Visa : les Africains ne sont plus les bienvenus aux États-Uniss :

Samedi 13 Juin 2026

Obtenir un visa pour les États-Unis devient de plus en plus difficile pour de nombreux ressortissants africains. Entre délais d'attente interminables, restrictions renforcées et réduction annoncée du nombre d'ambassades habilitées à délivrer des visas, les candidats au voyage dénoncent un durcissement sans précédent de la politique migratoire américaine.


Au Cameroun, Bernadette, dont la fille poursuit des études de médecine à l'Université de Berkeley, affirme dans "Jeune Afrique" devoir attendre plusieurs mois pour renouveler son visa touristique. Habituée à se rendre régulièrement aux États-Unis, elle estime que la situation s'est considérablement dégradée ces derniers mois.

« J’ai pris rendez-vous début juin pour renouveler un simple visa touristique, et je dois attendre au moins jusqu’en août pour espérer l’obtenir », témoigne-t-elle. Elle déplore également l'allongement des files d'attente devant l'ambassade américaine à Yaoundé et un accueil qu'elle juge de plus en plus difficile.

Ces difficultés touchent désormais de nombreux Africains et suscitent de vives réactions sur les réseaux sociaux. Elles ont pris une dimension particulière à l'approche de la Coupe du monde de football, plusieurs groupes de supporters africains ayant rencontré des obstacles pour se rendre aux États-Unis.

Les supporters des Éléphants de Côte d'Ivoire ont notamment renoncé au déplacement. « Les États-Unis ont été clairs avec nous en disant qu’ils ne voulaient pas voir nos supporters », a regretté Julien Kouadio Adonis, président du Comité national des supporters des Éléphants.

Depuis le début de l'année, les ressortissants de nombreux pays africains sont soumis à des restrictions accrues. Washington a également annoncé une profonde réorganisation de son réseau diplomatique sur le continent. Alors que quarante-neuf ambassades étaient jusqu'ici habilitées à traiter les demandes de visas, ce nombre devrait être réduit à une vingtaine.

Cette réforme obligera certains demandeurs à effectuer leurs démarches dans des pays voisins. Ainsi, les ressortissants béninois devront se rendre au Nigeria, tandis que plusieurs pays d'Afrique centrale dépendront désormais de l'ambassade américaine de Yaoundé.

Après l'élargissement du « travel ban » et l'instauration de cautions pouvant atteindre 15 000 dollars pour certains détenteurs de visas, cette nouvelle mesure est perçue comme une étape supplémentaire dans le durcissement de la politique américaine à l'égard des voyageurs africains.

Selon les données de l'International Trade Administration, le nombre d'Africains se rendant aux États-Unis a déjà chuté de 25 % entre janvier et mars 2026 par rapport à la même période de l'année précédente.

Pour Melvin Foote, président de l'organisation Constituency for Africa, cette orientation risque d'affaiblir les relations entre Washington et le continent africain. « Certaines personnes au sein de cette administration considèrent que le slogan Make America Great Again passe notamment par le fait d’empêcher les Africains d’entrer dans le pays. Si notre objectif est réellement de bâtir des partenariats avec l’Afrique, c’est exactement l’inverse de ce qu’il faudrait faire », a-t-il déclaré.

Face à ces nouvelles restrictions, de nombreux Africains redoutent que l'accès au territoire américain ne devienne encore plus complexe dans les mois à venir.
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