Ziguinchor : le siège de l’aile politique du MFDC démoli le jour anniversaire de l’assassinat de son fondateur

Mardi 27 Octobre 2026

La gendarmerie nationale a engagé, ce mardi 27 octobre 2026, une opération de démantèlement du siège de l’aile politique du Mouvement des forces démocratiques de la Casamance (MFDC), communément appelé « Mangoukouro », situé au quartier Lyndiane Coboda, à la périphérie de Ziguinchor. Une intervention qui retient particulièrement l’attention en raison de sa date : elle intervient exactement sept ans après l’assassinat d’Abdou Elinkine Diatta, fondateur de ce siège et ancien porte-parole de l’abbé Augustin Diamacoune Senghor. Une coïncidence qui ne passe pas inaperçue dans cette région marquée par plusieurs décennies de conflit.

Le siège historique de l’aile politique du Mouvement des forces démocratiques de la Casamance (MFDC) est en cours de démolition. Ce mardi 27 octobre, les éléments de la gendarmerie de Ziguinchor ont investi le site de « Mangoukouro », implanté au quartier Lyndiane Coboda, pour procéder à son démantèlement.

Considéré depuis plusieurs années comme un lieu de rencontre et de concertation des membres de cette branche politique du mouvement indépendantiste, le site est étroitement associé à la mémoire d’Abdou Elinkine Diatta, figure connue du MFDC et ancien collaborateur de l’abbé Augustin Diamacoune Senghor.Au moment où nous mettions sous presse, les opérations se poursuivaient sur les lieux, sans incident majeur signalé.

Une démolition à une date particulièrement symbolique

Au-delà de l’opération menée par les forces de sécurité, c’est surtout le choix de la date qui attire l’attention. En effet, ce mardi 27 octobre 2026 marque exactement le septième anniversaire de l’assassinat d’Abdou Elinkine Diatta, tué le 27 octobre 2019 dans son village natal de Mlomp, situé dans le département de Bignona.

Une coïncidence troublante : sept ans jour pour jour après la disparition de celui qui avait fondé et animé ce siège politique, les bâtiments de « Mangoukouro » font l’objet d’une opération de démolition. Simple hasard de calendrier ou choix délibéré ? À ce stade, aucun élément ne permet d’établir un lien entre la date retenue pour l’opération et l’anniversaire de l’assassinat de l’ancien responsable du MFDC.

La coïncidence n’en demeure pas moins remarquable au regard de l’histoire de ce site et de la place qu’occupait son fondateur au sein du mouvement.

Abdou Elinkine Diatta, une figure de l’aile politique du MFDC

Ancien porte-parole de l’abbé Augustin Diamacoune Senghor, figure historique du MFDC décédée en 2007, Abdou Elinkine Diatta s’était progressivement imposé comme l’un des responsables de la branche politique du mouvement.

Après la disparition de son mentor, il avait poursuivi ses activités à Ziguinchor, où le siège de « Mangoukouro » était devenu un lieu de rassemblement et d’échanges pour ses partisans. Présenté comme un partisan d’une approche politique et du dialogue dans la résolution du conflit casamançais, Abdou Elinkine Diatta avait également revendiqué la direction du MFDC, dans un contexte de divisions internes au mouvement. Son assassinat, survenu en octobre 2019, avait profondément marqué les milieux proches du mouvement indépendantiste.

Retour sur l’assassinat du 27 octobre 2019

Le dimanche 27 octobre 2019, Abdou Elinkine Diatta participait à une cérémonie traditionnelle dans son village natal de Mlomp, dans le département de Bignona, lorsqu’il a été pris pour cible par des hommes armés.

Selon les informations recueillies à l’époque, deux individus circulant à bord d’une moto de type Jakarta avaient fait irruption sur les lieux avant d’ouvrir le feu.

L’ancien porte-parole de l’abbé Diamacoune Senghor avait été grièvement atteint par plusieurs balles. Il avait succombé à ses blessures avant de pouvoir être évacué.

D’autres personnes présentes à la cérémonie avaient également été touchées par les tirs.

Les premiers bilans faisaient état d’au moins deux morts et de plusieurs blessés, tandis que certaines informations publiées par la suite évoquaient un bilan de trois décès.

Cette attaque avait provoqué une vive émotion en Casamance et soulevé de nombreuses interrogations sur ses motivations et l’identité de ses auteurs.

Hamidou Djiba avait pris la succession

Après la disparition d’Abdou Elinkine Diatta, Hamidou Djiba lui avait succédé à la tête de cette branche politique du MFDC, poursuivant les activités de ses partisans autour du siège de « Mangoukouro ».

Selon les informations recueillies, ce dernier avait été arrêté au cours de l’année 2026 dans une affaire liée à des troubles à l’ordre public, avant d’être remis en liberté au mois de septembre.

Son arrestation avait constitué un autre épisode dans l’histoire récente de cette aile du mouvement.

Une nouvelle page dans l’histoire de « Mangoukouro »

Avec le démantèlement engagé ce mardi, c’est un lieu chargé d’histoire pour une partie des militants du MFDC qui est appelé à disparaître.

L’opération intervient dans un contexte où la question de la paix définitive en Casamance demeure un enjeu majeur, après plusieurs décennies de conflit.

Si les motifs précis et les suites de cette opération restent à éclaircir, sa concomitance avec le septième anniversaire de l’assassinat d’Abdou Elinkine Diatta lui confère une portée symbolique particulière.

Le 27 octobre 2019, l’ancien responsable du MFDC tombait sous les balles à Mlomp. Sept ans plus tard, le 27 octobre 2026, le siège politique qu’il avait fondé à Ziguinchor est démantelé par la gendarmerie.
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