Tchad : les avions de chasse français de retour après la rupture des accords militaires avec Paris

Vendredi 30 Octobre 2026

Aucune date précise n'est annoncée, mais l'on sait que les Mirage viennent dans le cadre d'un exercice auquel participent la Côte d'Ivoire et le Gabon, du 8 au 30 novembre, avec une trentaine de militaires. Ce retour découle de la rencontre à l'Élysée des présidents tchadien et français il y a tout juste deux semaines, rencontre au cours de laquelle a été signée une déclaration d'intention.

Pour officialiser la reprise de leur coopération militaire et tourner la page ouverte en novembre 2024, lorsque le Tchad a brutalement dénoncé ses accords de défense avec Paris, on comprend désormais qu'il s'agissait en fait plus d'une remise à plat que d'une véritable rupture. Le Tchad a besoin d'appui pour surveiller ses frontières où des rebelles opèrent, alors que ses relations ne cessent de se dégrader avec ses voisins soudanais, centrafricains et tout récemment nigériens.

Quant à la France, il s'agit pour elle de reprendre pied dans un Sahel qui lui est devenu particulièrement hostile ces dernières années. À Paris, l'état-major choisit ses mots. Il évoque la reprise de la coopération « dans le respect de la souveraineté du Tchad ». Le terme n'est pas anodin : c'est au nom de sa souveraineté que Ndjamena avait rompu l'accord de défense en novembre 2024.



« Il n’y a jamais eu de rupture »
Côté tchadien, une source gouvernementale explique que les escales des avions de chasse au Tchad découlent d'« une feuille de route » fixée le 29 janvier 2026 par les deux présidents et négociée directement entre l’Élysée et le palais Toumaï, sans passer par les Affaires étrangères, rapporte notre correspondante à Ndjamena, Nadia Ben Mahfoudh.

« Il n’y a jamais eu de rupture », assure une source tchadienne proche des négociations. Selon elle, la fermeture des bases visait à « instaurer une nouvelle dynamique » et les formations n'ont jamais cessé, précise-t-elle.

Une source gouvernementale tchadienne va plus loin. En cas de besoin, l'armée française pourrait se redéployer au Tchad, avec l'accord préalable de Ndjamena. Pour l'heure, aucune demande n'a été formulée. « Mais si la France le demandait, nous l'accepterions », précise cette source. 

Ndjamena revendique toutefois la diversification de ses partenaires. Le pays continuera à coopérer avec la Russie, la Turquie et la Chine. 
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