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"il y a un possible remariage entre Baldé et Benno Book Yaakaar"

Lundi 1 Novembre 2021

 Arrivé 3e lors du dernier scrutin présidentiel, derrière le président Macky Sall, réélu, et Idrissa Seck, 2e, le chef de file de Pastef / Les Patriotes se lance à la conquête de la Mairie de Ziguinchor. Dans une véritable démonstration de force, il a officialisé sa candidature, samedi, devant un parterre de partisans acquis à sa cause.

Après la Présidentielle de 2019 où il était arrivé largement en tête dans la région de Ziguinchor, avec 41 291 voix, contre 32 846 pour les nombreux responsables politiques de la majorité présidentielle dans la ville, Sonko va-t-il transformer l’essai, lors des élections locales du 23 janvier prochain ? Pour répondre à nos interrogations, Emedia a donné la parole au journaliste et observateur de la vie politique à Ziguinchor, Mohamed Tidiane Ndiaye.

Avis d’expert

"On ne peut pas analyser la candidature de Sonko sans mesurer et peser les risques qu’elle englobe, campe-t-il, interpellé sur les motivations de l’opposant et leader de Pastef / Les Patriotes. Effectivement, en arrivant 1er lors de la dernière compétition électorale avec un score de plus de 57%, Ousmane Sonko avait véritablement annoncé que Ziguinchor restera son bastion électoral."

Mais aujourd’hui, deux ans après, est-ce que la donne a changé ? Est-ce que la photographie de février 2019 sera la même au soir du 23 janvier 2022 ? Le confrère en doute fort. Car explique-t-il : "Sonko, ce n’est pas par hasard qu’il attende la dernière ligne droite pour déclarer officiellement sa candidature." Il croit savoir que Sonko "mesurait cette candidature." Car, "il y a deux risques", pronostique notre interlocuteur : "s’il ne gagne pas, il perd sa base électorale. Il serait déplumé dans son envol vers la présidentielle de 2024", lâche-t-il.


 
Le journaliste de poursuivre : "même s’il remporte les locales, Sonko élu maire, il y a un risque. Il donnera (l’opportunité) aux Sénégalais de le juger sur un exercice de gestion de gouvernance locale, pendant deux ans. Ces militants, les observateurs pourront mesurer entre les déclarations de Sonko et ce qu’il va réaliser, le comportement d’élu qu’il aura comme premier magistrat de la ville de Ziguinchor." "Quoi qu’il en soit, cet exercice sera sanctionné en 2024, soit positivement soit négativement", appuie Ndiaye.

Les forces en présence

Sur les forces en présence, Baldé n’ayant pas encore déclaré sa candidature, il décrit deux pôles officiels : le ticket Benoît Sambou – Seydou Sané, pour le compte de Benno Bokk Yakaar (BBY) et bien sûr Yewwi Askan Wi (YAW) avec Ousmane Sonko comme candidat. Avec l’officialisation du maire sortant Abdoulaye Baldé, trois pôles se dégageront finalement.

Pourquoi trois pôles ? Quid de l’alliance Baldé – Sonko ? "Est-ce qu’Abdoulaye Baldé va franchir le rubicond et s’allier avec Sonko ? J’en doute. Parce que si Baldé s’allie à Sonko, cela équivaut à enterrer ses ambitions présidentielles. Sonko va lui faire de l’ombre en perspective desdites joutes. Il est dans ces calculs-là. Va-t-il aller sous sa propre bannière ? Ou va-t-il revenir vers BBY ?"
Sur ce point, notre interlocuteur est catégorique : "il y a un possible remariage entre Baldé et BBY, jusqu’au 4 novembre, date de la clôture du dépôt officiel des listes. On sera édifié sur ça. Mais si Baldé retourne dans la coalition présidentielle, ce ne sera pas une surprise pour moi. Toutefois, s’il fait le calcul pour aller sous sa propre bannière, il y aura une configuration en trois pôles (dont) le ticket Sambou - Sané pour contrer cette fibre ethniciste dont bénéficie Sonko."

Le ticket Baldé – Sonko ?

Dans tous les cas, dit-il, "s’il y a trois pôles, il y aura match à Ziguinchor. Je ne suis pas d’avis avec la très répandue opinion selon laquelle Sonko va rafler la mise dès le soir du 23 janvier 2022. S’il y a trois pôles, ça va se jouer dans un mouchoir de poche. Ce sera un championnat, du vrai ’’raw gadou’’ certes, mais attention ! Parce qu’à Ziguinchor, l’électorat tourne autour de trois à quatre quartiers : Tillène, Lindiane, Boucotte, Kandialan. Parmi ces trois pôles, chaque pôle a une assise bien solide, et cela peut basculer d’un camp comme dans d’un autre. Il y aura match et cela va se jouer dans un mouchoir de poche."

 

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