Xénophobie : le Nigeria suspend sa coopération parlementaire avec l’Afrique du Sud

Dimanche 13 Septembre 2026

Le Nigeria a décidé de durcir sa réponse aux violences visant ses ressortissants en Afrique du Sud. L’Assemblée nationale nigériane a suspendu, jusqu’à nouvel ordre, les déplacements officiels de ses parlementaires dans le pays ainsi que leur participation aux activités organisées par les institutions législatives sud-africaines.

La décision a été prise conjointement par le président du Sénat, Godswill Akpabio, et le président de la Chambre des représentants, Abbas Tajudeen. Elle s’applique aux sénateurs, députés, commissions parlementaires, responsables administratifs et autres personnels de l’Assemblée nationale.

La suspension couvre notamment les conférences, réunions, séminaires, ateliers et programmes d’échanges avec les institutions parlementaires sud-africaines. Selon la directive, même les rencontres virtuelles sont concernées. Des dérogations pourront toutefois être accordées sur autorisation préalable de la direction du Parlement.

Abuja justifie cette mesure par les attaques et actes d’intimidation signalés contre des Nigérians et d’autres ressortissants africains vivant en Afrique du Sud. Le greffier de l’Assemblée nationale, Kamoru Ogunlana, évoque des personnes tuées ou blessées, des déplacements forcés ainsi que des ressortissants contraints d'abandonner leurs commerces, logements et investissements.

Le Parlement nigérian demande aux autorités sud-africaines de renforcer la protection des étrangers, d’enquêter sur les violences signalées et de poursuivre leurs auteurs. Les assemblées législatives des différents États du Nigeria ont également été invitées à envisager des mesures similaires.

L’Assemblée nationale précise toutefois que cette décision ne constitue pas une remise en cause des relations diplomatiques et historiques entre Abuja et Pretoria. Elle estime néanmoins que la normalisation de la coopération interparlementaire doit être liée à la garantie de la sécurité des ressortissants étrangers et de leurs biens.

La situation a déjà entraîné d'importantes opérations d’évacuation. Selon les chiffres communiqués par la représentation diplomatique nigériane et cités par LSI Africa, 1 699 Nigérians avaient été évacués d’Afrique du Sud depuis le début de l’année au 9 septembre, avec le concours de la compagnie Air Peace. Le Ghana a, de son côté, rapatrié 1 964 de ses ressortissants entre le 27 mai et le 4 septembre.
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