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Taïwan pourrait reconnaître le mariage gay

Mercredi 24 Mai 2017

Taïwan pourrait reconnaître le mariage gay
La justice taïwanaise rend mercredi 24 mai un arrêt historique qui pourrait faire de l’île le premier endroit d’Asie à légaliser le mariage pour tous, une décision attendue dans la fébrilité par les défenseurs des droits de la communauté gay.

Après des débats passionnés qui ont mis en lumière les clivages profonds de la société sur le sujet, les juges du Conseil constitutionnel saisis de deux recours cruciaux déterminent si la loi actuelle est contraire à la Constitution.
Les défenseurs du mariage entre personnes du même sexe attendent dans l’angoisse. Mais ils sont quand même optimistes après des années d’appels judiciaires, alors que l’examen d’un projet de loi sur la question traîne en longueur au Parlement.

Des années de bataille
Les opposants au mariage pour tous sont eux très remontés après avoir organisé des manifestations de masse pour protester contre le changement.
La décision des 14 grands juges sera publiée en ligne à 16 heures, pour la première fois simultanément en anglais et en chinois, ce qui témoigne de l’intérêt du sujet à l’international.

Une décision favorable résonnerait dans toute la région. Les appels à l’égalité des droits se font plus pressants en Asie, en particulier en Corée du Sud et au Japon.
Chi Cia-wei, 59 ans, l’un des auteurs des recours, bataille depuis de longues années. « Je me sens certain à 100 % d’obtenir une issue positive », dit-il. « Je suis optimiste mais ma joie ne sera pas excessive. Cela aurait dû se produire il y a bien longtemps », raconte ce militant qui a demandé pour la première fois la reconnaissance du mariage gay en 1986.

Une loi hors la loi ?
Au cœur des débats, une disposition du code civil selon laquelle le mariage ne peut unir qu’un homme et une femme. Les demandeurs défendent l’idée que cet article est contraire à plusieurs principes de la Constitution garantissant l’égalité entre tous.
L’arrêt – sur lequel au moins 10 juges doivent s’accorder – s’imposera à l’île, et une décision favorable ouvrirait la voie à la légalisation du mariage pour tous.
L’autre requérant est la municipalité de Taipei, qui rejette régulièrement des demandes de mariage entre personnes de même sexe et cherche à obtenir des clarifications.
Jennifer Lu est en couple avec sa compagne depuis quatre ans. Elles ont essayé de se marier en août 2014. « Tout le monde attend avec impatience cette décision, pas seulement à Taïwan mais dans toute l’Asie », souligne Mme Lu, militante de la Taïwan LGBT Hotline Association (lesbiennes, gays, bisexuels et transsexuels).


L’île nationaliste qui vit séparée de la Chine depuis 1949 figure déjà parmi les sociétés les plus progressistes de la région concernant les droits des homosexuels.
Depuis l’arrivée au pouvoir en mai 2016 de la présidente Tsai Ing-wen, qui a ouvertement défendu le mariage pour tous, cette cause a le vent en poupe.


La religion s’en mêle
Au Parlement, un projet de loi amendant le code civil a franchi un premier obstacle en étant voté en première lecture. Mais les débats ont levé le voile sur les divisions marquées au sein de la société.

Des groupes conservateurs et religieux assurent que le mariage gay détruira les valeurs de la famille. « Nous avons notre structure avec un mari et une épouse, un homme et une femme, et ils veulent changer cela », déclare Sammy Yu, porte-parole d’une association appelée La stabilité du pouvoir, lors d’une récente manifestation. « Le mariage, ce n’est pas simplement une question d’amour, ou de sentiments. C’est aussi la continuation de la race humaine ».

M. Yu est remonté contre la Cour constitutionnelle, accusée de vouloir contourner le processus législatif, et met en cause l’impartialité des juges.
Lors de cette même manifestation, une mère a expliqué que les couples du même sexe ne pouvaient élever correctement des enfants. Des manifestants des deux camps sont attendus dans l’après-midi dans le centre de Taïpei.
lemonde.fr

 





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