Menu

Afrique : Sidi Ould Tah élu président de la BAD

Jeudi 29 Mai 2025

C’est à l’issue de trois tours de scrutin seulement que le Mauritanien Sidi Ould Tah a été élu président de la Banque africaine de développement (BAD), avec 76,18 % des voix. Il devient ainsi le neuvième président de l’institution panafricaine pour un mandat de cinq ans.


Le processus électoral, bien que serré en amont, s’est accéléré au fil des tours. Le Tchadien Mahamat Abbas Tolli a été le premier éliminé avec seulement 0,88 % des suffrages, suivi de la Sud-Africaine Swazi Tshabalala, qui a quitté la course après avoir recueilli 5,9 %. Dès le deuxième tour, Sidi Ould Tah avait pris une avance décisive, obtenant les deux tiers des votes des pays africains, un soutien régional massif. Il a ensuite confirmé sa position au troisième tour, devançant largement le Zambien Samuel Maimbo (20,26 %) et le Sénégalais Amadou Hott (3,55 %), dont les espoirs se sont effondrés.

Une élection bien orchestrée, entre réseaux diplomatiques et stratégie de fond
Dernier à se déclarer candidat, Sidi Ould Tah a mené une campagne courte mais remarquablement efficace. Il a pu compter sur le soutien diplomatique de son pays, la Mauritanie, alors que le président Mohamed Ould Ghazouani assurait la présidence de l’Union africaine en 2024. Mais c’est surtout l’appui des pays arabes, via les réseaux d’influence de l’Arabie saoudite, qui a été décisif, permettant de rallier les voix de plusieurs membres non africains influents.

Sa posture de pont entre l’Afrique et le monde arabe a séduit de nombreux actionnaires. Fort de son expérience à la tête de la Banque arabe pour le développement économique en Afrique (Badea), dont il a dirigé la transformation en une institution de financement majeure, Sidi Ould Tah a démontré sa capacité à mobiliser des capitaux, à structurer des projets ambitieux et à faire dialoguer deux sphères économiques longtemps cloisonnées.

Une vision pragmatique pour une BAD à la croisée des chemins
Le nouveau président hérite d’une stratégie décennale (2024–2033) articulée autour des High 5 définis par son prédécesseur nigérian Akinwumi Adesina : nourrir, éclairer, intégrer, industrialiser le continent et améliorer la qualité de vie des Africains. Une feuille de route ambitieuse, que Sidi Ould Tah entend bien revisiter à l’aune de ses priorités.

« Les High 5 répondent aux préoccupations de l’Afrique. Certaines initiatives comme Mission 300 ou Desert to Power sont importantes. Il est fondamental de bâtir sur les succès de ses prédécesseurs. Mais la BAD peut faire mieux et doit faire plus », déclarait-il durant sa campagne.

Avec l’aide de Frannie Leautier, ancienne vice-présidente de la BAD et de la Banque mondiale, qui a dirigé son équipe de campagne, le nouveau président a défini un programme structuré autour de quatre axes majeurs, baptisé « Les quatre points cardinaux » :

Un profil discret, mais stratège
Connu pour sa réserve, Sidi Ould Tah tranche avec le style flamboyant d’Adesina. Son élection marque une volonté de retour à une présidence plus consensuelle, mais pas moins ambitieuse. Le message qu’il porte est clair : l’aide occidentale traditionnelle est en déclin, l’Afrique doit trouver les financements là où ils se trouvent.

« Le monde de l’aide au développement financée par l’Occident est mort, il faut l’accepter », analyse Serge Ekué, président de la BOAD. « Le docteur Sidi Ould Tah est le mieux placé pour convaincre les pays membres de la coordination arabe de choisir l’Afrique. Ils ont des centaines de milliards à investir, et il les connaît comme sa poche. »

Un nouveau cap pour la BAD
Le défi est immense : la BAD doit continuer à jouer un rôle central dans le financement du développement africain, alors que les besoins du continent s’intensifient  qu’il s’agisse d’infrastructures, d’énergie, d’agriculture ou d’innovation.

Reste à savoir si Sidi Ould Tah parviendra à reproduire, à la tête de la BAD, la réussite qu’il a connue à la Badea. Son élection, incontestable par son ampleur, laisse entrevoir un repositionnement stratégique de l’institution vers une Afrique plus souveraine, mieux financée, et résolument tournée vers ses partenariats naturels.

Nouveau commentaire :




SPORTS

Casamance : Diomaye Faye enregistre un soutien de poids avec le ralliement de Seydou Sané

Tribunal arbitral du sport : un faux verdict sur Sénégal-Maroc affole les réseaux sociaux

Ligue des champions : le PSG terrasse Manchester City (4-2)

Al-Nassr : Sadio Mané signe son retour avec une passe décisive face à Al-Draih

CAN 2025 : après l’audience, le TAS annonce son verdict dans « quelques jours, voire quelques semaines »

Basket : Doudou Ndoye de l’AS Douanes décède après plusieurs jours de coma, troisième victime du tragique accident

CAN 2025 : Sénégal-Maroc, le titre de champion d’Afrique se joue ce jeudi devant le TAS

Cheikhou Kouyaté : « Le médecin m’a demandé d’arrêter le football »

Sénégal 1-0 Comores : Iliman Ndiaye délivre les Lions à Marseille

Football : l’Argentine inflige une correction 7-0 au Burkina Faso





PEOPLE

Meurtre du rappeur Tupac Shakur: Duane Davis condamné à 40 ans de prison minimum

Côte d’Ivoire : Alassane Ouattara félicite Dominique Ouattara pour la réussite du 10ᵉ gala de Children of Africa

Mariée depuis dix jours, une jeune femme retrouvée morte par balle dans sa chambre conjugale

Dakar : une femme mariée tombe amoureuse de son mécanicien sur TikTok, l’histoire finit au tribunal

Dayana Marcela Roblesorduz : arrêtée pour prostitution présumée, son mugshot devient viral

Kim Kardashian : sa fille North West, 13 ans, déjà accro aux projecteurs

Gambie : Un gala haut en couleur pour célébrer l’indépendance de la Guinée

Mariage : Pape Abdoulaye Touré officialise son union à la mairie de Dakar

Sénégal / Diaspora de France : Alfousseyni Soumaré, « Mister Al », un animateur en pleine ascension

Carnet rose : Bamba Dieng s’est marié à Tivaouane