Alors que l’Assemblée nationale doit examiner la création d’une commission d’enquête sur le programme « Un étudiant, un ordinateur », le nom d’Abdourahmane Diouf s’est retrouvé au centre des premières accusations relayées dans la presse. Pourtant, à la lecture de la proposition de résolution et de plusieurs documents cités par L’Observateur, le dossier apparaît beaucoup plus large et soulève une question de procédure sur la nature même des opérations du programme.
Le programme « Un étudiant, un ordinateur » entre dans le viseur de l’Assemblée nationale. Les députés doivent se pencher sur une proposition de résolution visant à créer une commission d’enquête parlementaire chargée d’examiner les irrégularités présumées dans la passation et l’exécution des marchés liés à ce dispositif depuis 2017.
Selon les éléments rapportés par la presse, les engagements cumulés du programme sont estimés à environ 48 milliards de francs CFA, sur une base annuelle proche de six milliards. La commission envisagée devrait toutefois couvrir une période beaucoup plus large que le passage d’un seul ministre au département de l’Enseignement supérieur.
L’Observateur relève une particularité : alors que le nom d’Abdourahmane Diouf a largement circulé dans le débat médiatique, celui-ci ne figurerait pas nommément dans la proposition de résolution consultée par le quotidien.
Le texte viserait plutôt de manière globale les ministres, directeurs, chefs de service et collaborateurs ayant exercé des responsabilités durant la période concernée. Sont également évoqués les services relevant de l’Enseignement supérieur, des Finances et du Budget, ainsi que les structures chargées de la commande publique et de sa régulation.
Une précision importante puisque le programme est examiné depuis 2017, alors qu’Abdourahmane Diouf n’a dirigé le ministère de l’Enseignement supérieur qu’à partir d’avril 2024, avant de quitter ses fonctions en 2025. Le dossier concerne donc plusieurs années de gestion et plusieurs responsables successifs.
Un autre « Diouf » apparaît dans les documents
Dans les pièces examinées par L’Observateur, un autre nom revient : celui du professeur Abdou Aziz Diouf, alors responsable de l’Enseignement supérieur. Le quotidien cite notamment une convention de mise en œuvre conclue en avril 2025 avec Computer Land pour la fourniture de 20 000 ordinateurs. Le document aurait fixé le prix unitaire d’un ordinateur HP G10 équipé notamment d’un processeur AMD Ryzen 3, de 8 Go de RAM et d’un SSD de 512 Go à 230 000 francs CFA, soit un montant global de 4,6 milliards de francs CFA.
Ces éléments ne permettent toutefois pas, à eux seuls, d’établir l’existence d’une infraction. Ils font partie des pièces susceptibles d’être examinées dans le cadre des investigations parlementaires.
C’est surtout sur la nature juridique du programme que L’Observateur soulève une interrogation. Le manuel de procédure du programme, actualisé en 2017, indiquerait que le dispositif ne fonctionne pas comme une commande publique et qu’aucun marché n’est conclu entre le ministère et les fournisseurs d’équipements.
Une formulation qui pose question puisque la proposition de résolution parlementaire est précisément présentée comme visant à examiner d’éventuelles irrégularités dans la passation et l’exécution des marchés du programme.
Autrement dit, une interrogation se dégage : si le programme est encadré par une procédure qui affirme qu’il ne fonctionne pas comme une commande publique, sur quelle base juridique les opérations concernées sont-elles qualifiées de marchés publics ?
Les documents budgétaires cités par L’Observateur apporteraient un autre élément au débat. Certaines fiches relatives à l’exécution des crédits du ministère indiqueraient, à la rubrique consacrée au type de dossier de dépense, la mention « l’engagement est hors marché ». Cette contradiction apparente pourrait donc constituer l’un des points importants à éclaircir par les parlementaires.
Abdourahmane Diouf se dit prêt à répondre
L’ancien ministre, aujourd’hui ministre du Pétrole, n’a pas affiché de volonté de se soustraire à une éventuelle audition. Il s’est au contraire déclaré favorable à une commission d’enquête et a souhaité que les travaux soient conduits dans la transparence. Il a notamment demandé que les auditions puissent être publiques et retransmises afin que les Sénégalais puissent suivre les débats.
Abdourahmane Diouf estime également que les investigations ne devraient pas se limiter aux responsables politiques, mais s’intéresser aux responsables administratifs et techniques ayant participé à la mise en œuvre du programme.
Des difficultés persistent autour du programme
Le dossier ne se limite pas à la question des procédures de passation. Le fonctionnement du programme suscite également des interrogations du côté des étudiants.
La Fédération nationale des étudiants de l’Université numérique Cheikh Hamidou Kane affirme notamment que plus de 1 700 étudiants n’auraient toujours pas reçu leurs allocations destinées à l’acquisition d’un ordinateur.
En avril 2026, Le Quotidien rapportait par ailleurs que le programme devait évoluer vers une allocation forfaitaire de 250 000 francs CFA pour l’équipement numérique des étudiants, sur fond d’irrégularités constatées dans la commande publique.
La création de la commission d’enquête doit permettre de déterminer les responsabilités éventuelles et de faire la lumière sur la gestion financière et administrative du programme depuis 2017.
Mais avant même le début de ses travaux, une question apparaît déjà centrale : le dossier concerne-t-il réellement une seule personnalité politique ou doit-il être analysé sur l’ensemble de la chaîne administrative et financière du programme ?
Au-delà de la polémique autour d’Abdourahmane Diouf, l’enjeu sera donc de déterminer précisément les procédures utilisées, les responsabilités de chacun et la nature juridique des opérations réalisées au fil des différentes éditions du programme.
C’est précisément sur ces éléments que les auditions et les documents que pourrait recueillir la commission seront particulièrement attendus.
Le programme « Un étudiant, un ordinateur » entre dans le viseur de l’Assemblée nationale. Les députés doivent se pencher sur une proposition de résolution visant à créer une commission d’enquête parlementaire chargée d’examiner les irrégularités présumées dans la passation et l’exécution des marchés liés à ce dispositif depuis 2017.
Selon les éléments rapportés par la presse, les engagements cumulés du programme sont estimés à environ 48 milliards de francs CFA, sur une base annuelle proche de six milliards. La commission envisagée devrait toutefois couvrir une période beaucoup plus large que le passage d’un seul ministre au département de l’Enseignement supérieur.
L’Observateur relève une particularité : alors que le nom d’Abdourahmane Diouf a largement circulé dans le débat médiatique, celui-ci ne figurerait pas nommément dans la proposition de résolution consultée par le quotidien.
Le texte viserait plutôt de manière globale les ministres, directeurs, chefs de service et collaborateurs ayant exercé des responsabilités durant la période concernée. Sont également évoqués les services relevant de l’Enseignement supérieur, des Finances et du Budget, ainsi que les structures chargées de la commande publique et de sa régulation.
Une précision importante puisque le programme est examiné depuis 2017, alors qu’Abdourahmane Diouf n’a dirigé le ministère de l’Enseignement supérieur qu’à partir d’avril 2024, avant de quitter ses fonctions en 2025. Le dossier concerne donc plusieurs années de gestion et plusieurs responsables successifs.
Un autre « Diouf » apparaît dans les documents
Dans les pièces examinées par L’Observateur, un autre nom revient : celui du professeur Abdou Aziz Diouf, alors responsable de l’Enseignement supérieur. Le quotidien cite notamment une convention de mise en œuvre conclue en avril 2025 avec Computer Land pour la fourniture de 20 000 ordinateurs. Le document aurait fixé le prix unitaire d’un ordinateur HP G10 équipé notamment d’un processeur AMD Ryzen 3, de 8 Go de RAM et d’un SSD de 512 Go à 230 000 francs CFA, soit un montant global de 4,6 milliards de francs CFA.
Ces éléments ne permettent toutefois pas, à eux seuls, d’établir l’existence d’une infraction. Ils font partie des pièces susceptibles d’être examinées dans le cadre des investigations parlementaires.
C’est surtout sur la nature juridique du programme que L’Observateur soulève une interrogation. Le manuel de procédure du programme, actualisé en 2017, indiquerait que le dispositif ne fonctionne pas comme une commande publique et qu’aucun marché n’est conclu entre le ministère et les fournisseurs d’équipements.
Une formulation qui pose question puisque la proposition de résolution parlementaire est précisément présentée comme visant à examiner d’éventuelles irrégularités dans la passation et l’exécution des marchés du programme.
Autrement dit, une interrogation se dégage : si le programme est encadré par une procédure qui affirme qu’il ne fonctionne pas comme une commande publique, sur quelle base juridique les opérations concernées sont-elles qualifiées de marchés publics ?
Les documents budgétaires cités par L’Observateur apporteraient un autre élément au débat. Certaines fiches relatives à l’exécution des crédits du ministère indiqueraient, à la rubrique consacrée au type de dossier de dépense, la mention « l’engagement est hors marché ». Cette contradiction apparente pourrait donc constituer l’un des points importants à éclaircir par les parlementaires.
Abdourahmane Diouf se dit prêt à répondre
L’ancien ministre, aujourd’hui ministre du Pétrole, n’a pas affiché de volonté de se soustraire à une éventuelle audition. Il s’est au contraire déclaré favorable à une commission d’enquête et a souhaité que les travaux soient conduits dans la transparence. Il a notamment demandé que les auditions puissent être publiques et retransmises afin que les Sénégalais puissent suivre les débats.
Abdourahmane Diouf estime également que les investigations ne devraient pas se limiter aux responsables politiques, mais s’intéresser aux responsables administratifs et techniques ayant participé à la mise en œuvre du programme.
Des difficultés persistent autour du programme
Le dossier ne se limite pas à la question des procédures de passation. Le fonctionnement du programme suscite également des interrogations du côté des étudiants.
La Fédération nationale des étudiants de l’Université numérique Cheikh Hamidou Kane affirme notamment que plus de 1 700 étudiants n’auraient toujours pas reçu leurs allocations destinées à l’acquisition d’un ordinateur.
En avril 2026, Le Quotidien rapportait par ailleurs que le programme devait évoluer vers une allocation forfaitaire de 250 000 francs CFA pour l’équipement numérique des étudiants, sur fond d’irrégularités constatées dans la commande publique.
La création de la commission d’enquête doit permettre de déterminer les responsabilités éventuelles et de faire la lumière sur la gestion financière et administrative du programme depuis 2017.
Mais avant même le début de ses travaux, une question apparaît déjà centrale : le dossier concerne-t-il réellement une seule personnalité politique ou doit-il être analysé sur l’ensemble de la chaîne administrative et financière du programme ?
Au-delà de la polémique autour d’Abdourahmane Diouf, l’enjeu sera donc de déterminer précisément les procédures utilisées, les responsabilités de chacun et la nature juridique des opérations réalisées au fil des différentes éditions du programme.
C’est précisément sur ces éléments que les auditions et les documents que pourrait recueillir la commission seront particulièrement attendus.