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« Abdoulaye Wade a profondément transformé le Sénégal », selon Me NIANG

Dimanche 31 Mai 2026

À l'occasion du centième anniversaire de l'ancien président de la République, Abdoulaye Wade, Me Madické Niang a livré un vibrant hommage à celui qu'il considère comme un frère, un mentor et un compagnon de route. Dans un témoignage empreint d'émotion et de reconnaissance, l'ancien ministre d'État revient sur plus de quarante années d'une relation forgée dans les prétoires, les combats politiques et les plus hautes sphères de l'État.



« En ce jour marquant le centième anniversaire de Maître Abdoulaye Wade, je souhaite rendre hommage à ce grand homme avec qui j’ai cheminé pendant plus de quarante ans. Nous avons partagé une histoire commune dont je retiens particulièrement nos trente années de complicité dans la conquête puis l’exercice du pouvoir », écrit Me Madické Niang. L'ancien garde des Sceaux souligne avant tout les qualités humaines et spirituelles de l'ancien chef de l'État. « Je garde avant tout le souvenir d’un homme animé par une foi inébranlable en Dieu et profondément attaché aux idéaux de Cheikh Ahmadou Bamba, son guide spirituel », témoigne-t-il. Selon lui, Abdoulaye Wade a également marqué son époque par « sa conviction constante de renforcer la démocratie sénégalaise » et par son engagement à inscrire durablement le Sénégal sur la voie du développement.



Le récit de Me Madické Niang replonge dans les années 1980, à l'époque où les deux hommes se rencontrent dans le cadre de leur profession d'avocat. « Notre rencontre est née de notre profession commune d’avocat. En 1985, j’ai décidé de me constituer volontairement pour assurer sa défense alors qu’il était poursuivi pour sa participation à une marche avortée contre l’apartheid », rappelle-t-il. Cette relation professionnelle évoluera rapidement vers une profonde complicité politique et personnelle, notamment après l'arrestation d'Abdoulaye Wade à la suite de l'élection présidentielle de 1988. L'ancien ministre revient également sur deux dossiers judiciaires majeurs qui ont renforcé leur proximité : la marche du 16 février 1994 et l'affaire Maître Babacar Sèye. « Dans ces dossiers, il me témoigna une confiance exceptionnelle en me désignant coordonnateur du pool d’avocats chargé de sa défense », souligne-t-il.

Une amitié fraternelle bénie à Touba

L'un des passages les plus marquants du témoignage concerne la relation fraternelle qui s'est nouée entre les deux hommes à la suite de la libération d'Abdoulaye Wade après sa grève de la faim. Me Madické Niang raconte qu'ils s'étaient alors rendus ensemble à Touba afin de remercier le Khalife général des Mourides de l'époque, Serigne Saalihou Mbacké, pour son soutien spirituel. Devant l'autorité religieuse, Abdoulaye Wade aurait déclaré être persuadé que le choix de Me Madické Niang comme coordonnateur de sa défense lui avait été inspiré par le fondateur du mouridisme. « Il proposa alors que nous nouions devant le Khalife une relation forte et durable. Celle-ci fut immédiatement bénie », rapporte l'ancien ministre.  « Je considère ce lien comme une amitié fraternelle indéfectible. Il me répétait souvent : "Tu es le jeune frère que Dieu ne m’a pas donné" », confie-t-il.

Le symbole de la transition démocratique de 2000

Pour Me Madické Niang, l'une des plus grandes démonstrations de la noblesse d'Abdoulaye Wade demeure son attitude après sa victoire historique à l'élection présidentielle de 2000. Après avoir effectué plusieurs visites religieuses, le nouveau président s'était rendu auprès de la mère de son prédécesseur, Abdou Diouf. « Cet acte de noblesse fut accompagné d’une générosité remarquable envers son prédécesseur. Il permit d’instaurer un climat apaisé entre le vainqueur et le vaincu et d’assurer une transition exemplaire au sommet de l’État », rappelle Me Madické Niang. Selon lui, ce geste avait alors été salué bien au-delà des frontières sénégalaises comme un modèle de maturité démocratique.



L'ancien ministre d'État estime que le bilan de l'ancien président reste marqué par des réalisations structurantes qui ont profondément transformé le pays. « Arrivé tardivement au pouvoir, il a pourtant profondément transformé le Sénégal en seulement douze années d’exercice grâce à une vision audacieuse et à des réalisations que beaucoup jugeaient alors irréalisables », affirme-t-il. Il cite notamment l'autoroute à péage, l'Aéroport international Blaise-Diagne, les échangeurs routiers ainsi que de nombreux autres grands projets d'infrastructures.

Le panafricaniste convaincu

Au-delà de son action nationale, Me Madické Niang insiste sur la dimension africaine de l'engagement politique d'Abdoulaye Wade. « Son panafricanisme pragmatique a fait de notre pays l’un des moteurs de l’unité africaine. Il affirmait avec conviction être africain avant d’être sénégalais », rappelle-t-il. L'ancien président a notamment porté l'idée d'un gouvernement de l'Union africaine, soutenu le projet de la Grande Muraille Verte et promu le développement des infrastructures continentales à travers des projets ambitieux comme la liaison ferroviaire Dakar-Djibouti. « Son panafricanisme s’est toujours accompagné d’une défense constante de la dignité des peuples africains, de la renaissance du continent et du développement du Sénégal, qu’il a servi avec passion », ajoute l'ancien ministre.

Un héritage fondé sur le travail et l'éducation

Me Madické Niang rappelle également la foi d'Abdoulaye Wade dans l'éducation, l'innovation et les nouvelles technologies. « Abdoulaye Wade, c’est aussi une foi profonde dans l’éducation, l’innovation et les nouvelles technologies », souligne-t-il, évoquant notamment le programme de la Case des Tout-Petits ainsi que les initiatives visant à introduire très tôt le numérique dans les écoles sénégalaises. Au terme de son hommage, l'ancien ministre résume l'héritage de l'ancien chef de l'État en quelques mots.

« En un mot comme en mille, cet homme demeure exceptionnel par sa générosité, sa grandeur d’âme, son sens élevé du pardon et son attachement indéfectible aux enseignements de Khadimou Rassoul, Cheikh Ahmadou Bamba. Son adhésion à la valeur travail constituait, à ses yeux, le fondement même de notre indépendance économique », écrit-il.

Et de conclure avec une déclaration particulièrement émouvante : « Je continuerai, jusqu’à mon dernier souffle, à nourrir à son endroit un amour immense et un respect profond qui ne cesseront de grandir. Qu’Allah vous accorde encore de longues années de vie, une excellente santé et continue de vous combler de Ses bienfaits, Monsieur le Président. »

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