« Touba mérite mieux que le zèle administratif » : Abdoulaye Gallo Diao s'en prend au ministre Dianté

Mercredi 5 Aout 2026

Le membre du Bureau politique du Parti socialiste (PS) et secrétaire national adjoint chargé des TIC, Abdoulaye Gallo Diao, s'est élevé contre la décision du ministre de la Fonction publique, Mamadou Lamine Dianté, de recenser les agents absents au lendemain du Grand Magal de Touba afin d'engager des procédures disciplinaires à leur encontre. S'il reconnaît la légalité de cette mesure, il estime qu'elle manque d'opportunité politique et sociale, tout en appelant à l'officialisation du lendemain du Grand Magal comme jour férié.

Pour Abdoulaye Gallo Diao, la décision du ministre de la Fonction publique s'inscrit certes dans le respect des textes, mais elle ne tient pas suffisamment compte de la portée exceptionnelle du Grand Magal de Touba. « En décidant de recenser les agents absents au lendemain du Grand Magal de Touba et d'engager des procédures disciplinaires à leur encontre, le ministre de la Fonction publique, Mamadou Lamine Dianté, est certes resté dans le cadre de la légalité. Mais une décision légalement fondée n'est pas nécessairement politiquement opportune ni socialement avisée », regrette Abdoulaye Gallo Diao.

Selon lui, le Grand Magal ne peut être assimilé à une célébration religieuse ordinaire. « Le Grand Magal de Touba n'est pas une fête religieuse ordinaire. C'est un événement d'intérêt national qui rassemble chaque année plusieurs millions de pèlerins, constitue l'un des plus grands pèlerinages au monde et génère des retombées économiques majeures pour le Sénégal. Sa portée dépasse largement le cadre cultuel. Elle est également historique, sociale, culturelle et économique. »

Le responsable socialiste considère que la fermeté affichée par l'administration risque d'être mal perçue dans un contexte marqué par les difficultés de retour des pèlerins. « Faire preuve d'une rigueur administrative aussi inflexible au lendemain d'un tel événement apparaît comme un zèle contre-productif. Une telle attitude risque d'être interprétée, à tort ou à raison, comme un manque de considération envers Touba et la communauté mouride, alors même que les difficultés de déplacement et de retour des pèlerins sont une réalité connue de tous. », déplore M. Diao.

Pour Abdoulaye Gallo Diao, au-delà des éventuelles sanctions disciplinaires, c'est le message politique qui suscite des interrogations. « Le véritable risque réside dans le signal politique envoyé. Lorsqu'une décision administrative donne le sentiment de méconnaître la portée d'un événement aussi fédérateur, elle peut inutilement fragiliser la confiance entre l'État et une composante essentielle de la Nation. L'autorité de l'État se renforce davantage par le discernement que par un excès de rigidité. », souligne le secrétaire national adjoint chargé des TIC du PS.

Face à cette situation, il propose une évolution du cadre juridique afin d'éviter que de telles tensions ne se reproduisent. « Il est temps d'engager une réflexion sur l'officialisation du lendemain des grandes fêtes religieuses d'intérêt national, notamment le Grand Magal de Touba, comme jour férié. Une telle mesure apporterait une sécurité juridique aux agents publics comme aux employeurs, faciliterait les déplacements de millions de citoyens, réduirait les tensions administratives et traduirait la reconnaissance institutionnelle de la place qu'occupent ces événements dans la vie nationale. »

À ses yeux, cette réforme contribuerait également à renforcer la cohésion nationale. « Elle contribuerait surtout à consolider le contrat social, à renforcer la cohésion nationale et à réaffirmer le respect que la République porte à toutes les grandes expressions spirituelles qui fondent l'unité du Sénégal. »
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