Lors du 47ᵉ Congrès ouest-africain de pharmacologie, organisé à Abidjan, le Dr Assane Coulibaly, directeur général de l’Autorité ivoirienne de régulation pharmaceutique (AIRP) et parrain de l’événement, a dressé un tableau préoccupant des défis sanitaires auxquels fait face le continent africain. Dépendance aux importations de médicaments, prolifération des produits falsifiés, insuffisance de la recherche clinique et faible surveillance des effets indésirables : le responsable ivoirien appelle à une mobilisation scientifique et institutionnelle pour renforcer la souveraineté pharmaceutique africaine.
L’Afrique doit renforcer ses capacités de production pharmaceutique, développer la recherche scientifique et améliorer la surveillance des médicaments pour répondre aux défis sanitaires actuels. C’est le message lancé par le Dr Assane Coulibaly, directeur général de l’Autorité ivoirienne de régulation pharmaceutique (AIRP), lors du congrès ouest-africain de pharmacologie, qui se tient à Abidjan. Parrain de cette rencontre scientifique, le responsable ivoirien a insisté sur le rôle stratégique de la pharmacologie dans un continent confronté simultanément aux maladies infectieuses et à la progression des maladies non transmissibles.
« Aujourd’hui, l’Afrique fait face à une double charge de morbidité associant le fardeau des maladies infectieuses et une poussée très inquiétante des maladies non transmissibles », a-t-il déclaré. Selon lui, cette situation impose de placer la recherche pharmacologique au cœur des politiques sanitaires. « Dans ce contexte, la pharmacologie n’est pas une simple discipline académique. Elle est le socle scientifique sur lequel repose l’efficacité thérapeutique, la sécurité du patient et l’optimisation des soins », a-t-il souligné.
« 70 à 90 % des produits consommés en Afrique sont importés »
Le premier défi soulevé par le directeur général de l’AIRP concerne la forte dépendance du continent à l’égard des importations pharmaceutiques. « Soixante-dix à quatre-vingt-dix pour cent des produits consommés en Afrique sont importés », a-t-il affirmé. Pour le Dr Assane Coulibaly, cette situation expose les systèmes de santé africains aux perturbations des chaînes internationales d’approvisionnement et souligne l’urgence de développer des capacités locales de production.
« Cette vulnérabilité des chaînes d’approvisionnement impose une réflexion urgente et pragmatique sur notre souveraineté pharmaceutique », a-t-il insisté. Il a rappelé que cette question constitue une préoccupation majeure des autorités ivoiriennes, notamment du chef de l’État et du ministre de la Santé, de l’Hygiène publique et de la Couverture maladie universelle. Médicaments falsifiés : « Nous voulons de vrais praticiens, pas des falsificateurs »
Le deuxième défi identifié concerne la circulation des produits médicaux de qualité inférieure et falsifiés, dont les conséquences sur la santé publique peuvent être graves. « Le marché illicite et la falsification des médicaments sapent nos efforts de santé publique et menacent la vie des populations », a averti le directeur général de l’AIRP. Il a particulièrement attiré l’attention sur le risque de voir ces pratiques frauduleuses se développer sous couvert de médecine traditionnelle. « Attention à ce fléau et attention au risque d’infiltration de la médecine traditionnelle par cette question des médicaments de qualité inférieure. Nous voulons de vrais praticiens, on ne veut pas des falsificateurs de la médecine traditionnelle », a-t-il martelé.
Pour autant, le responsable ivoirien ne remet pas en cause l’importance des savoirs thérapeutiques traditionnels africains. Il estime, au contraire, que leur valorisation doit reposer sur des exigences scientifiques et sanitaires rigoureuses.
« La pharmacopée traditionnelle africaine regorge de ressources inestimables et nécessite un encadrement rigoureux, une recherche scientifique et une industrialisation respectueuse des normes de qualité et d’innocuité », a-t-il expliqué.
Moins de 2 % des essais réalisés en Afrique, selon le Dr Coulibaly
L’Afrique doit renforcer ses capacités de production pharmaceutique, développer la recherche scientifique et améliorer la surveillance des médicaments pour répondre aux défis sanitaires actuels. C’est le message lancé par le Dr Assane Coulibaly, directeur général de l’Autorité ivoirienne de régulation pharmaceutique (AIRP), lors du congrès ouest-africain de pharmacologie, qui se tient à Abidjan. Parrain de cette rencontre scientifique, le responsable ivoirien a insisté sur le rôle stratégique de la pharmacologie dans un continent confronté simultanément aux maladies infectieuses et à la progression des maladies non transmissibles.
« Aujourd’hui, l’Afrique fait face à une double charge de morbidité associant le fardeau des maladies infectieuses et une poussée très inquiétante des maladies non transmissibles », a-t-il déclaré. Selon lui, cette situation impose de placer la recherche pharmacologique au cœur des politiques sanitaires. « Dans ce contexte, la pharmacologie n’est pas une simple discipline académique. Elle est le socle scientifique sur lequel repose l’efficacité thérapeutique, la sécurité du patient et l’optimisation des soins », a-t-il souligné.
« 70 à 90 % des produits consommés en Afrique sont importés »
Le premier défi soulevé par le directeur général de l’AIRP concerne la forte dépendance du continent à l’égard des importations pharmaceutiques. « Soixante-dix à quatre-vingt-dix pour cent des produits consommés en Afrique sont importés », a-t-il affirmé. Pour le Dr Assane Coulibaly, cette situation expose les systèmes de santé africains aux perturbations des chaînes internationales d’approvisionnement et souligne l’urgence de développer des capacités locales de production.
« Cette vulnérabilité des chaînes d’approvisionnement impose une réflexion urgente et pragmatique sur notre souveraineté pharmaceutique », a-t-il insisté. Il a rappelé que cette question constitue une préoccupation majeure des autorités ivoiriennes, notamment du chef de l’État et du ministre de la Santé, de l’Hygiène publique et de la Couverture maladie universelle. Médicaments falsifiés : « Nous voulons de vrais praticiens, pas des falsificateurs »
Le deuxième défi identifié concerne la circulation des produits médicaux de qualité inférieure et falsifiés, dont les conséquences sur la santé publique peuvent être graves. « Le marché illicite et la falsification des médicaments sapent nos efforts de santé publique et menacent la vie des populations », a averti le directeur général de l’AIRP. Il a particulièrement attiré l’attention sur le risque de voir ces pratiques frauduleuses se développer sous couvert de médecine traditionnelle. « Attention à ce fléau et attention au risque d’infiltration de la médecine traditionnelle par cette question des médicaments de qualité inférieure. Nous voulons de vrais praticiens, on ne veut pas des falsificateurs de la médecine traditionnelle », a-t-il martelé.
Pour autant, le responsable ivoirien ne remet pas en cause l’importance des savoirs thérapeutiques traditionnels africains. Il estime, au contraire, que leur valorisation doit reposer sur des exigences scientifiques et sanitaires rigoureuses.
« La pharmacopée traditionnelle africaine regorge de ressources inestimables et nécessite un encadrement rigoureux, une recherche scientifique et une industrialisation respectueuse des normes de qualité et d’innocuité », a-t-il expliqué.
Moins de 2 % des essais réalisés en Afrique, selon le Dr Coulibaly
Autre préoccupation majeure : la faible participation du continent africain à la recherche clinique mondiale. Le directeur général de l’AIRP estime que cette situation limite les capacités de l’Afrique à développer des solutions thérapeutiques adaptées à ses besoins sanitaires. « Notre continent demeure sous-représenté dans la conduite des essais cliniques dans le monde. Moins de deux pour cent des essais cliniques sont conduits sur le continent africain, et ça, c’est faible », a-t-il déploré.
Cette insuffisance de la recherche clinique s’accompagne, selon lui, d’une faiblesse des mécanismes de notification des effets indésirables liés à l’utilisation des médicaments.
Il a ainsi appelé les professionnels de santé et les patients à participer davantage au système de pharmacovigilance. « Chaque fois qu’un patient prend un médicament et ressent une manifestation secondaire anormale, cette information doit être portée à la connaissance du praticien, remonter la chaîne jusqu’au système de régulation pharmaceutique, qui va relayer cette information, le cas échéant, au niveau de l’Organisation mondiale de la santé », a-t-il expliqué.
Intelligence artificielle et biotechnologies : des opportunités à encadrer
Le Dr Assane Coulibaly a également insisté sur la nécessité de rapprocher les autorités de régulation et les milieux scientifiques. « En tant qu’autorité de régulation pharmaceutique, notre rôle est d’assurer la qualité, la sécurité et l’efficacité de tous les produits de santé mis à la disposition des populations. Mais la régulation ne peut progresser sans la science. La régulation et la recherche scientifique sont donc indissociables », a-t-il déclaré.
Dans cette perspective, il considère que les nouvelles technologies peuvent contribuer à transformer le secteur pharmaceutique ouest-africain. Il a notamment cité les biotechnologies, la pharmacogénétique et l’intelligence artificielle, dont les applications dans la découverte et le suivi des molécules pourraient soutenir les efforts de recherche. « L’innovation scientifique, qu’elle passe par les biotechnologies, la pharmacogénétique ou l’intégration des technologies de rupture comme l’intelligence artificielle dans la découverte et le suivi des molécules, constitue une opportunité historique pour l’Afrique de l’Ouest, à condition d’être évaluée et encadrée avec rigueur », a-t-il indiqué.
Un appel à des recommandations concrètes
Au-delà des échanges scientifiques, le directeur général de l’AIRP souhaite que le congrès débouche sur des propositions susceptibles d'orienter les politiques pharmaceutiques de la sous-région. « Les décideurs politiques, les agences de régulation, les industriels et les professionnels de santé attendent des conclusions de ces assises des pistes claires », a-t-il fait savoir.
Parmi les priorités évoquées figurent le renforcement de la pharmacovigilance, l'amélioration de la sécurité d'utilisation des médicaments, la structuration d'une politique sous-régionale de recherche et développement ainsi que le rapprochement entre la médecine traditionnelle et la pharmacopée moderne.
En sa qualité de parrain, le Dr Assane Coulibaly s'est engagé à porter les recommandations issues des travaux auprès des institutions compétentes. « Je prends l’engagement d’être l’un des relais actifs des résolutions de ce regroupement scientifique, notamment la future déclaration d’Afrique de l’Ouest pour l’innovation thérapeutique, auprès de nos pairs de la région et des instances décisionnelles », a-t-il annoncé.
À travers cette intervention, le directeur général de l’AIRP a ainsi plaidé pour une approche régionale associant recherche scientifique, production locale, régulation pharmaceutique et valorisation des ressources thérapeutiques africaines, afin de renforcer la sécurité sanitaire des populations.
Cette insuffisance de la recherche clinique s’accompagne, selon lui, d’une faiblesse des mécanismes de notification des effets indésirables liés à l’utilisation des médicaments.
Il a ainsi appelé les professionnels de santé et les patients à participer davantage au système de pharmacovigilance. « Chaque fois qu’un patient prend un médicament et ressent une manifestation secondaire anormale, cette information doit être portée à la connaissance du praticien, remonter la chaîne jusqu’au système de régulation pharmaceutique, qui va relayer cette information, le cas échéant, au niveau de l’Organisation mondiale de la santé », a-t-il expliqué.
Intelligence artificielle et biotechnologies : des opportunités à encadrer
Le Dr Assane Coulibaly a également insisté sur la nécessité de rapprocher les autorités de régulation et les milieux scientifiques. « En tant qu’autorité de régulation pharmaceutique, notre rôle est d’assurer la qualité, la sécurité et l’efficacité de tous les produits de santé mis à la disposition des populations. Mais la régulation ne peut progresser sans la science. La régulation et la recherche scientifique sont donc indissociables », a-t-il déclaré.
Dans cette perspective, il considère que les nouvelles technologies peuvent contribuer à transformer le secteur pharmaceutique ouest-africain. Il a notamment cité les biotechnologies, la pharmacogénétique et l’intelligence artificielle, dont les applications dans la découverte et le suivi des molécules pourraient soutenir les efforts de recherche. « L’innovation scientifique, qu’elle passe par les biotechnologies, la pharmacogénétique ou l’intégration des technologies de rupture comme l’intelligence artificielle dans la découverte et le suivi des molécules, constitue une opportunité historique pour l’Afrique de l’Ouest, à condition d’être évaluée et encadrée avec rigueur », a-t-il indiqué.
Un appel à des recommandations concrètes
Au-delà des échanges scientifiques, le directeur général de l’AIRP souhaite que le congrès débouche sur des propositions susceptibles d'orienter les politiques pharmaceutiques de la sous-région. « Les décideurs politiques, les agences de régulation, les industriels et les professionnels de santé attendent des conclusions de ces assises des pistes claires », a-t-il fait savoir.
Parmi les priorités évoquées figurent le renforcement de la pharmacovigilance, l'amélioration de la sécurité d'utilisation des médicaments, la structuration d'une politique sous-régionale de recherche et développement ainsi que le rapprochement entre la médecine traditionnelle et la pharmacopée moderne.
En sa qualité de parrain, le Dr Assane Coulibaly s'est engagé à porter les recommandations issues des travaux auprès des institutions compétentes. « Je prends l’engagement d’être l’un des relais actifs des résolutions de ce regroupement scientifique, notamment la future déclaration d’Afrique de l’Ouest pour l’innovation thérapeutique, auprès de nos pairs de la région et des instances décisionnelles », a-t-il annoncé.
À travers cette intervention, le directeur général de l’AIRP a ainsi plaidé pour une approche régionale associant recherche scientifique, production locale, régulation pharmaceutique et valorisation des ressources thérapeutiques africaines, afin de renforcer la sécurité sanitaire des populations.