Soudan : une enquête accuse un réseau lié aux Émirats d'avoir ravitaillé les paramilitaires des FSR via le Tchad

Samedi 1 Aout 2026

Une enquête de Reuters, appuyée par un projet de rapport des Nations unies, relance les accusations de soutien extérieur aux Forces de soutien rapide (FSR) de Mohamed Hamdan Daglo, dit Hemetti. Les investigations révèlent l'existence d'un présumé pont aérien clandestin qui aurait permis d'acheminer du matériel vers les paramilitaires soudanais à partir de plusieurs pays de la région, notamment le Tchad, la Libye et la Somalie.

Selon les éléments révélés, trois anciens avions Boeing – un 737 et deux 727 – auraient assuré de multiples rotations entre des plateformes logistiques situées à Bosaso (Somalie), Koufra (Libye) et Nyala, au Darfour, territoire alors contrôlé par les FSR.

Les appareils auraient été exploités par des sociétés liées à Steven Shaulis, un homme d'affaires américain et ancien membre des forces spéciales, à travers plusieurs entreprises spécialisées dans les services logistiques et de sécurité. L'une d'elles, Occidental Support Services, est enregistrée aux Émirats arabes unis.

D'après Reuters, ces avions auraient effectué au moins seize atterrissages entre 2024 et 2025 afin d'approvisionner les forces de Hemetti avant la perte d'El-Fasher, reprise par l'armée soudanaise du général Abdel Fattah al-Burhane en octobre 2025.

L'enquête indique également que les trois appareils auraient été stationnés à N'Djamena, dans une zone militaire de l'aéroport de la capitale tchadienne, comme le montreraient des images satellites. Les autorités tchadiennes démentent toutefois toute implication et assurent n'avoir jamais autorisé les vols de ces appareils.

Les révélations ravivent les soupçons qui pèsent depuis plusieurs années sur les Émirats arabes unis, régulièrement accusés d'apporter un soutien financier et logistique aux FSR. Dès 2023, plusieurs enquêtes internationales avaient évoqué des livraisons d'armes et des financements en faveur des paramilitaires, accusations reprises par des responsables militaires soudanais.

Le Groupe d'experts des Nations unies sur le Soudan avait, dès janvier 2024, jugé ces allégations « crédibles », sans pour autant établir officiellement les responsabilités.

De son côté, le gouvernement soudanais accuse depuis plusieurs mois le Tchad de servir de plateforme de transit pour l'acheminement d'armes destinées aux FSR. Khartoum affirme disposer de preuves, tandis que N'Djamena rejette fermement ces accusations et réaffirme sa neutralité dans le conflit, soulignant que son action se limite à des efforts diplomatiques et à l'accueil de centaines de milliers de réfugiés soudanais.

Ces nouvelles révélations interviennent alors que la guerre au Soudan continue d'alimenter les tensions régionales et de susciter des interrogations sur les soutiens extérieurs dont bénéficient les différentes parties au conflit.
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