Transhumance : Diomaye nomme deux anciens responsables de Benno à des postes stratégiques, ses lieutenants dénoncent

Vendredi 3 Juillet 2026

Le président Bassirou Diomaye Faye semble poursuivre sa politique de renouvellement des responsables occupant des postes de nomination. Lors du Conseil des ministres de ce mercredi, plusieurs personnalités réputées proches de son ancien Premier ministre, Ousmane Sonko, ont été remplacées.


Deux nominations ont toutefois particulièrement retenu l'attention : celles d'Abdourahmane « Doura » Baldé, nommé directeur général de la LONASE, et d'Abdoulaye Niane, désigné délégué général à l'Entrepreneuriat rapide des femmes et des jeunes (DER/FJ).

Ces deux responsables avaient pourtant quitté leurs fonctions en 2024. Abdoulaye Niane avait été révoqué de son poste de directeur général de la BNDE, tandis qu'Abdourahmane « Doura » Baldé avait été remplacé à la tête de la LONASE, après que son départ eut été publiquement réclamé par des militants de PASTEF à Kolda.

Leur retour aux affaires suscite des interrogations dans certains milieux politiques, d'autant qu'ils étaient identifiés au régime de Benno Bokk Yaakaar, qui soutenait la candidature d'Amadou Ba à l'élection présidentielle de 2024.

Il convient également de relever que les deux responsables nouvellement nommés se sont, au fil des années, distingués par leurs prises de position critiques à l'égard d'Ousmane Sonko et de PASTEF. Leurs déclarations publiques, largement relayées dans les médias et sur les réseaux sociaux, les avaient placés parmi les détracteurs les plus en vue du leader du parti. Leur retour aux affaires, au moment où plusieurs responsables réputés proches de M. Sonko sont écartés de leurs fonctions, ne manque pas d'alimenter les interrogations sur les choix opérés par le chef de l'État.

Contactés par Exclusif.net, trois responsables de la coalition Diomaye Président, ayant requis l'anonymat, ont exprimé leurs réserves sur la promotion des responsables de la 25 eme heure. Selon eux, elles pourraient être perçues comme une promotion de la transhumance politique, une pratique que les nouvelles autorités avaient pourtant promis de combattre lors de leur accession au pouvoir.
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