Le président du parti ACT, Ibrahima Thiam, s’est prononcé sur l’accord conclu au niveau des services entre le Sénégal et le Fonds monétaire international (FMI). S’il y voit une issue positive permettant au pays de retrouver des perspectives de financement et de restaurer progressivement la confiance de ses partenaires, l’homme politique estime que cet accord révèle surtout un changement d’approche au sommet de l’État. Il oppose le « pragmatisme » actuel aux « postures » qui auraient, selon lui, marqué la période où Ousmane Sonko dirigeait le gouvernement.
Pour Ibrahima Thiam, l’accord avec le FMI doit d’abord être apprécié pour ce qu’il représente pour l’économie sénégalaise, sans être transformé en victoire politique. « L’accord trouvé entre le Sénégal et le FMI mérite d’abord d’être reconnu comme tel. Non pas comme un exploit ou une victoire politique, mais comme une issue qui permet au pays de sortir progressivement d’une zone d’incertitude financière dangereuse pour tous », affirme-t-il. Selon le président du parti ACT, après plusieurs mois de difficultés, cette évolution offre au Sénégal « une perspective de financement et, surtout, une chance de restaurer la confiance des partenaires ». « C’est une bonne nouvelle pour l’économie, pour les entreprises et, au-delà, pour les Sénégalais, toujours les premiers à subir le prix des crises financières », poursuit-il.
Mais derrière cette satisfaction, Ibrahima Thiam ouvre un autre débat : celui de la manière dont la question de la dette a été politiquement présentée depuis l’arrivée du nouveau pouvoir. Il établit notamment une distinction entre les engagements non intégrés aux comptes officiels de l’État et la notion de dette volontairement « cachée » ou « dissimulée ». « La question des engagements non intégrés au budget de l’État est devenue le cœur du discours du nouveau pouvoir, systématiquement rebaptisée dette “cachée” ou “dissimulée” », déplore-t-il.
Pour lui, les termes ne sont pas interchangeables : « La première relève d’un constat comptable : des engagements restés hors des agrégats officiels. La seconde suppose une volonté de tromper, qu’il fallait démontrer plutôt qu’affirmer ».Ibrahima Thiam considère ainsi qu’« en confondant l’une et l’autre, le nouveau pouvoir a transformé un problème de gouvernance technique en accusation de fraude d’État ».
Ces appréciations relèvent de l’analyse politique du président de l’ACT et ne préjugent pas des conclusions des audits ou procédures portant sur la situation des finances publiques.
« Le calcul politique avait pris le pas »
Ibrahima Thiam ne conteste cependant pas la nécessité de faire la lumière sur la situation budgétaire héritée du précédent régime. Il estime plutôt que la façon dont cette question a été gérée aurait eu des conséquences sur la confiance des partenaires financiers. « Que cette réalité budgétaire ait dû être établie, personne ne le conteste », précise-t-il. Mais, selon lui, « accuser sans parvenir, dans le même temps, à rassurer les créanciers du pays revenait à entretenir un climat d’incertitude dont le Sénégal a fini par payer le prix ». Sa conclusion est sévère : « Le calcul politique avait donc pris le pas sur la rigueur du diagnostic et sur la recherche d’une solution ».
Al Aminou Lo également interpellé
Le président de l’ACT interpelle aussi Al Aminou Lo, dont il salue l’approche actuelle tout en lui reprochant d’avoir auparavant soutenu la ligne du pouvoir sur la question de la dette.
« Aujourd’hui, il incarne le réalisme : il a choisi de négocier et de trouver un financement avec le FMI, une démarche responsable qu’on peut reconnaître sans réserve », concède Ibrahima Thiam.
Mais il pose cette question : « Comment découvrir soudainement les vertus du compromis une fois aux responsabilités, après avoir défendu une ligne qui le rendait justement plus difficile ? »
Pour le responsable politique, le contraste serait désormais manifeste entre « la dénonciation, la confrontation, la politique du soupçon » et, aujourd’hui, « la négociation, le réalisme, la recherche d’une issue ».
« La radicalité ne peut tenir lieu de politique économique »
Ibrahima Thiam estime finalement que l’accord avec le FMI marque un tournant dans la conduite de la politique économique sénégalaise. « On peut reconnaître le pragmatisme d’aujourd’hui sans pour autant effacer les responsabilités d’hier », soutient-il, avant d'ajouter : « Gouverner ne consiste pas seulement à dénoncer les erreurs des autres, c’est surtout empêcher que les fautes du passé ne deviennent les difficultés du présent ».
Et le président de l’ACT d'ajouter par une nouvelle charge contre la ligne suivie sous Ousmane Sonko : « Cet accord marque ainsi, peut-être, la fin d’une illusion : celle selon laquelle la radicalité peut tenir lieu de politique économique. La réalité, elle, finit toujours par s’imposer ». Pour Ibrahima Thiam, le changement intervenu à la tête du gouvernement aurait donc constitué le véritable tournant : « Il aura fallu, en définitive, changer d’homme à la tête du gouvernement pour que la recherche d’une solution prenne enfin le pas sur les postures ».
Pour Ibrahima Thiam, l’accord avec le FMI doit d’abord être apprécié pour ce qu’il représente pour l’économie sénégalaise, sans être transformé en victoire politique. « L’accord trouvé entre le Sénégal et le FMI mérite d’abord d’être reconnu comme tel. Non pas comme un exploit ou une victoire politique, mais comme une issue qui permet au pays de sortir progressivement d’une zone d’incertitude financière dangereuse pour tous », affirme-t-il. Selon le président du parti ACT, après plusieurs mois de difficultés, cette évolution offre au Sénégal « une perspective de financement et, surtout, une chance de restaurer la confiance des partenaires ». « C’est une bonne nouvelle pour l’économie, pour les entreprises et, au-delà, pour les Sénégalais, toujours les premiers à subir le prix des crises financières », poursuit-il.
Mais derrière cette satisfaction, Ibrahima Thiam ouvre un autre débat : celui de la manière dont la question de la dette a été politiquement présentée depuis l’arrivée du nouveau pouvoir. Il établit notamment une distinction entre les engagements non intégrés aux comptes officiels de l’État et la notion de dette volontairement « cachée » ou « dissimulée ». « La question des engagements non intégrés au budget de l’État est devenue le cœur du discours du nouveau pouvoir, systématiquement rebaptisée dette “cachée” ou “dissimulée” », déplore-t-il.
Pour lui, les termes ne sont pas interchangeables : « La première relève d’un constat comptable : des engagements restés hors des agrégats officiels. La seconde suppose une volonté de tromper, qu’il fallait démontrer plutôt qu’affirmer ».Ibrahima Thiam considère ainsi qu’« en confondant l’une et l’autre, le nouveau pouvoir a transformé un problème de gouvernance technique en accusation de fraude d’État ».
Ces appréciations relèvent de l’analyse politique du président de l’ACT et ne préjugent pas des conclusions des audits ou procédures portant sur la situation des finances publiques.
« Le calcul politique avait pris le pas »
Ibrahima Thiam ne conteste cependant pas la nécessité de faire la lumière sur la situation budgétaire héritée du précédent régime. Il estime plutôt que la façon dont cette question a été gérée aurait eu des conséquences sur la confiance des partenaires financiers. « Que cette réalité budgétaire ait dû être établie, personne ne le conteste », précise-t-il. Mais, selon lui, « accuser sans parvenir, dans le même temps, à rassurer les créanciers du pays revenait à entretenir un climat d’incertitude dont le Sénégal a fini par payer le prix ». Sa conclusion est sévère : « Le calcul politique avait donc pris le pas sur la rigueur du diagnostic et sur la recherche d’une solution ».
Al Aminou Lo également interpellé
Le président de l’ACT interpelle aussi Al Aminou Lo, dont il salue l’approche actuelle tout en lui reprochant d’avoir auparavant soutenu la ligne du pouvoir sur la question de la dette.
« Aujourd’hui, il incarne le réalisme : il a choisi de négocier et de trouver un financement avec le FMI, une démarche responsable qu’on peut reconnaître sans réserve », concède Ibrahima Thiam.
Mais il pose cette question : « Comment découvrir soudainement les vertus du compromis une fois aux responsabilités, après avoir défendu une ligne qui le rendait justement plus difficile ? »
Pour le responsable politique, le contraste serait désormais manifeste entre « la dénonciation, la confrontation, la politique du soupçon » et, aujourd’hui, « la négociation, le réalisme, la recherche d’une issue ».
« La radicalité ne peut tenir lieu de politique économique »
Ibrahima Thiam estime finalement que l’accord avec le FMI marque un tournant dans la conduite de la politique économique sénégalaise. « On peut reconnaître le pragmatisme d’aujourd’hui sans pour autant effacer les responsabilités d’hier », soutient-il, avant d'ajouter : « Gouverner ne consiste pas seulement à dénoncer les erreurs des autres, c’est surtout empêcher que les fautes du passé ne deviennent les difficultés du présent ».
Et le président de l’ACT d'ajouter par une nouvelle charge contre la ligne suivie sous Ousmane Sonko : « Cet accord marque ainsi, peut-être, la fin d’une illusion : celle selon laquelle la radicalité peut tenir lieu de politique économique. La réalité, elle, finit toujours par s’imposer ». Pour Ibrahima Thiam, le changement intervenu à la tête du gouvernement aurait donc constitué le véritable tournant : « Il aura fallu, en définitive, changer d’homme à la tête du gouvernement pour que la recherche d’une solution prenne enfin le pas sur les postures ».


