Sonko à Diomaye : « Pourquoi convoquer les maires pour tenter de reporter les élections locales ? »

Samedi 4 Juillet 2026

Le président de l'Assemblée nationale, Ousmane Sonko, a vivement critiqué la décision du président de la République, Bassirou Diomaye Faye, d'envisager un référendum sur la réforme constitutionnelle adoptée par le Parlement. Lors de son discours prononcé le 30 juin 2026 devant les députés, le leader de PASTEF a estimé que la procédure parlementaire était déjà achevée et que le chef de l'État devait procéder à la promulgation du texte, conformément, selon lui, à la jurisprudence du Conseil constitutionnel.

Pour Ousmane Sonko, le vote intervenu à l'Assemblée nationale remplit toutes les conditions requises pour l'adoption définitive de la réforme. « Aujourd'hui, ici, l'Assemblée nationale a voté à la majorité qualifiée. Et l'Assemblée nationale a réalisé l'adoption et l'approbation. C'est dans ce sens-là que je saisirai le président de la République. Parce que ces décisions du Conseil constitutionnel s'appliquent à lui. Elles s'imposent à lui », a-t-il déclaré.

Le président de l'Assemblée nationale s'est ensuite interrogé sur la nécessité d'organiser une consultation populaire alors que, selon lui, le droit est déjà clairement établi. « Pourquoi convoquer le peuple pour un référendum ? On dit que le pays est dans une situation extraordinaire. Ce qui est vrai, et nous savons tous la cause. Nous avons des élections locales à venir. Convoquer les maires pour essayer de trouver les moyens de reporter une élection locale ? Pourquoi prendre un engagement pour aller vers un référendum ? Pour demander quoi aux Sénégalais ? », a lancé Ousmane Sonko.

Le leader de PASTEF a poursuivi en évoquant plusieurs dispositions de la réforme, notamment la déclaration de patrimoine du président de la République et la question du cumul entre la fonction présidentielle et la direction d'un parti politique. « Est-ce que je dois déclarer mon patrimoine à l'entrée et à la sortie ou pas ? Est-ce que je dois être président de parti ou pas ? », s'est-il interrogé.

Dans un passage particulièrement remarqué de son intervention, Ousmane Sonko est revenu sur la décision prise par Bassirou Diomaye Faye de quitter le secrétariat général de PASTEF après son élection à la magistrature suprême.

« Le président de la République, quand il a décidé de démissionner de son poste de secrétaire général du PASTEF, il n'a averti personne. Quand je l'ai appris par la presse, je l'ai appelé. J'ai dit : "Mais pourquoi vous avez démissionné ?" Il dit : "Non, vous n'êtes pas président du PASTEF." Et c'est notre engagement à nous, ce n'est pas dans la Constitution. Donc vous n'êtes pas tenu de démissionner. Vous pouvez rester, quitte à vous doubler et mettre un secrétaire général adjoint », a raconté le président de l'Assemblée nationale.

Selon Ousmane Sonko, le chef de l'État avait alors justifié sa décision par sa volonté de se placer au-dessus des clivages politiques. « Il a dit : "Non, je vais être au-dessus de la mêlée." Deux ans plus tard, il ne veut plus être au-dessus de la mêlée. Quel est le problème ? Quel est le problème ? »
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