TER jusqu’à l’AIBD : les usagers dénoncent une tarification jugée excessive

Lundi 28 Septembre 2026

Le prolongement du Train Express Régional (TER) jusqu'à l’Aéroport International Blaise Diagne (AIBD) suscite de vives inquiétudes au sein des communautés locales et du personnel de la plateforme aéroportuaire. Par la voix d'Aliou Diouf, secrétaire général du Collectif pour la défense des intérêts de la commune de Keur Moussa, les riverains dénoncent une tarification excessive et un manque de vision globale de la mobilité territoriale.

​Inadéquation des horaires et profil des passagers
​Selon le collectif, l'argument consistant à présenter le TER comme une solution miracle pour la desserte de l'aéroport se heurte à la réalité du trafic aérien. L'exploitation du train s'arrêtant à 22 heures, une proportion importante de passagers se trouve de fait exclue du service, la période de pointe d’arrivée des vols s’étalant principalement de 22 heures à 3 heures du matin.

​En outre, l’infrastructure ne s'adresse pas uniquement aux voyageurs internationaux. La plateforme aéroportuaire concentre de nombreuses entreprises et rassemble quotidiennement plus de 2 000 salariés. Pour ces travailleurs, le prix du billet fixé à 4 000 FCFA représente un coût financier disproportionné qui empêche le TER de s'imposer comme une alternative économique crédible.

​Ruptures de charge et surcoûts pour les riverains
​Le collectif pointe également la situation des habitants des communes avoisinantes comme Keur Moussa, Diass, Sindia ou Nguékhoh. Pour ces usagers potentiels, l’arrivée en gare de l'AIBD nécessite l’emprunt de transports secondaires — taxis dits « clandos » ou « thiak-thiak » — engendrant un surcoût d'environ 2 000 FCFA pour rallier leurs domiciles. Cumulée au billet initial, cette somme rend le déplacement prohibitif.

​À cette contrainte financière s'ajoute le problème du « dernier kilomètre » à l'intérieur du périmètre aéroportuaire. La gare se trouvant par exemple à quatre kilomètres de la zone cargo et du secteur fret, les salariés non véhiculés se retrouvent sans solution de liaison interne après leur descente du train.

​Face à ces difficultés, le Collectif pour la défense des intérêts de Keur Moussa réclame la réalisation d'une étude de trafic approfondie et une révision à la baisse des grilles tarifaires afin de garantir une véritable accessibilité sociale et territoriale.
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