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 <title>Exclusif.net, la vérité  </title>
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 <updated>2026-10-09T06:26:52+02:00</updated>
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   <title>« Laurent Gbagbo était assis sur une véritable poudrière », selon le général Mangou Philippe</title>
   <updated>2017-10-04T16:56:00+02:00</updated>
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   <category term="ACTUALITÉ " />
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   <published>2017-10-04T15:57:00+02:00</published>
   <author><name>Lisez encore</name></author>
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    <![CDATA[
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.exclusif.net/photo/art/default/17456760-21945606.jpg?v=1507125874" alt="« Laurent Gbagbo était assis sur une véritable poudrière », selon le général Mangou Philippe" title="« Laurent Gbagbo était assis sur une véritable poudrière », selon le général Mangou Philippe" />
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     <div>
      <p class="lead" style="box-sizing: border-box; margin: 0px 0px 20px; font-weight: bold; line-height: 1.4; color: rgb(33, 30, 30); font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;">Le général Philippe Mangou, ex-chef d’état-major des armées ivoiriennes lors de la crise post-électorale, s'est exprimé mardi devant la CPI au sujet des munitions entreposées à la présidence et de l'armement dont disposaient le Cecos et la Garde républicaine. <br />    <p style="box-sizing: border-box; margin: 0px 0px 10px; color: rgb(33, 30, 30); font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;">Au septième jour de son témoignage à la Cour pénale internationale (CPI), dans le procès de Laurent Gbagbo et de son bras droit Charles Blé Goudé, alors qu’il était face à Me Emmanuel Altit, avocat de la défense, ce mardi 3 septembre 2017,<a class="link" href="http://www.jeuneafrique.com/mag/478895/societe/proces-gbagbo-philippe-mangou-a-lheure-des-comptes/">&nbsp;le général Philippe Mangou</a>, ex-chef d’état-major des armées ivoiriennes est revenu sur l’armement parallèle du Centre de commandement des opérations de sécurité (Cecos, resté loyal à Gbagbo lors de la crise post-électorale) et de&nbsp;<a class="link" href="http://www.jeuneafrique.com/mag/296474/societe/cote-divoire-dogbo-ble-nest-plus-general/">Bruno Dogbo Blé</a>, commandant de la Garde républicaine, alors que l’armée régulière manquait de munitions. Il est aussi revenu sur les «&nbsp;consignes opérationnelles&nbsp;» de Gbagbo, ainsi que l’organisation de l’armée. <br />    <h3 style="box-sizing: border-box; font-family: Arial, Helvetica, sans-serif; font-weight: 700; line-height: 1.42857; color: rgb(33, 30, 30); margin-top: 10px; margin-bottom: 10px; font-size: 18px;">« Consignes opérationnelles&nbsp;» de Gbagbo</h3>    <p style="box-sizing: border-box; margin: 0px 0px 10px; color: rgb(33, 30, 30); font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;">«&nbsp;Oui, le président nous donnait des consignes opérationnelles. Quand on lui faisait un compte rendu, c’est un compte rendu opérationnel. Et quand il nous donne une instruction, c’est une instruction qui va dans le sens opérationnel. Le terme libérer, c’est une mission, parce que dans l’armée, une mission s’exprime toujours par un verbe à l’infinitif. Donc, libérer l’axe, c’est une mission. Des exemples de missions qu’on nous donne : faites en sorte que les soldats ne sortent pas. Moi, je traduis cela en terme opérationnel. Je suis militaire. La meilleure manière pour que les gens ne sortent pas, c’est de mettre des postes de contrôle. Donc, ce sont des missions. C’est-à-dire que quand moi, je lui fais le compte-rendu et qu’il me répond, alors je traduis cela en actes opérationnels, qui sont souvent des missions pour moi. <br />    <blockquote style="box-sizing: border-box; padding: 0px; margin: 20px 0px; font-size: 28px; border-left: 0px; position: relative; font-family: ProximaNovaBold, Arial, sans-serif; color: rgb(33, 30, 30); font-style: normal;">  <p style="box-sizing: border-box; margin: 0px; position: relative; float: left; width: 495px; min-height: 1px; padding-right: 8px; padding-left: 16px; line-height: 30px;">&nbsp;Il n’appartient pas au président de définir les détails <br />  </blockquote>    <p style="box-sizing: border-box; margin: 0px 0px 10px; color: rgb(33, 30, 30); font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;"> <br />   <br />   <br />  Le président a donné une instruction générale de libérer l’axe Abobo-N’dotré. Il n’y a pas eu de discussion opérationnelle. Opérationnelle, ça veut dire des détails de l’opération. Mais il donne l’instruction générale. C’est ça la question. Il n’appartient pas au président de définir les détails. Le président nous dit tout simplement de libérer. Moi qui suis militaire, les détails, c’est à mon niveau. Au niveau du chef d’état-major des armées, moi, quand j’appelle le général Détoh et je lui dis : reconnaître l’axe Maca-N’dotré, je ne lui donne aucun détail. Si Détoh veut passer par le Plateau pour aller à Yopougon avant de commencer sa «&nbsp;reco&nbsp;», moi l’essentiel est que la mission soit remplie. Je ne lui donne pas de détails. Parce que si je lui donne des détails, qu’il arrive sur le terrain et qu’il est confronté à des difficultés, il va me dire : mais c’est vous qui m’avez donné des détails. <br />    <h4 style="box-sizing: border-box; font-family: Arial, Helvetica, sans-serif; font-weight: 700; line-height: 1.42857; color: rgb(33, 30, 30); margin-top: 10px; margin-bottom: 10px; font-size: 17px;"><strong style="box-sizing: border-box;">&gt;&gt;&gt; Lire aussi :&nbsp;<a class="link" href="http://www.jeuneafrique.com/mag/478895/societe/proces-gbagbo-philippe-mangou-a-lheure-des-comptes/">Procès Gbagbo : Philippe Mangou à l’heure des comptes</a>  </strong></h4>    <p style="box-sizing: border-box; margin: 0px 0px 10px; color: rgb(33, 30, 30); font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;">Donc, à ce niveau, le président ne donne pas de détails. Lui, il me dit : libérer l’axe. Maintenant à moi de voir. Si je veux aller commencer par Abengourou pour libérer, ça c’est mon problème. Si je veux passer par la Maca, ça c’est mon problème, mais les détails de l’opération me reviennent. Et moi, quand je donne des instructions à Détoh, je n’entre pas dans les détails des opérations. Les détails des opérations reviennent à Détoh, tout comme Détoh, quand il donne des instructions à ses «&nbsp;enfants&nbsp;» – on appelle «&nbsp;enfants&nbsp;» ceux qui travaillent sur le terrain avec nous -, les détails de l’opération, c’est à leur niveau. On n’intervient pas là-bas. » <br />    <h3 style="box-sizing: border-box; font-family: Arial, Helvetica, sans-serif; font-weight: 700; line-height: 1.42857; color: rgb(33, 30, 30); margin-top: 10px; margin-bottom: 10px; font-size: 18px;">Déroulé des convocations à la présidence</h3>    <p style="box-sizing: border-box; margin: 0px 0px 10px; color: rgb(33, 30, 30); font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;">«&nbsp;Généralement, les convocations sont faites par le président de la République. Quand il veut voir tous&nbsp; les commandants des forces, il demande de les convoquer avec une heure bien précise. Nous arrivons à cette heure, le président nous reçoit. Il faut dire qu’il était jovial, le président. Avant la réunion, il nous raconte de petites blagues pour faire rire, pour détendre un peu l’atmosphère, ensuite, il me passe la parole pour que je fasse le point de la situation et je lui fais le point de la situation. Généralement, ceux qui m’accompagnent, ce sont les commandants des forces. Il y a le&nbsp; commandant des forces terrestres, le commandant des forces aériennes, le commandant de la marine nationale, le directeur général de la Police, le général commandant la gendarmerie nationale, le général Guiai Bi Poin. Souvent Dogbo Blé y est associé, souvent aussi, son chef de sécurité, le colonel-major Ehouman. Il y a aussi son chef d’état-major particulier, le général Touvoly. Nous lui faisons le point de la situation qui prévaut. À l’issue, s’il a des directives à donner, il nous les donne. S’il n’a pas de directives, c’est souvent des mots d’encouragement. Voilà comment ça se passe&nbsp;». <br />    <h3 style="box-sizing: border-box; font-family: Arial, Helvetica, sans-serif; font-weight: 700; line-height: 1.42857; color: rgb(33, 30, 30); margin-top: 10px; margin-bottom: 10px; font-size: 18px;">Manque de moyens</h3>    <p style="box-sizing: border-box; margin: 0px 0px 10px; color: rgb(33, 30, 30); font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;">«&nbsp;Effectivement, quand la Côte d’Ivoire a été attaquée (en septembre 2002), nous sommes allés sur la ligne de front les mains nues, parce que j’ai eu à le souligner ici, la Côte d’Ivoire venait de connaitre plusieurs mutineries, un coup d’État, les armes étaient parties. Les véhicules étaient sur cale, les unités désorganisées quand nous sommes allés sur la ligne de front.&nbsp;<a class="link" href="http://www.jeuneafrique.com/478994/societe/cpi-proces-gbagbo-le-general-mangou-dement-limplication-de-ses-troupes-dans-la-tuerie-dabobo/">Nous n’avions pas d’armes, je l’ai précisé ici, nous n’avions pas de munitions.</a>  &nbsp;Je me rappelle très bien, lorsque j’avais donné les premières instructions pour que nos éléments fassent mouvement sur Tiébissou, ils en étaient surpris. Mais c’est dans des véhicules de transport civil, qu’on appelle à Abidjan les ‘gbaka’, qu’ils ont embarqués et qui ne démarraient pas. Nos éléments ont refusé d’embarquer. J’ai dû effectuer le déplacement de Yamoussoukro jusqu’ à Tiébissou pour les convaincre d’embarquer. <br />    <blockquote style="box-sizing: border-box; padding: 0px; margin: 20px 0px; font-size: 28px; border-left: 0px; position: relative; font-family: ProximaNovaBold, Arial, sans-serif; color: rgb(33, 30, 30); font-style: normal;">  <p style="box-sizing: border-box; margin: 0px; position: relative; float: left; width: 495px; min-height: 1px; padding-right: 8px; padding-left: 16px; line-height: 30px;">Ils ont combattu dans la faim <br />  </blockquote>    <p style="box-sizing: border-box; margin: 0px 0px 10px; color: rgb(33, 30, 30); font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;"> <br />   <br />  Aujourd’hui, si le commandant B. Germain, s’il suit cette audience, et ses hommes qui étaient à Tiébissou, peuvent s’en rappeler : les hommes ont combattu dans la faim, c’est pour ça que je leur rends hommage pour ce qu’ils ont fait pour le pays, pour leur détermination, leur disponibilité, leur esprit de patriotisme. Ils ont combattu dans la faim, parce que je l’ai dit, lorsque vos hommes sont en train de faire mouvement vers la zone de déploiement, vous avez déjà, à partir d’Abidjan, des gens en train de faire la cuisine de sorte que quand vous arrivez à Tiébissou, les hommes prennent leur repas avant d’aller dans la zone de combat. Nos hommes avaient de l’argent sur eux, ils arrivaient dans des zones désertes et ils ne pouvaient pas manger. Donc, c’est vraiment dans des conditions extrêmement difficiles. <br />    <p style="box-sizing: border-box; margin: 0px 0px 10px; color: rgb(33, 30, 30); font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;">De plus, les véhicules qui ont été mis à leur disposition, les achats et autres ont été faits par des civils qui ont cru devoir prendre une arme sans sa munition, une munition sans son arme. Les engins, c’étaient des engins qui n’avaient pas la possibilité de se déplacer par leurs propres moyens pour aller sur le théâtre des opérations. Donc, c’était dur. Donc, pour en revenir à votre question, effectivement de 2002 jusqu’à 2010, les éléments étaient sur le terrain. Chacun était encore sur sa position, mais ils n’ont pas eu que ça à faire parce qu’il y a eu encore la sécurisation du processus électoral qui demandait 4 000 personnes. Lorsque nous sommes entrés dans l’application de l’Accord politique de Ouagadougou (signé entre Gbagbo et Soro, en 2007), il y a eu le déploiement de nos policiers et gendarmes pour combler le vide au niveau des différentes administrations qui ont été déployées. Donc, nos hommes ont été vraiment soumis à des opérations depuis 2002 sans discontinuer jusqu’à la fin de la crise post-électorale. » <br />    <p style="box-sizing: border-box; margin: 0px 0px 10px; color: rgb(33, 30, 30); font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;">«&nbsp;Dans le cadre du Centre de commandement intégré (CCI, unité mixte des ex-FDS et des ex-rebelles, NDLR), le général Soumaïla Bakayoko et moi avons tous deux été convoqués par le Président. D’ailleurs, j’ai fait des difficultés pour déployer mes hommes, dans le cadre du Centre de commandement intégré. Et le président nous a convoqués en présence du Premier ministre Soro. Quand on est arrivé, il a dit&nbsp;: «&nbsp;Mangou, vous déployez 4 000 hommes, Bakayoko, vous déployez 4 000 hommes&nbsp;». Je n’ai pas posé la question à Bakayoko de savoir si ses 4000 hommes avaient des armes ou pas&nbsp;». <br />    <p style="box-sizing: border-box; margin: 0px 0px 10px; color: rgb(33, 30, 30); font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;">«&nbsp;Je voudrais vous faire remarquer que nous ne disposions pas de matériel roulant. Et ce, depuis la sécurisation des audiences foraines. J’ai dû en parler au Président. Le président nous a remis 500 millions FCFA pour que nous puissions prendre des véhicules. Je suis passé par une amie qui avait une maison qui vendait des véhicules et qui nous a vendu des véhicules. On a pu avoir au total 10 véhicules pour faire le transport. C’était difficile du côté de Bakayoko. Quand j’ai fait le compte-rendu, le président m’a demandé de lui donner trois véhicules pour le transport de ses hommes. C’est ce que j’ai fait. À partir de là, on n’a plus eu de véhicules parce que personne ne voulait nous vendre de véhicules&nbsp;». <br />    <h3 style="box-sizing: border-box; font-family: Arial, Helvetica, sans-serif; font-weight: 700; line-height: 1.42857; color: rgb(33, 30, 30); margin-top: 10px; margin-bottom: 10px; font-size: 18px;">Armement du Cecos</h3>    <p style="box-sizing: border-box; margin: 0px 0px 10px; color: rgb(33, 30, 30); font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;">«&nbsp;J’ai fait ressortir que le Cecos était mieux armé que l’armée, la police et la gendarmerie. Quand vous prenez l’effectif du Cecos, le général Guiai Bi vous a donné 200 personnes, c’est inexact. J’ai eu à faire un point de la situation avec tous les commandants : le Cecos avait un effectif de 1 250 personnes pour lutter contre le grand banditisme. Le 2 juillet 2005, lorsque le Cecos a été créé, effectivement, on a prélevé des hommes et des armes dans les unités pour la constitution de base du Cecos. Mais après, le Cecos a eu des moyens, des mitrailleuses et autres. Nous, on ne pouvait pas fournir des mitrailleuses au Cecos parce&nbsp; que nos hommes étaient sur le terrain. On en avait besoin donc on ne pouvait pas en fournir au Cecos. Mais je dis bien que le Cecos, au fil des missions, s’est armé. Le Cecos était très puissant avec des mitrailleuses lourdes et légères. Le Cecos avait les moyens qu’il fallait. Et lors de mon audition à la CPI, j’ai vu passer une note où les commandes d’armes ont été faites par le Cecos. Donc le Cecos était bien armé par rapport à l’armée, la gendarmerie et la police. Le commandant du Cecos prétend ne pas avoir d’effectifs et d’armes. Sa mission initiale, c’était la lutte contre le grand banditisme. » <br />    <h3 style="box-sizing: border-box; font-family: Arial, Helvetica, sans-serif; font-weight: 700; line-height: 1.42857; color: rgb(33, 30, 30); margin-top: 10px; margin-bottom: 10px; font-size: 18px;">La présidence, véritable poudrière</h3>    <p style="box-sizing: border-box; margin: 0px 0px 10px; color: rgb(33, 30, 30); font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;">«&nbsp;Des caisses de munitions dans le sous-sol de la présidence, je crois qu’en ce moment, on devrait lever les bras au ciel pour remercier le Seigneur que le président Laurent Gbagbo se soit assis sur une véritable poudrière. Ce n’est pas normal que des caisses de munitions se trouvent là, au sous-sol du palais présidentiel. Je n’ai pas été informé de l’existence de ces munitions. Même si j’avais été informé, je ne pense pas que ce soit le lieu où on doit mettre les munitions (…) Pour qui connaît la présidence de la République, à Abidjan, derrière, il y a des rails qui passent. Quand vous êtes invité à une cérémonie et que le train passe, vous sentez légèrement le sol danser. Alors si on met ces munitions là, ça peut s’entrechoquer et provoquer une explosion non seulement du palais présidentiel, mais de tout le Plateau jusqu’à Treichville. On ne peut pas mettre des munitions dans le sous-sol du palais de la présidence. Dans n’importe quel pays, ça serait inadmissible et vraiment intolérable&nbsp;». <br />    <h3 style="box-sizing: border-box; font-family: Arial, Helvetica, sans-serif; font-weight: 700; line-height: 1.42857; color: rgb(33, 30, 30); margin-top: 10px; margin-bottom: 10px; font-size: 18px;">Le mystère des munitions entreposées à la présidence</h3>    <p style="box-sizing: border-box; margin: 0px 0px 10px; color: rgb(33, 30, 30); font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;">«&nbsp;Nous étions dans l’attente des munitions. Mais ces munitions ne sont jamais arrivées. Alors quand je vois ces lots de munitions à la présidence de la République, je me pose des questions. Je me dis en fin de compte que ces munitions sont arrivées et ils les ont gardées par devers eux à la présidence, sans en mettre une seule caisse à l’état-major. Parce que je me rappelle bien quand on était à court de munitions sur la ligne de front, j’ai rendu compte au président Laurent Gbagbo qu’on n’avait pas de munitions. Et il me demande à moi qui suis chef d’état-major des armées, d’aller voir Dogbo Blé pour avoir des munitions. Vous y comprenez quelque chose&nbsp;? <br />    <blockquote style="box-sizing: border-box; padding: 0px; margin: 20px 0px; font-size: 28px; border-left: 0px; position: relative; font-family: ProximaNovaBold, Arial, sans-serif; color: rgb(33, 30, 30); font-style: normal;">  <p style="box-sizing: border-box; margin: 0px; position: relative; float: left; width: 495px; min-height: 1px; padding-right: 8px; padding-left: 16px; line-height: 30px;">C’étaient des armes que l’armée française utilisait. Des armes de 1936 qui n’avaient plus leurs munitions <br />  </blockquote>    <p style="box-sizing: border-box; margin: 0px 0px 10px; color: rgb(33, 30, 30); font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;"> <br />   <br />   <br />   <br />  Mais comme je suis dans le besoin, je suis quand même allé voir Dogbo Blé. Il m’a donné quinze caisses de munitions pour toute la ligne de front et pour Abidjan, 109 armes. C’étaient des armes que l’armée française utilisait. Des armes de 1936 qui n’avaient plus leurs munitions. Et ces armes on s’en sert dans les unités pour faire des exercices. À la gendarmerie, on en utilisait, la Garde républicaine (commandée par le général Dogbo Blé) en avait parce que dans le temps, c’était une milice du parti. Et il a donné ces armes sans munitions. C’était de la bêtise. Je signale également que le 30 mars, aux environs de 13 heures, Détoh et moi sommes déplacés de l’état-major pour aller voir Dogbo Blé, afin de savoir si les munitions sont arrivées. Il m’a dit non, que les munitions ne sont pas arrivées. Quand je découvre ces lots de munitions à la présidence, je me demande si c’est normal. » <br />  &nbsp;Jeune Afrique&nbsp; <br />  
     </div>
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   <title>« Gbagbo a financé accidentellement le Commando invisible », selon le général Mangou</title>
   <updated>2017-10-03T19:48:00+02:00</updated>
   <id>https://www.exclusif.net/Gbagbo-a-finance-accidentellement-le-Commando-invisible--selon-le-general-Mangou_a8503.html</id>
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   <published>2017-10-03T17:49:00+02:00</published>
   <author><name>Lisez encore</name></author>
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    <![CDATA[
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.exclusif.net/photo/art/default/17441866-21934434.jpg?v=1507046706" alt="« Gbagbo a financé accidentellement le Commando invisible », selon le général Mangou" title="« Gbagbo a financé accidentellement le Commando invisible », selon le général Mangou" />
     </div>
     <div>
      <p class="lead" style="box-sizing: border-box; margin: 0px 0px 20px; font-weight: bold; line-height: 1.4; color: rgb(33, 30, 30); font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;">C’est la surprenante déclaration qu’a livré l’ancien chef d’état-major de Laurent Gbagbo à la barre de la Cour pénale internationale, ce lundi 2 octobre. Interrogé par la défense de l’ancien président ivoirien le général Philippe Mangou est revenu dans le détail sur le financement de cette milice d’anciens rebelles qui combattaient les forces pro-Gbagbo pendant la crise post-électorale.</p>

<p style="box-sizing: border-box; margin: 0px 0px 10px; color: rgb(33, 30, 30); font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;">«&nbsp;J’ai été questionné le 9 août 2011 (lors de l’enquête préliminaire du procureur, NDLR). Deux questions m’ont été posées. La première était de savoir qui était le chef du Commando invisible. La seconde était de savoir qui compose le Commando invisible. J’avais dit que je ne savais pas. Aujourd’hui, je suis en mesure de vous dire que le président Gbagbo a financé accidentellement, je dis bien accidentellement, le Commando invisible&nbsp;», a expliqué&nbsp;<a class="yahoorte_class" href="http://www.jeuneafrique.com/476896/societe/cote-divoire-quand-le-general-mangou-parle-a-la-barre-de-la-cpi/" target="_blank" title="http://www.jeuneafrique.com/476896/societe/cote-divoire-quand-le-general-mangou-parle-a-la-barre-de-la-cpi/">le général Philippe Mangou</a>.</p>

<p style="box-sizing: border-box; margin: 0px 0px 10px; color: rgb(33, 30, 30); font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;">L’ancien chef d’état-major de Laurent Gbagbo, toujours&nbsp;<a class="yahoorte_class" href="http://www.jeuneafrique.com/477518/societe/cote-divoire-quand-le-general-mangou-demandait-a-laurent-gbagbo-de-demissionner/" target="_blank" title="http://www.jeuneafrique.com/477518/societe/cote-divoire-quand-le-general-mangou-demandait-a-laurent-gbagbo-de-demissionner/">entendu par la Cour pénale internationale</a> &nbsp;dans le cadre du procès de l’ancien président ivoirien et de son bras droit Charles Blé Goudé, était interrogé par la défense, ce lundi 2 octobre, au moment où il a livré cette surprenante déclaration.</p>

<h4 style="box-sizing: border-box; font-family: Arial, Helvetica, sans-serif; font-weight: 700; line-height: 1.42857; color: rgb(33, 30, 30); margin-top: 10px; margin-bottom: 10px; font-size: 17px;">500 millions de francs CFA</h4><script async src="//pagead2.googlesyndication.com/pagead/js/adsbygoogle.js"></script>
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<p style="box-sizing: border-box; margin: 0px 0px 10px; color: rgb(33, 30, 30); font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;">Dans sa réponse, il est revenu longuement sur les sources de financement du Commando invisible, une milice d’anciens rebelles qui avait fait d’Abobo&nbsp; – commune d’Abidjan, favorable à Alassane Ouattara – son quartier général et combattait les forces loyales à Laurent Gbagbo lors de la crise postélectorale, en Côte d’Ivoire.</p>

<p style="box-sizing: border-box; margin: 0px 0px 10px; color: rgb(33, 30, 30); font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;">«&nbsp;Le 7 décembre 2010, le dernier gouvernement du président Gbagbo a été mis en place. Trois jours plus tard, c’est à dire le 10 décembre 2010, le président m’appelle. Il me demande de venir le voir dans son bureau vers 15h30. Je trouve le président debout avec à ses côtés feu le Ministre Désiré Tagro.</p>

<blockquote style="box-sizing: border-box; padding: 0px; margin: 20px 0px; font-size: 28px; border-left: 0px; position: relative; font-family: ProximaNovaBold, Arial, sans-serif; color: rgb(33, 30, 30); font-style: normal;">
<p style="box-sizing: border-box; margin: 0px; position: relative; float: left; width: 495px; min-height: 1px; padding-right: 8px; padding-left: 16px; line-height: 30px;">Zakaria est d’accord, moyennant 500 millions de francs CFA, en vue de s’acheter des armes, des munitions et de désorganiser le dispositif des Forces nouvelles</p>
</blockquote>

<p style="box-sizing: border-box; margin: 0px 0px 10px; color: rgb(33, 30, 30); font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;"><br />
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Et le président de me dire ceci : «&nbsp;Tagro revient d’une mission du Togo où il a rencontré dans sa chambre d’hôtel Koné Zakaria (ex-seigneur de guerre de la rébellion des Forces nouvelles, tombé en disgrâce auprès de Guillaume Soro, en 2007, NDLR).&nbsp;Après avoir parlé avec lui, Koné Zakaria est d’accord, moyennant 500 millions de francs CFA (763&nbsp;000 euros), en vue de s’acheter des armes, des munitions et autres, de désorganiser le dispositif des Forces nouvelles à l’Est de la Côte d’Ivoire. Je voulais que tu vois où Koné Zakaria peut commencer son action&nbsp;».</p>

<blockquote style="box-sizing: border-box; padding: 0px; margin: 20px 0px; font-size: 28px; border-left: 0px; position: relative; font-family: ProximaNovaBold, Arial, sans-serif; color: rgb(33, 30, 30); font-style: normal;">
<p style="box-sizing: border-box; margin: 0px; position: relative; float: left; width: 495px; min-height: 1px; padding-right: 8px; padding-left: 16px; line-height: 30px;">Monsieur le président, si vous avez une telle somme d’argent, remettez-la-nous</p>
</blockquote>

<p style="box-sizing: border-box; margin: 0px 0px 10px; color: rgb(33, 30, 30); font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;"><br />
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Je lui ai répondu&nbsp;: ‘’Monsieur le président, si vous avez une telle somme d’argent, remettez-la-nous. Vous savez que nous n’avons pas d’armes et de munitions. Pourquoi est-ce par l’Est de la Côte d’Ivoire qu’il a décidé de commencer son action ?’’. Le ministre Tagro a répondu&nbsp;: ‘’C’est par là qu’il a décidé de commencer son action’’. J’ai dit&nbsp;: ‘’Monsieur le Président, je m’excuse, mais je n’ai pas de carte sous les yeux pour vous indiquer par où Koné Zakaria doit commencer son action’’&nbsp;».</p>

<h4 style="box-sizing: border-box; font-family: Arial, Helvetica, sans-serif; font-weight: 700; line-height: 1.42857; color: rgb(33, 30, 30); margin-top: 10px; margin-bottom: 10px; font-size: 17px;">Un mystérieux intermédiaire et un échange téléphonique</h4>

<p style="box-sizing: border-box; margin: 0px 0px 10px; color: rgb(33, 30, 30); font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;">Et général Philippe Mangou de continuer son récit : «&nbsp;Le président Gbagbo a dit au ministre Tagro&nbsp;: «&nbsp;S’il ne croit pas, donne-lui le numéro de Koné Zakaria pour qu’il l’appelle lui-même pour voir&nbsp;». C’est ce qui fut fait. En descendant les marches du palais présidentiel, alors que j’attendais mon chauffeur, un homme d’une cinquantaine d’années m’a approché pour me dire : «&nbsp;Mon général, c’est moi qui ai mis en contact le ministre Tagro et Koné Zakaria. Koné Zakaria est prêt à travailler avec IB (Ibrahim Coulibaly, ex-éminence grise de la rébellion de Guillaume Soro, en conflit ouvert avec ce dernier, depuis 2003, et tué, fin avril, à Abobo par les forces favorables à Ouattara, NDLR) et IB est d’accord. Mon général, le temps presse&nbsp;».&nbsp;»</p>

<blockquote style="box-sizing: border-box; padding: 0px; margin: 20px 0px; font-size: 28px; border-left: 0px; position: relative; font-family: ProximaNovaBold, Arial, sans-serif; color: rgb(33, 30, 30); font-style: normal;">
<p style="box-sizing: border-box; margin: 0px; position: relative; float: left; width: 495px; min-height: 1px; padding-right: 8px; padding-left: 16px; line-height: 30px;">J’attends l’argent pour commencer le travail</p>
</blockquote>

<p style="box-sizing: border-box; margin: 0px 0px 10px; color: rgb(33, 30, 30); font-family: Arial, Helvetica, sans-serif;"><br />
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Lorsqu’il arrive à Yopougon, le général Philippe Mangou affirme alors avoir remis le numéro confié par le mystérieux intermédiaire à son chef de la sécurité. «&nbsp;Je lui dis : «&nbsp;C’est le numéro de Zakaria, appelle le pour voir si c’est bien lui&nbsp;». Zakaria et moi avons l’habitude de nous appeler «&nbsp;Classe&nbsp;». Quand je prends le téléphone, je dis ‘’Allô’’, il me répond&nbsp;: &nbsp;»Classe, j’attends l’argent pour commencer le travail&nbsp;». Il y a eu collusion entre IB et Koné Zakaria pour l’opération au niveau d’Abobo. A cours de logistique, Koné Zakaria va user de ruse et de perfidie pour faire croire qu’il va mener une action à partir du nord-est. Au lieu de cela, ils sont descendus à Abobo. L’argent remis a servi à l’infiltration des lieutenants de Zakaria. »<br />
Jeune Afrique</p>

     </div>
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   <link rel="alternate" href="https://www.exclusif.net/Gbagbo-a-finance-accidentellement-le-Commando-invisible--selon-le-general-Mangou_a8503.html" />
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   <title>Le général Mangou:« Quand on avait attaqué ma résidence à l’arme lourde, Gbagbo n’a même pas eu un mot de compassion pour moi... »</title>
   <updated>2017-09-27T12:07:00+02:00</updated>
   <id>https://www.exclusif.net/Le-general-Mangou-Quand-on-avait-attaque-ma-residence-a-l-arme-lourde-Gbagbo-n-a-meme-pas-eu-un-mot-de-compassion-pour_a8394.html</id>
   <category term="ACTUALITÉ " />
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   <published>2017-09-27T12:03:00+02:00</published>
   <author><name>Lisez encore</name></author>
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      <img src="https://www.exclusif.net/photo/art/default/17337863-21850626.jpg?v=1506506795" alt="Le général Mangou:« Quand on avait attaqué ma résidence à l’arme lourde, Gbagbo n’a même pas eu un mot de compassion pour moi... »" title="Le général Mangou:« Quand on avait attaqué ma résidence à l’arme lourde, Gbagbo n’a même pas eu un mot de compassion pour moi... »" />
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      Au deuxième jour de son audition à la Cour pénale internationale (CPI), en qualité de témoin à charge dans le procès de Laurent Gbagbo et Blé Goudé, l’ancien chef d’Etat-major des armées (CEMA), le général Philippe Mangou a témoigné que pour avoir proposé au président Laurent Gbagbo de démissionner lors de la crise postélectorale , on a voulu le ’’tuer’’. <br />   <br />  ’’Le 10 mars 2011, le président Gbagbo a demandé à me voir. Il m’a dit: Mon général, tu es avec Blé Goudé mon homme de confiance. Je vais te poser une question, donne-moi la réponse. Ensuite tu iras attendre à l’Etat-major. Je m’entretiendrai avec Blé. A l’issue de l’entretien venez me voir après avoir harmonisé’’, a relaté le témoin. <br />   <br />  Selon lui, le chef de l’Etat l’a informé que la Communauté internationale venait de le ’’lâcher’’. ’’Les présidents angolais et sud-africain me demandent de démissionner qu’est-ce que tu en penses. Je saute sur l’occasion et je dis démissionnez pour faire honneur à ces deux présidents », a expliqué le général Mangou. <br />   <br />  Quand Blé Goudé est arrivé, a-t-il poursuivi, ’’je lui ai dit frère, voici de quoi j’ai parlé avec le président. Je lui ai proposé de démissionner. Quelle est ta réponse? Et Blé m’a dit: ‘’Il faut qu’il démissionne’’, a indiqué le général-témoin. <br />   <br />  Quatre jours après ces différents échanges avec l’ex-président Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé, Philippe Mangou affirme que ’’ma résidence à Yopougon (ndlr: ouest d’Abidjan) a été attaquée’’. <br />   <br />  ’’Pour avoir simplement proposé la démission au président Gbagbo, on a voulu me tuer’’, se lamente-t-il à la barre. <br />   <br />  Revenant sur cette attaque ’’à l’arme lourde" pour dit-on ’’trahison’’, l’ancien CEMA a souligné que ’’ le président Gbagbo n’a même pas eu un mot de compassion pour moi ni pour mon épouse qu’il appelait +ma fille+ encore moins pour mes enfants, +ses petits-fils+. Cela m’a choqué’’, a, encore, relaté Philippe Mangou.
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   <title>Le général Mangou Philippe :«j'avais demandé à Gbagbo de démissionner car il y'avait trop de morts  »</title>
   <updated>2017-09-26T18:49:00+02:00</updated>
   <id>https://www.exclusif.net/Le-general-Mangou-Philippe-j-avais-demande-a-Gbagbo-de-demissionner-car-il-y-avait-trop-de-morts_a8384.html</id>
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   <published>2017-09-26T18:33:00+02:00</published>
   <author><name>Lisez encore</name></author>
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      <img src="https://www.exclusif.net/photo/art/default/17325504-21842228.jpg?v=1506444265" alt="Le général Mangou Philippe :«j'avais demandé à Gbagbo de démissionner car il y'avait trop de morts  »" title="Le général Mangou Philippe :«j'avais demandé à Gbagbo de démissionner car il y'avait trop de morts  »" />
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      <strong>Au plus fort de la crise post-électorale qui a déchiré la Côte d’Ivoire en 2010-2011, le chef d’état-major de l’armée ivoirienne avait conseillé à l’ex-président Laurent Gbagbo de démissionner, a-t-il déclaré mardi devant la Cour pénale internationale (CPI).</strong> <br />   <br />  En guise de représailles, sa résidence privée avait été attaquée quelques jours plus tard, a affirmé Philippe Mangou au deuxième jour de son témoignage au procès. "Pour avoir seulement proposé au président de démissionner, on a voulu me tuer", a déclaré cet ancien pilier du pouvoir sous Gbagbo devenu témoin de l’accusation. <br />   <br />  Barbe poivre et sel et regard fatigué, Laurent Gbagbo, 72 ans, est poursuivi pour des crimes contre l’humanité commis lors de violences post-électorales qui avaient fait 3.000 morts en cinq mois. <br />   <br />  En décembre 2010, il avait occupé le palais présidentiel après avoir refusé de céder le pouvoir à son rival Alassane Ouattara. Lâché par la communauté internationale, il convoque le 11 mars 2011 le général qui dit l’avoir conseillé en ces termes : "Monsieur le président, démissionnez. (...) Il y a déjà trop de morts." "N’en parle à personne", rétorque M. Gbagbo. <br />   <br />  Le soir-même, le général reçoit Charles Blé Goudé, chef du mouvement des Jeunes Patriotes (milice pro-Gbabgo). Sa "venue (...), c’était un peu pour me donner le baiser de la mort". <br />   <br />  Des hommes qui tiraient "à la kalach, au RPG" attaquent le 14 mars sa résidence située à Yopougon, fief de M. Gbagbo à Abidjan. Lorsqu’il rapporte les faits au président Gbagbo, celui-ci dit simplement à propos de l’identité des assaillants : "J’ai ma petite idée là-dessus". <br />   <br />  Ainsi, la demande de confidence "était un test" pour "savoir si j’étais franc et loyal", a affirmé l’ancien militaire. Nommé chef d’état-major en novembre 2004, Philippe Mangou était demeuré fidèle à Gbagbo jusqu’en 2011 même si il était resté en retrait et avait perdu une bonne part du contrôle de ses hommes. <br />   <br />  En pleine bataille d’Abidjan entre forces pro-Gbagbo et combattants pro-Ouattara appuyés par la France et l’ONU, il fait défection et se réfugie le 30 mars chez l’ambassadeur sud-africain. <br />   <br />  "J’avais compris que j’étais entre deux feux: mon propre camp qui me rejetait, qui pensait que j’étais en train de le trahir, et les autres frères (pro-Ouattara) qui étaient en train d’arriver". <br />   <br />  Finalement, à la suite d’une demande de Ouattara d’organiser un cessez-le-feu, il se rend à la résidence présidentielle, avec l’intention de tenter à nouveau de convaincre Laurent Gbagbo de démissionner : "Mais je n’ai pas eu le courage." <br />   <br />  Le cessez-le-feu échoue et "le 11 (avril), on voit le président (Gbagbo) sortir encagoulé". <br />  Il fait ensuite allégeance "au nom de toutes les forces" à Ouattara. Il sera nommé ambassadeur de Côte d’Ivoire au Gabon en 2012. Le procès de Gbagbo, premier ex-chef d’Etat remis à la CPI, s’est ouvert le 28 janvier 2016 et devrait durer trois à quatre ans. <br />   <br />  Les juges ont révélé mardi avoir refusé sa demande de libération pour le reste de son procès, la défense n’ayant "pas fourni des conditions concrètes et solides qui garantiraient la présence de M. Gbagbo à son procès s’il est libéré".
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