le chercheur, l’absence de données scientifiques suffisantes sur le ZEZEPAGNON avait conduit les autorités sanitaires ivoiriennes à interdire sa fabrication, sa promotion et sa commercialisation. Il estime que la recherche scientifique doit précisément permettre d’évaluer les produits traditionnels afin d’en déterminer les propriétés réelles et les risques éventuels pour les populations. « Je ne suis pas le promoteur. Je suis un scientifique qui essaie de voir ce qu’il y a dans le produit et si cela peut sécuriser la population. C’était ça le but du travail », a-t-il tenu à préciser. Cette déclaration traduit la volonté du chercheur de distinguer son travail scientifique des activités commerciales et des revendications thérapeutiques associées à la préparation.
Un enjeu de souveraineté sanitaire pour l’Afrique
Au-delà du seul cas du ZEZEPAGNON, cette étude remet au centre du débat la question de la valorisation scientifique des plantes médicinales africaines. Le continent dispose d’un important patrimoine de connaissances traditionnelles, transmis de génération en génération. Mais la transformation de ces savoirs en médicaments reconnus nécessite des études rigoureuses, des essais cliniques et le respect des exigences réglementaires.
La tenue du 47ᵉ Congrès annuel régional de la SOAP, couplé à la deuxième Journée de pharmacologie et de pharmacovigilance, offre ainsi un cadre de réflexion sur l’innovation thérapeutique, la sécurité des médicaments et la souveraineté sanitaire du continent.
Les travaux présentés par le professeur Richard Sawadogo illustrent l’intérêt d’investir dans la recherche africaine, de renforcer les laboratoires et de favoriser les collaborations scientifiques internationales. Pour le ZEZEPAGNON, une nouvelle étape de l’évaluation scientifique est désormais engagée. Les résultats expérimentaux ouvrent des perspectives, mais le chemin reste long avant de pouvoir envisager une utilisation médicale validée contre le cancer. L’enjeu est désormais de transformer ces premières observations en connaissances scientifiques solides, dans l’intérêt de la santé publique et de la valorisation responsable de la pharmacopée africaine.
Khalil DIEME envoyé spécial
Le professeur a notamment expliqué que l’effet observé augmentait avec la concentration de l’extrait. « Au fur et à mesure que la dose augmente de un microgramme par millilitre jusqu’à cent microgrammes, on voit que l’effet est dose-dépendant et que l’inhibition de la viabilité est croissante en fonction de la dose », a-t-il souligné.
Concernant les cellules du cancer du sein, les chercheurs ont également constaté un effet inhibiteur, avec une CI50 estimée à 70,10 microgrammes par millilitre. Les essais réalisés sur les cellules du cancer de la prostate ont, eux aussi, mis en évidence une activité cytotoxique. À une concentration de 50 microgrammes par millilitre, l’étude rapporte une réduction de la viabilité de ces cellules. Ces résultats montrent que les extraits étudiés possèdent une activité biologique sur certaines cellules cancéreuses. Ils ne démontrent cependant pas que le ZEZEPAGNON peut guérir un cancer chez un patient.
Des cellules normales préservées dans les conditions des essais
Autre résultat mis en avant par le professeur Richard Sawadogo : les observations effectuées sur des cellules normales utilisées comme témoins. Les chercheurs ont notamment étudié des cellules mononucléées du sang périphérique, appelées PBMC, afin de comparer leur réaction à celle des cellules cancéreuses.
À la concentration de 50 microgrammes par millilitre, les essais n’ont pas mis en évidence de toxicité significative sur ces cellules normales. « Les PBMC, qui sont les cellules normales, à cinquante microgrammes par millilitre, la viabilité n’est pratiquement pas touchée », a expliqué le chercheur. Cette différence de réaction entre certaines cellules cancéreuses et les cellules normales constitue une piste intéressante pour les chercheurs. Elle suggère une possible sélectivité de l’activité cytotoxique de l’extrait dans les conditions expérimentales étudiées. Toutefois, ces observations doivent être confirmées sur davantage de modèles biologiques. Elles ne suffisent pas à établir que la préparation épargnerait tous les tissus sains de l’organisme humain.
Le professeur Sawadogo appelle à poursuivre les investigations
Malgré ces premières observations encourageantes, le professeur Richard Sawadogo a insisté sur la nécessité de poursuivre les recherches. De nouveaux essais devront notamment porter sur la toxicité liée à une administration répétée pendant vingt-huit jours ou davantage, ainsi que sur les mécanismes d’action des extraits. Les chercheurs envisagent également d’étendre les expérimentations à d’autres lignées cellulaires et à différentes concentrations. « Il reste encore beaucoup de choses à faire pour fournir suffisamment de données scientifiques afin de trouver que c’est un produit qui peut être utile pour la prise en charge de beaucoup de pathologies », a reconnu le professeur.
Ces investigations seront déterminantes pour établir le profil de sécurité du produit, vérifier la reproductibilité des résultats et envisager, le cas échéant, les étapes ultérieures de son développement. À ce stade, aucune efficacité clinique contre le cancer chez l’être humain n’a été démontrée par les travaux présentés.
La présentation du professeur Sawadogo intervient également dans un contexte réglementaire sensible. Selon le chercheur, l’absence de données scientifiques suffisantes sur le ZEZEPAGNON avait conduit les autorités sanitaires ivoiriennes à interdire sa fabrication, sa promotion et sa commercialisation. Il estime que la recherche scientifique doit précisément permettre d’évaluer les produits traditionnels afin d’en déterminer les propriétés réelles et les risques éventuels pour les populations. « Je ne suis pas le promoteur. Je suis un scientifique qui essaie de voir ce qu’il y a dans le produit et si cela peut sécuriser la population. C’était ça le but du travail », a-t-il tenu à préciser. Cette déclaration traduit la volonté du chercheur de distinguer son travail scientifique des activités commerciales et des revendications thérapeutiques associées à la préparation.
Un enjeu de souveraineté sanitaire pour l’Afrique
Au-delà du seul cas du ZEZEPAGNON, cette étude remet au centre du débat la question de la valorisation scientifique des plantes médicinales africaines. Le continent dispose d’un important patrimoine de connaissances traditionnelles, transmis de génération en génération. Mais la transformation de ces savoirs en médicaments reconnus nécessite des études rigoureuses, des essais cliniques et le respect des exigences réglementaires.
La tenue du 47ᵉ Congrès annuel régional de la SOAP, couplé à la deuxième Journée de pharmacologie et de pharmacovigilance, offre ainsi un cadre de réflexion sur l’innovation thérapeutique, la sécurité des médicaments et la souveraineté sanitaire du continent.
Les travaux présentés par le professeur Richard Sawadogo illustrent l’intérêt d’investir dans la recherche africaine, de renforcer les laboratoires et de favoriser les collaborations scientifiques internationales. Pour le ZEZEPAGNON, une nouvelle étape de l’évaluation scientifique est désormais engagée. Les résultats expérimentaux ouvrent des perspectives, mais le chemin reste long avant de pouvoir envisager une utilisation médicale validée contre le cancer. L’enjeu est désormais de transformer ces premières observations en connaissances scientifiques solides, dans l’intérêt de la santé publique et de la valorisation responsable de la pharmacopée africaine.
Khalil DIEME envoyé spécial


