Dans la plus grande discrétion, l’Espagne a autorisé au début de l’année 2025 la vente de huit avions de transport militaire C295 du constructeur européen Airbus à l’Algérie, pour un montant global de 385,2 millions d’euros, selon des informations révélées par des médias espagnols.
D’après le média ibérique Servimedia, le gouvernement espagnol a donné son feu vert à l’exportation de ces appareils au cours du premier semestre 2025, alors même que les deux pays tentaient de normaliser leurs relations diplomatiques après la crise déclenchée en 2022. La transaction aurait été conclue dès janvier 2025, selon les données du rapport officiel sur les exportations de matériel de défense et de biens à double usage publié par le secrétariat d’État espagnol au Commerce.
La vente est restée largement sous silence, tant du côté des médias espagnols y compris spécialisés en Défense — que des médias algériens. Cette discrétion contraste avec la persistance d’un discours officiel et médiatique en Algérie entretenant l’idée d’une crise durable avec Madrid, née du soutien espagnol à l’intégrité territoriale du Maroc sur la question du Sahara.
Un signal stratégique fort
La réalisation d’une telle transaction impliquant un géant industriel européen constitue un signal significatif. Elle suggère que, malgré les crispations diplomatiques affichées, des canaux économiques, industriels et désormais militaires sont restés actifs entre Alger et Madrid.
La coopération dépasse ainsi le simple cadre commercial pour s’étendre au domaine sensible de la Défense, dans un contexte régional marqué par de fortes tensions entre l’Algérie et le Maroc. L’achat de ces appareils intervient alors que les deux pays, Espagne et Algérie, poursuivent parallèlement l’acquisition du même modèle auprès d’Airbus.
L’Algérie a été en 2004 le premier pays africain à se doter du C295. Au 30 novembre 2025, elle figurait toujours sur le carnet de commandes de l’avionneur européen. Selon les données communiquées par Airbus, le programme totalisait à cette date 311 commandes, dont 241 appareils livrés. L’Algérie était citée parmi les clients de l’année avec 24 appareils commandés.
De son côté, l’Espagne a signé une commande de 18 C295 afin de remplacer ses anciens CN235 et C212. Les premières livraisons sont attendues courant 2026.
Un réchauffement progressif des relations
Malgré la crise diplomatique ouverte en 2022, Alger n’a pas réussi à infléchir la position espagnole sur le Sahara. Les autorités espagnoles ont d’ailleurs souligné qu’en dépit de la « crise » affichée, l’Algérie était demeurée un « fournisseur fiable » de gaz entre mars 2022 et novembre 2024.
En 2024, les exportations espagnoles vers l’Algérie ont enregistré une hausse spectaculaire de 142 % par rapport à 2023, selon des données officielles. Le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares, avait qualifié l’Algérie de « grand ami », tout en rappelant son rôle de principal fournisseur de gaz de l’Espagne.
Plusieurs signaux ont confirmé le dégel progressif des relations. En février, le ministre algérien de l’Intérieur, Brahim Merad, a effectué une visite de travail à Madrid, où il a été reçu par son homologue espagnol Fernando Grande-Marlaska première visite d’un haut responsable algérien depuis la détérioration des relations en 2022.
En novembre 2025, José Manuel Albares et son homologue algérien Ahmed Attaf se sont rencontrés en marge du sommet du G20 à Johannesburg, en Afrique du Sud, marquant une nouvelle étape dans la normalisation bilatérale.
Par ailleurs, les importations massives d’ovins annoncées par le président algérien Abdelmadjid Tebboune avant l’Aïd al-Adha ont bénéficié notamment aux exportateurs espagnols, illustrant la continuité des échanges commerciaux.
Des intérêts supérieurs aux tensions
La vente des C295 confirme que les intérêts énergétiques, industriels et sécuritaires entre Alger et Madrid n’ont jamais été totalement interrompus, malgré la rhétorique politique. Elle met en lumière une coopération stratégique qui dépasse les tensions conjoncturelles et révèle une interdépendance persistante entre les deux partenaires.
En dépit du discours officiel, les échanges commerciaux, énergétiques et désormais militaires démontrent que les canaux de coopération sont restés opérationnels, consacrant la primauté des intérêts stratégiques sur les divergences diplomatiques affichées.
Avec Hespress
D’après le média ibérique Servimedia, le gouvernement espagnol a donné son feu vert à l’exportation de ces appareils au cours du premier semestre 2025, alors même que les deux pays tentaient de normaliser leurs relations diplomatiques après la crise déclenchée en 2022. La transaction aurait été conclue dès janvier 2025, selon les données du rapport officiel sur les exportations de matériel de défense et de biens à double usage publié par le secrétariat d’État espagnol au Commerce.
La vente est restée largement sous silence, tant du côté des médias espagnols y compris spécialisés en Défense — que des médias algériens. Cette discrétion contraste avec la persistance d’un discours officiel et médiatique en Algérie entretenant l’idée d’une crise durable avec Madrid, née du soutien espagnol à l’intégrité territoriale du Maroc sur la question du Sahara.
Un signal stratégique fort
La réalisation d’une telle transaction impliquant un géant industriel européen constitue un signal significatif. Elle suggère que, malgré les crispations diplomatiques affichées, des canaux économiques, industriels et désormais militaires sont restés actifs entre Alger et Madrid.
La coopération dépasse ainsi le simple cadre commercial pour s’étendre au domaine sensible de la Défense, dans un contexte régional marqué par de fortes tensions entre l’Algérie et le Maroc. L’achat de ces appareils intervient alors que les deux pays, Espagne et Algérie, poursuivent parallèlement l’acquisition du même modèle auprès d’Airbus.
L’Algérie a été en 2004 le premier pays africain à se doter du C295. Au 30 novembre 2025, elle figurait toujours sur le carnet de commandes de l’avionneur européen. Selon les données communiquées par Airbus, le programme totalisait à cette date 311 commandes, dont 241 appareils livrés. L’Algérie était citée parmi les clients de l’année avec 24 appareils commandés.
De son côté, l’Espagne a signé une commande de 18 C295 afin de remplacer ses anciens CN235 et C212. Les premières livraisons sont attendues courant 2026.
Un réchauffement progressif des relations
Malgré la crise diplomatique ouverte en 2022, Alger n’a pas réussi à infléchir la position espagnole sur le Sahara. Les autorités espagnoles ont d’ailleurs souligné qu’en dépit de la « crise » affichée, l’Algérie était demeurée un « fournisseur fiable » de gaz entre mars 2022 et novembre 2024.
En 2024, les exportations espagnoles vers l’Algérie ont enregistré une hausse spectaculaire de 142 % par rapport à 2023, selon des données officielles. Le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares, avait qualifié l’Algérie de « grand ami », tout en rappelant son rôle de principal fournisseur de gaz de l’Espagne.
Plusieurs signaux ont confirmé le dégel progressif des relations. En février, le ministre algérien de l’Intérieur, Brahim Merad, a effectué une visite de travail à Madrid, où il a été reçu par son homologue espagnol Fernando Grande-Marlaska première visite d’un haut responsable algérien depuis la détérioration des relations en 2022.
En novembre 2025, José Manuel Albares et son homologue algérien Ahmed Attaf se sont rencontrés en marge du sommet du G20 à Johannesburg, en Afrique du Sud, marquant une nouvelle étape dans la normalisation bilatérale.
Par ailleurs, les importations massives d’ovins annoncées par le président algérien Abdelmadjid Tebboune avant l’Aïd al-Adha ont bénéficié notamment aux exportateurs espagnols, illustrant la continuité des échanges commerciaux.
Des intérêts supérieurs aux tensions
La vente des C295 confirme que les intérêts énergétiques, industriels et sécuritaires entre Alger et Madrid n’ont jamais été totalement interrompus, malgré la rhétorique politique. Elle met en lumière une coopération stratégique qui dépasse les tensions conjoncturelles et révèle une interdépendance persistante entre les deux partenaires.
En dépit du discours officiel, les échanges commerciaux, énergétiques et désormais militaires démontrent que les canaux de coopération sont restés opérationnels, consacrant la primauté des intérêts stratégiques sur les divergences diplomatiques affichées.
Avec Hespress