​DJIBIDIONE : Les habitants délaissent les cultures illicites au profit des cultures vivrières

Mardi 20 Décembre 2022


 
Le maire demande à l’Etat d’accompagner les populations décidées à tourner le dos aux cultures illicites au profit des cultures vivrières.
 
Devenue zone «fantôme» pendant plusieurs années à cause des conséquences à la fois néfastes et incommensurables qu’elle a hérité du conflit armé en Casamance, la commune de Djibidione, située dans le département de Bignona, à la lisière de la frontière entre le Sénégal et la Gambie, commence à renaitre de ses cendres. Quelques mois seulement après les opérations de ratissage menées par l’armée sénégalaise dans le Nord-Sindian et plus exactement dans cette triste et célèbre commune (Djibidione), le processus de retour au bercail de ses populations qui avaient fui les intenses combats entre les militaires et les bandes armées supposées appartenir au mouvement séparatiste de la Casamance est devenu plus que jamais une réalité dans presque tous les villages de Djibidione.
 
La paix ainsi retrouvée, les habitants de Djibidione, à en croire leur édile, sont plus que jamais décidées à abandonner les cultures illicites au profit des cultures vivrières. Lamine Diémé, puisse que c’est de lui qu’il s’agit, interpelle le Chef de l’Etat Macky Sall et plus particulièrement le ministre de l’Agriculture afin que ses populations puissent être accompagnées dans ce sens en les dotant de matériels agricoles et des intrants, mais aussi et surtout dans le sens de la reconstruction et de la relance des activités économiques et sociales de leur contré.
 
« Redonner vie aux 59 villages de sa commune après plus d’une quarantaine d’années de conflit armé », tel est le vœu du maire de la commune de Djibidione Lamine Diémé qui avait, avec ses populations, organisé ce week-end, une rencontre dans leur cité (Djibidione) pour échanger et réfléchir sur le devenir de leur localité. Avec la paix qui s’est installée dans cette commune et le pari de la sécurisation relevé par l’armée sur tout le long de la frontière sénégalo-gambienne, « nos populations qui avaient fui les bombardements de l’armée et qui avaient trouvé refuge dans des villages de la Gambie affichent aujourd’hui un engouement inégalable de retour dans leurs villages d’origines », explique l’édile de Djibidione, Lamine Diémé qui tirait, devant la presse, les grandes lignes directrices de la rencontre.
 
Cette rencontre a regroupé trois représentants (deux hommes et une femme) de chacun des 59 villages qui surplombent la commune de Djibidione. « Occasion ne pouvait être meilleure pour nous de mettre un bureau que nous avons appelé « le bureau des agriculteurs de Djibidione» pour que nous puissions faire face aux nombreux défis qui nous interpellent dans notre commune. Je dois avouer depuis que l’armée a déclenché les opérations de sécurisation tout autour des villages de Djibidione et plus exactement dans le Nord-Sindian, force est de reconnaitre que nos populations ont maintenant compris que les cultures illicites n’ont plus leur place dans leur contrée. Des cultures illicites qui ont fait l’objet d’exploitation de la part des jeunes depuis plusieurs années durant lesquelles l’Etat n’a rien fait pour décourager ces mêmes jeunes dans leurs activités illégales. Aujourd’hui, en tant qu’autorité locale, nous avons pris la responsabilité pour voir comment mettre fin à ces cultures illicites dans nos villages. Il s’est aussi, avec nos populations, de voir aussi quelles sont les dispositions que nous allons prendre avant que la famine ne s’installe dans notre commune. Pour ce faire, nous avons décidé d’organiser les agriculteurs et les jeunes qui ont décidé de tourner le dos aux cultures illicites dans leurs champs pour s’adonner aux cultures vivrières », a ajouté le maire de la commune rurale de Djibidione (Lamine Diémé). Portant le plaidoyer des habitants de Djibidione, « nous tendons la main à l’Etat du Sénégal avec à sa tête le président Macky Sall afin qu’il puisse nous accompagner dans cette volonté et ce désir des populations de Djibidione. Nous lui demandons par la même occasion d’accorder une oreille attentive à la commune de Djibidione qui regorge beaucoup de ressources agricoles, de faire une discrimination pour notre contré (Djibidione) qui a commencé à renaitre de ses cendres et de la doter Djibidione d’un fonds spécial qui va accompagner ses habitants qui ont commencé à oublier les affres de la guerre », a plaidé Lamine Diémé. S’adressant également au ministre de l’Agriculture, « nous lui demandons également d’aider ces populations qui ne connaissent et qui ne vivent que de l’agriculture et de la cueillette en les dotant de machines, de tracteurs et des intrants. Ceci étant, je peux vous assurer qu’elles (les populations) vont tourner définitivement le dos aux cultures illicites pour se consacrer résolument et avec fierté aux cultures licites. Ces populations, dans leur fuite au moment où le conflit battait son plein, avaient tout abandonné derrière elles, maisons, champs, bétails, sous la contrainte des bandes armées qui avaient élu domicile dans ses zones. Leur retour dans leurs terroirs amorcés, l’Etat doit les venir en aide.
 
A Djibidione, la paix est devenue une réalité et pour cause, l’armée a sécurisé tout le long de la frontière qui sépare le Sénégal et la Gambie. Outre les villages de Kabounkoute, de Djiné-Djilacoune 2, de Madiédiame, de Kandialouck, les populations de tous les 55 autres villages de la commune de Djibidione sont aujourd’hui retournées dans leurs villages », a conclu Lamine Diémé. Pour rappel, il y a seulement moins de deux semaines, un drone de l’armée sénégalaise avait tué à Djibidione trois (3) jeunes exploitants de cannabis avant de blesser un autre grièvement qui a été admis dans un hôpital en Gambie. Des jeunes qui étaient, au moment des faits, en train d’arroser des champs de yamba. Assimilé dans un passé lointain à des noms de villes qui font peur et qui sont source de cauchemars horribles comme « Darfour», «Gaza» ou «Bagdad», «nous ne voulons plus entendre ces noms à Djibidione. Nous ne voulons plus entendre les crépitements des armes à Djibidione. La seule chose qui nous intéresse maintenant, c’est le développement économique et social de notre zone. C’est pourquoi nous demandons à toutes les ONG de venir à Djibidione pour nous accompagner dans sa reconstruction », arguent les populations.
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