Ziguinchor : démantèlement d’un vaste réseau de fraude à l’état civil impliquant plusieurs agents municipaux

Samedi 9 Mai 2026

L’Antenne régionale de la Division nationale de lutte contre le trafic de migrants (DNLT) de Ziguinchor a déféré, le 8 mai 2026, sept individus devant le Parquet du Tribunal de grande instance de Ziguinchor. Ils sont poursuivis pour association de malfaiteurs, faux et usage de faux en écritures publiques, complicité et obtention indue de documents administratifs.

L’affaire a éclaté à la suite d’un contrôle de routine effectué au poste de Cantène. Les agents y ont interpellé une ressortissante étrangère en possession d’un extrait et d’une copie littérale d’acte de naissance délivrés par la mairie de Kaour, datant de 2009, et présentant des indices de fraude. Entendue par les enquêteurs, l’intéressée a reconnu avoir obtenu ces documents contre la somme de 20 000 FCFA, par l’intermédiaire d’un agent municipal basé à Niaguis, en complicité avec un responsable de l’état civil de Kaour.

L’exploitation des téléphones saisis a ensuite permis de mettre au jour un réseau plus large impliquant plusieurs agents et officiers d’état civil. Un démarcheur basé à Ziguinchor a été arrêté en possession de centaines de données fictives provenant de plusieurs communes, notamment Kaour, Niaguis, Ziguinchor, Enampore et Djouloulou. Les enquêteurs ont également découvert des certificats de nationalité et des casiers judiciaires falsifiés. Les agents et responsables interpellés auraient reconnu leur implication dans le système frauduleux. Selon les éléments de l’enquête, les tarifs des actes falsifiés variaient entre 6 000 et 250 000 FCFA, en fonction de l’ancienneté des documents et du profil des bénéficiaires, principalement des ressortissants étrangers.

Le réseau fonctionnait selon des méthodes sophistiquées visant à contourner les procédures administratives. Les enquêteurs ont notamment relevé l’utilisation de registres parallèles, l’attribution de numéros officiels inexistants, l’exploitation d’espaces vacants dans les registres après clôture, ainsi que des surcharges et falsifications destinées à substituer des identités au profit de tiers étrangers. Les investigations se poursuivent afin d’identifier l’ensemble des ramifications de ce réseau présumé de fraude documentaire à grande échelle.
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