À la suite d’une concertation d’urgence tenue ce dimanche 17 mai 2026 à Ziguinchor, l’Union pour la Croissance de la Pêche du Sud (UCEPS), par la voix de son président Adama Ndaw, est sortie de son silence pour dénoncer ce qu’elle qualifie de « dérives flagrantes » dans l’application de l’arrêté n°009965 du 30 avril 2026 portant « dégel partiel » des licences de pêche démersale côtière.
Face à la presse, Adama Ndaw a fustigé « des méthodes d’attribution opaques qui bafouent l’esprit de transparence et de rupture prôné par le slogan national “Jub, Jubal, Jubanti” ». Selon lui, l’organisation souhaite mettre en lumière plusieurs urgences liées au secteur de la pêche dans le Sud du pays, à commencer par « l’ombre des lobbies industriels » dans l’attribution des licences. « Pendant que l’économie de la Casamance suffoque, l’UCEPS dénonce avec la dernière énergie l’influence démesurée de lobbies industriels de Dakar qui, de manière opaque et loin de toute rigueur administrative, s’octroient un accès privilégié à nos ressources démersales côtières », a déclaré le président de l’UCEPS.
Il estime que cette gestion est « aux antipodes du “Jub” (droiture) et de la rupture attendue ». L’organisation rappelle également que les armateurs locaux disposent déjà de navires opérationnels battant pavillon national et prêts à être exploités immédiatement. « L’octroi immédiat d’un quota régional sanctuarisé de licences pour ces navires est la seule voie pour stabiliser les prix et assurer la souveraineté alimentaire sur nos marchés », a insisté Adama Ndaw.
Abordant la question de la conditionnalité scientifique, l’UCEPS estime que toute modification du moratoire biologique instauré en 2006 par l’arrêté n°005166 ne peut être décidée « à l’aveugle ou sous la pression d’intérêts financiers ». « Fidèle au principe de redressement (“Jubanti”), l’UCEPS exige que la réouverture de la pêche démersale soit conditionnée par la publication et la vulgarisation immédiates des derniers rapports d’évaluation scientifique du CRODT », a ajouté le président de l’organisation, faisant référence au Centre de Recherches Océanographiques de Dakar-Thiaroye (CRODT).
L’organisation a également évoqué le cas du navire « SIDIA 1 », qu’elle présente comme le symbole des difficultés structurelles du port de Ziguinchor. « L’administration s’empresse d’ouvrir l’accès aux ressources maritimes tout en abandonnant le port de Ziguinchor à un ensablement chronique », a dénoncé Adama Ndaw. Selon lui, une récente tentative d’accostage du navire s’est soldée par « un grave accident mécanique majeur » en raison de l’insuffisance de profondeur du chenal, mettant en danger l’équipage. Le bateau est actuellement immobilisé pour réparation.
Face à cette situation, l’UCEPS exige « l’application du “Jubal” (transparence) » à travers la publication immédiate du calendrier des travaux de dragage d’urgence du chenal d’accès au port de Ziguinchor. L’organisation réclame enfin la tenue rapide d’une table ronde territoriale à Ziguinchor regroupant armateurs, industriels et mareyeurs locaux. « Aucune réforme ne sera acceptée sans une concertation inclusive associant la base », a conclu le président de l’UCEPS.