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Souleymane Jules Diop : « les premières mosquées du Sénégal ont été en réalité construites par le pouvoir colonial français»

Mercredi 5 Août 2026

L’ancien ministre Souleymane Jules Diop est monté au créneau pour défendre le principe de la laïcité inscrit dans la Constitution sénégalaise. Dans une déclaration, il rappelle que ce concept ne constitue pas une opposition à la religion, mais plutôt une garantie d’équité entre les citoyens et de neutralité de l’État.

« La laïcité veut dire concrètement que nous avons des différences de religion, de croyances ; que la République est ce que nous avons en commun. Elle doit être neutre, nous traiter également et équitablement, qui que nous soyons, d'où que nous venions, quelle que soit notre confrérie », explique-t-il.

Pour l’ancien ministre, la laïcité repose avant tout sur la primauté des lois de la République. « C'est cette idée que les lois de la République sont au-dessus de tous qui sont à la base de la laïcité. Elle ne veut point dire que l'État s'oppose à la religion », précise-t-il.

« L'idée d'un pouvoir colonial opposé à l'islam au Sénégal est un fantasme »

Souleymane Jules Diop revient également sur l’histoire des relations entre l’État et les communautés religieuses au Sénégal. Selon lui, l’idée selon laquelle le pouvoir colonial français aurait empêché la pratique de l’islam dans le pays relève d’une fausse perception.

« Les premières mosquées du Sénégal ont été en réalité construites par le pouvoir colonial français, qui a expressément demandé par lettre aux autorités de la France métropolitaine la construction d'une mosquée pour que les musulmans Saint-Louisiens puissent pratiquer leur religion », affirme-t-il.

Il ajoute qu’« dès 1916, il a été mis en place un Conseil du culte musulman auquel avaient adhéré la quasi-totalité de nos chefs religieux ». Pour lui, « l'idée d'un pouvoir colonial opposé à la pratique de l'islam au Sénégal est un fantasme ».

L’ancien ministre rappelle également le rôle joué par l’État sénégalais depuis l’indépendance dans l’accompagnement du fait religieux. « Tout comme l'État sénégalais depuis 1960, sous une Constitution laïque bien évidemment, a construit des mosquées, soutenu le culte, modernisé les cités religieuses », souligne-t-il.

Soutien aux familles religieuses

Dans son intervention, Souleymane Jules Diop évoque aussi le soutien financier apporté par l’État aux familles religieuses lors des grandes cérémonies. « Pour ceux qui ne le savent pas, plus de six milliards dans les fonds politiques du Chef de l'État, soit plus des deux tiers, servent à soutenir les familles religieuses lors des cérémonies organisées », avance-t-il.

Selon lui, cette implication de l’État ne remet pas en cause la laïcité, dès lors que le principe de neutralité est respecté. « La même neutralité que j'évoquais ci-avant est attendue de l'État et de ses agents », insiste-t-il.

« Le rappel des lois de la République ne doit pas être un sujet de polémique »

Revenant sur la polémique autour du ministre de la Fonction publique, l’ancien ministre dit ne pas comprendre les critiques dont ce dernier fait l’objet. « Voilà pourquoi je ne comprends pas cet acharnement contre le ministre de la Fonction publique, qui n'a fait que rappeler les lois de la République », déclare-t-il.

Il estime que certains agents profitent des jours fériés pour délaisser leurs obligations professionnelles. « Beaucoup profitent de ces jours fériés pour s'absenter impunément, alors que les affaires de l'État attendent », déplore-t-il.

Enfin, Souleymane Jules Diop met en garde contre toute tentative de modification du caractère laïque de la République. « J'entends dire que l'on se prépare à gommer la nature laïque de la République de la Constitution. Ce serait le plus rude coup porté contre ce pays », avertit-il..

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