Viande jusqu’à 6 500 FCFA le kilo : les éleveurs expliquent la flambée des prix

Dimanche 23 Aout 2026

À l’approche du Gamou, les prix de la viande connaissent une nouvelle hausse sur plusieurs marchés du Sénégal. Le kilogramme de mouton peut atteindre 6 500 FCFA à Dakar. Difficultés d’approvisionnement en bétail, transhumance, transport, alimentation animale et multiplication des intermédiaires sont avancés pour expliquer cette situation. Le président de la Convergence des éleveurs du Sénégal, le député Aliou Dembourou Sow, appelle les différents acteurs de la chaîne à la modération.

À quelques jours du Gamou, les ménages constatent une nouvelle augmentation des prix de la viande. Pour Aliou Dembourou Sow, cette flambée résulte de plusieurs facteurs qui affectent actuellement le secteur de l’élevage. Le président de la Convergence des éleveurs du Sénégal évoque d’abord les conditions de l’hivernage et les déplacements du cheptel.

« À cette période, le bétail n’est pas encore fixé dans une zone précise », explique-t-il. Certaines localités n’ayant pas reçu suffisamment de pluies, des éleveurs sont contraints de déplacer leurs troupeaux à la recherche d’eau et de pâturages. Tambacounda, Kédougou, Ranérou, Dahra Djolof ou encore Diaobé figurent ainsi parmi les principales zones d’approvisionnement.

Ces déplacements sur de longues distances génèrent cependant des coûts supplémentaires qui se répercutent sur le circuit de commercialisation.

Moins de bovins en provenance du Mali et de la Mauritanie

À ces difficultés s’ajoute, selon Aliou Dembourou Sow, une diminution des arrivages de bovins provenant des pays voisins, particulièrement du Mali et de la Mauritanie. Cette baisse de l’approvisionnement extérieur intervient alors que la demande augmente avec les grandes manifestations religieuses. Après le Magal, le Gamou constitue en effet une période de forte consommation de viande, accentuant la pression sur l’offre disponible.

Jusqu’à 6 500 FCFA le kilogramme de mouton à Dakar

Les prix varient considérablement en fonction des localités et des circuits d’approvisionnement. Aliou Dembourou Sow indique avoir constaté à Dakar, il y a environ deux semaines, un prix avoisinant 5 000 FCFA le kilogramme pour la viande de bœuf. Pour le mouton, le kilogramme pouvait atteindre 6 000 à 6 500 FCFA.

À Vélingara Ferlo, dans le département de Ranérou, le kilogramme de bœuf est actuellement commercialisé autour de 4 000 FCFA, contre environ 6 000 FCFA pour le mouton. Le prix du kilogramme de bœuf oscillait auparavant entre 3 500 et 4 500 FCFA selon les périodes.

Les intermédiaires pointés du doigt

Le président de la Convergence des éleveurs du Sénégal refuse cependant de faire porter aux seuls producteurs la responsabilité de cette hausse. Selon lui, les éleveurs vendent généralement leurs animaux après une négociation directe avec l’acheteur et non sur la base d’un prix fixé au kilogramme.

« La hausse ne vient donc pas directement de l’éleveur », soutient-il. Aliou Dembourou Sow pointe notamment la multiplication des intermédiaires entre le producteur et le consommateur.Entre l’éleveur, le commerçant qui achète les animaux dans les loumas, le convoyeur et le boucher, plusieurs intervenants se succèdent avant que la viande n’arrive sur les étals.

« Le produit ne passe pas directement de l’éleveur au consommateur », relève-t-il.

Chaque intermédiaire supporte des dépenses et applique une marge. Les frais de transport, de déplacement et d’entretien des animaux finissent ainsi par être intégrés au prix de vente final.

Le coût de l’aliment de bétail pèse également

Les éleveurs sont eux-mêmes confrontés à l’augmentation du coût de l’alimentation animale. Avant l’installation effective de l’hivernage, le prix de l’aliment de bétail avait augmenté, renchérissant l’entretien des troupeaux. Face à cette situation, Aliou Dembourou Sow plaide pour des réponses structurelles afin de réduire les coûts de production et d’améliorer l’approvisionnement du marché national.

L’État appelé à renforcer son accompagnement

Le député salue le dialogue engagé entre les autorités et les professionnels de l’élevage. Il cite notamment les récents déplacements effectués avec le ministre de l’Élevage, Ousmane Diagne, à Dahra Djolof, au Ranch de Dolly, à Matam, Wouro Sogui et Sinthiou Bamambé. Aliou Dembourou Sow appelle l’État à poursuivre les efforts consacrés au financement de l’élevage, au développement des cultures fourragères et à l’amélioration de l’accès à l’eau.

Il préconise également un renforcement des mécanismes de financement avec les banques et des structures comme le Fongip. L’objectif est de diminuer le coût de l’alimentation animale, d'accroître l'offre de bétail destiné à la consommation et, à terme, de limiter les hausses de prix supportées par les consommateurs.

Avec l'OBS
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