Tensions à la frontière : Conakry et Freetown s’accusent mutuellement d’incursion militaire

Mercredi 25 Février 2026

Un incident frontalier impliquant des éléments des forces armées guinéennes et sierra-léonaises a ravivé les tensions entre Conakry et Freetown. À travers deux communiqués distincts publiés le 24 février 2026, les autorités des deux pays livrent des versions opposées des faits survenus le 22 et 23 février dans la zone frontalière entre la préfecture de Faranah (Guinée) et le district de Falaba (Sierra Leone).

Dans un communiqué officiel, l’État-major général des armées guinéennes affirme que « le dimanche 22 février 2026, quelques dizaines de militaires sierra-léonais armés ont pénétré sans autorisation sur le territoire guinéen dans le district de Koudaya, sous-préfecture de Sandénia, préfecture de Faranah ». Selon Conakry, les soldats auraient installé une tente et hissé leur drapeau national à environ 1,4 kilomètre de la ligne frontalière, au point géographique précisément identifié par des coordonnées.

Les Forces armées guinéennes disent s’être « immédiatement déployées sur les lieux » et avoir « réussi à interpeller seize (16) d’entre eux, tout en saisissant leurs matériels et équipements ». Les militaires interpellés ainsi que les objets saisis auraient été « mis à la disposition de la police judiciaire pour des fins d’enquêtes ». L’État-major guinéen félicite par ailleurs « les unités engagées pour leur réactivité et leur sens du devoir » et appelle les forces de défense et de sécurité à « renforcer la vigilance » pour la protection de « l’intégrité territoriale ».


La version Sierra -Léonnaise des faits 

De son côté, le gouvernement sierra-léonais présente une lecture sensiblement différente des événements. Dans un communiqué publié par le ministère de l’Information et de l’Éducation civique, Freetown affirme que « le lundi 23 février 2026, des personnels des Forces armées guinéennes (GAF) ont traversé la frontière pour entrer dans la ville frontalière de Kaleyerah, chefferie de Sulima, district de Falaba », où des membres des Forces armées de la République de Sierra Leone (RSLAF) et de la police sierra-léonaise étaient déployés.

Selon les autorités sierra-léonaises, au moment de l’incident, leurs forces de sécurité « fabriquaient des briques pour la construction d’un poste frontalier et d’installations d’hébergement destinées à soutenir les opérations de sécurité dans la zone ». Le gouvernement précise que « le drapeau national de la Sierra Leone avait été hissé dans un territoire reconnu comme appartenant à la Sierra Leone ».

Freetown affirme également que « lors de la confrontation, des personnels des Forces armées guinéennes ont appréhendé plusieurs membres de l’équipe de sécurité conjointe, y compris un officier, et les ont transportés au-delà de la frontière en territoire guinéen », ajoutant que « leurs armes et munitions ont également été prises ». Le gouvernement indique être « activement engagé par des canaux diplomatiques et sécuritaires établis afin de confirmer leur localisation et d’assurer leur libération sûre et inconditionnelle ».

Alors que les deux capitales ont saisi les autorités nationales, régionales et sous-régionales compétentes, chacune affirme privilégier une issue pacifique. Freetown assure qu’un « engagement est en cours pour garantir une résolution pacifique et à l’amiable », tandis que Conakry insiste sur la nécessité de préserver son intégrité territoriale.
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