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Turquie : proposition de loi pour éliminer les chiens errants soulève une vague d'opposition

Lundi 29 Juillet 2024

Le Parlement turc a commencé ce dimanche 28 juillet l'examen d’une loi très controversée visant à faire disparaître des rues du pays les quelque 4 millions de chiens qui y vivent, le plus souvent nourris par les habitants. La loi proposée prévoit de les enfermer tous dans des fourrières et d’euthanasier une partie d'entre eux, invoquant notamment une hausse des cas de rage et d'accidents liés à ces chiens. Les défenseurs des animaux et l’opposition au sens large, y voient un moyen de tuer en masse ces animaux indésirables, ce dont le pouvoir se défend.


epuis 20 ans, la Turquie se vante de disposer d'une des meilleures lois de protection des animaux au monde. Une loi qui oblige les mairies à stériliser et à vacciner les chiens errants et à les relâcher dans le quartier où ils vivent. Le problème, c'est que cette loi n'a jamais été bien appliquée.

Face à la prolifération des animaux et à ce que le gouvernement présente comme un problème de santé publique, la nouvelle loi impose aux mairies non plus de relâcher les chiens, mais de les garder en fourrière jusqu'à ce qu'ils soient adoptés, et d'euthanasier ceux qui « présentent un risque pour la vie humaine, un comportement nuisible ou une maladie contagieuse ».

« Notre peuple veut des rues sûres », a justifié le président Erdogan, dont le Parti de la justice et du développement (AKP, islamo-conservateur) et ses alliés disposent d'une majorité absolue à l'Assemblée.


L'avocate Tugba Gürsoy, chargée des droits des animaux au barreau d'Ankara, estime que cette formulation ouvre la voie à ce qu'elle appelle « un massacre » de centaines de milliers de chiens.

« Des comportements nuisibles, c'est-à-dire ? Un chien qui aboie beaucoup sera-t-il jugé comme tel ? Et quelle maladie contagieuse ? Va-t-on piquer les chiens qui ont la gale, la teigne ou un rhume ? Va-t-on tuer un chien qui aura mordu une fois ? Cette loi est pleine d'imprécisions qui laissent une marge de manœuvre énorme aux mairies. C'est la raison pour laquelle nous n'avons pas confiance dans le pouvoir », dénonce-t-elle.

Le principal parti d'opposition, le CHP, vainqueur des dernières municipales, promet que ses édiles refuseront les euthanasies. La loi prévoit deux ans de prison pour les maires récalcitrants.

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