Sonko réaffirme la vocation de PASTEF : “servir le peuple et non gérer l’ordre ancien”

Samedi 6 Juin 2026

Fraîchement élu président du parti PASTEF-Les Patriotes lors de son congrès, le Premier ministre Ousmane Sonko a profité de son premier discours pour dresser un bilan d’étape et réaffirmer la ligne idéologique de son camp politique, entre souveraineté, rigueur de gestion et rupture assumée avec l’ordre ancien. Le leader de PASTEF a soutenu que les premières actions engagées depuis l’arrivée de son camp aux responsabilités s’inscrivent dans une transformation progressive de l’État.



« Depuis notre arrivée aux responsabilités, nous avons commencé à traduire cette orientation dans les faits. Non pas parfaitement. Non pas sans difficultés. Mais avec une ligne claire : remettre l’État au service du peuple et replacer la souveraineté au cœur de l’action publique », a-t-il déclaré. Poursuivant son propos, Ousmane Sonko a insisté sur la nécessité de transparence dans la gestion des finances publiques, affirmant avoir fait le choix de la vérité sur la situation héritée. « Nous avons choisi la vérité plutôt que la dissimulation en révélant l’ampleur réelle de la situation financière héritée du passé. Nous avons engagé une politique de rationalisation de l’État et commencé à remettre la production, le travail et la souveraineté économique au centre des priorités nationales », a-t-il rappelé.


Abordant la gouvernance publique, le président de PASTEF a défendu une ligne de fermeté contre la corruption et les pratiques jugées contraires à la bonne gestion, tout en évoquant des résistances internes. « Nous avons adopté une ligne intransigeante pour la transparence dans la gestion publique, en luttant contre toutes les formes de corruption et pour la reddition des comptes, nonobstant les sabotages internes dictés par des calculs politiciens », a-t-il martelé.

Sur le plan économique, le Premier ministre a mis l’accent sur la renégociation des contrats dans les secteurs stratégiques, notamment minier, pétrolier et gazier, estimant que les ressources nationales doivent davantage profiter aux populations. « Nous avons également entrepris la renégociation de plusieurs contrats dans tous les secteurs et notamment minier, pétrolier et gazier afin que les ressources du Sénégal profitent davantage au peuple sénégalais », a-t-il souligné, avant de rappeler qu’« un pays ne peut parler de souveraineté lorsque ses richesses financent d’abord la prospérité des autres pendant que ses propres populations croulent sous l’endettement, la pauvreté et la précarité ».

Sur les choix de politique publique, Ousmane Sonko a défendu un recentrage sur les secteurs stratégiques au détriment des investissements dits de prestige. « Nous avons accordé nos priorités aux véritables secteurs stratégiques pour une souveraineté agricole, alimentaire, énergétique, sécuritaire… plutôt qu’aux investissements de prestige », a-t-il indiqué. Dans le même registre, il a affirmé que le gouvernement a privilégié des mécanismes endogènes de financement, en rupture avec les conditionnalités extérieures.
 « Nous avons refusé les diktats exogènes et recouru à des mécanismes endogènes et citoyens de financement de nos politiques publiques pour faire face aux conséquences désastreuses des errements du passé récent », a-t-il expliqué.

Sur la question du pouvoir d’achat, le chef du gouvernement a assuré avoir évité des mesures d’ajustement jugées socialement difficiles. « Nous avons refusé de sacrifier le pouvoir d’achat du peuple, déjà durement éprouvé, sur l’autel d’un ajustement sauvage », a-t-il affirmé. Enfin, sur le plan idéologique, Ousmane Sonko a replacé son action dans une perspective historique de transformation de l’État et de réappropriation nationale. « Nous avons commencé à réhabiliter notre mémoire nationale, à réinterroger nos dépendances et à replacer les intérêts du Sénégal au cœur des décisions publiques », a-t-il rappelé, tout en reconnaissant que « ce ne sont pas encore des aboutissements. Ce sont les premiers déplacements d’un État qui commence à sortir progressivement des logiques héritées de la dépendance ».

Clôturant son discours sur une mise en garde interne, le président de PASTEF a insisté sur la vocation originelle du parti et rejeté toute dérive gestionnaire. « PASTEF-Les Patriotes n’a pas été créé pour gérer l’ordre ancien avec des visages nouveaux ; ni à revendiquer un socle PASTEF sans PASTEF », a-t-il rappelé, ajoutant que « la tendance à l’embourgeoisement, à s’éloigner du parti et du peuple ne doit pas prospérer ».
Il a enfin rappelé la finalité politique de son mouvement : « dépasser l’État postcolonial et reconstruire le Sénégal autour du travail, de la dignité, de la justice et de la souveraineté populaire », a-t-il insisté.
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