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Affaire Cheikh Niass : Une mort difficile à enterrer

Mardi 5 Octobre 2021

Affaire Cheikh Niass : Une mort difficile à enterrer
Près d’une semaine après le décès de Cheikh Niass, les doutes ne sont pas levés dans la tête des membres de sa famille, qui nient l’existence d’une quelconque autopsie. En attendant, la police refuse de se prononcer sur cette affaire, qui défraie encore la chronique.


 A Wakhinane-Nimzatt, la colère et la tristesse sont palpables chez la famille Niass. Sous la tente dressée devant leur domicile, l’attente du corps de Cheikh Niass, décédé, après son placement sous mandat de dépôt, au Pavillon spécial de l’Hôpital Aristide Le Dantec, est insoutenable. Si la première «autopsie» parle de mort due à une crise d’hyperglycémie, la famille de Cheikh Niass conteste cette version avec véhémence. Elle soutient qu’il «n’y a jamais eu d’autopsie. Personne n’a touché au corps parce que son épouse avait demandé que l’autopsie ne soit pas faite. Il était bien portant. On ne peut pas croire à une mort naturelle. On veut savoir ce qui s’est passé entre le commissariat et Cap Manuel. A-t-il été battu ?», s’interroge l’oncle de la victime Assane Thiam. Il demande une autopsie rigoureuse pour essayer de matérialiser les soupçons de torture de la police de Wakhinane-Nimzatt, qui avait procédé à son arrestation lors d’un banal contrôle rou­tier. «Nous de­mandons aux ministres de l’Intérieur et de la Justice d’ouvrir une enquête», enchaîne Assane Thiam.


Près d’une semaine après la mort de l’émigré Cheikh Niass, c’est toujours l’omerta du côté de la police. «Nous ne pouvons pas nous prononcer, parce que nous n’avons pas reçu d’instruction de la hiérarchie», dit un membre du Bureau des relations publiques de la Police nationale joint par téléphone. D’après lui, il n’a pas le droit d’outrepasser les prérogatives hiérarchiques. «C’est à la hiérarchie de se prononcer sur cette affaire», insiste-t-il.

«C’est à la hiérarchie de se prononcer»
A la question de savoir quand la police se prononcera sur cette affaire, le policier ne veut pas trop s’avancer. «Je ne sais pas. Nous sommes à l’écoute de la hiérarchie», a-t-il martelé au bout du fil. Pourtant, la version de la police est très attendue dans cette affaire si l’on sait que deux jours après l’annonce du décès de Cheikh Niass, le lieutenant Ameth Bachir Ndiaye, patron du poste de Police de Wakhinane-Nimzatt, a été muté pour sans doute calmer la colère de la famille de la victime. Alors qu’il conteste cette mesure conservatoire à son encontre.


Pour rappel, Cheikh Niass a été interpellé à quelques jours du Magal de Touba dans la circulation par la police. Il est invité à présenter son permis de conduire, sa carte grise et sa carte d’assurance. Envoyé en prison, il est transféré aux urgences de l’hôpital Aristide Le Dantec où il est passé de vie à trépas. Selon les résultats de l’autopsie, il serait mort d’hyperglycémie. Cette autopsie fait couler beaucoup de salive.

Lequotidien

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