« Si Netanyahu part, le Hamas partira aussi » : les révélations d'un journaliste gazaoui relancent le débat sur les liens entre Israël et le mouvement palestinien

Vendredi 6 Novembre 2026

Le journaliste palestinien Sami Obeid a fait une déclaration remarquée sur la chaîne israélienne i24NEWS. Selon lui, le maintien du Hamas au pouvoir dans la bande de Gaza serait étroitement lié à celui de Benyamin Netanyahu en Israël. Une analyse qui relance un vieux débat sur la politique du Premier ministre israélien, accusé depuis plusieurs années par ses détracteurs d'avoir favorisé le maintien du Hamas pour affaiblir l'Autorité palestinienne.

Alors que les tractations se poursuivent en Israël pour la formation d'un nouveau gouvernement, le journaliste gazaoui Sami Obeid a livré une analyse particulièrement critique de la relation entre Benyamin Netanyahu et le Hamas.

Invité jeudi 5 novembre sur la chaîne en hébreu d'i24NEWS, il a affirmé que les habitants de Gaza espéraient voir Gadi Eisenkot prendre la tête du prochain gouvernement israélien.

« Tous les habitants de Gaza le savent : si Netanyahou reste, le Hamas restera aussi. Et si Netanyahou part, le Hamas partira également », a-t-il déclaré.

Pour Sami Obeid, un changement de gouvernement en Israël pourrait ainsi ouvrir la voie à une transformation profonde de la situation politique dans la bande de Gaza.

Netanyahu a-t-il contribué au maintien du Hamas pour affaiblir l'Autorité palestinienne ?

Cette déclaration ravive une controverse ancienne. Depuis plusieurs années, des responsables politiques et des observateurs accusent Benyamin Netanyahu d'avoir favorisé, directement ou indirectement, le maintien du Hamas à Gaza afin d'entretenir la division politique palestinienne.

Le Hamas contrôle Gaza depuis 2007, tandis que l'Autorité palestinienne, dominée par le Fatah, administre des parties de la Cisjordanie.

Cette séparation a longtemps constitué un obstacle à l'émergence d'une direction palestinienne unifiée.

La controverse porte notamment sur les transferts financiers du Qatar vers Gaza, autorisés par Israël à partir de 2018. Ces fonds étaient officiellement destinés à répondre aux besoins humanitaires et à financer certains services publics.

Mais plusieurs enquêtes de presse ont montré que cette politique avait suscité des critiques, certains anciens responsables israéliens estimant qu'elle avait contribué à consolider le pouvoir du Hamas au détriment de l'Autorité palestinienne.

Benyamin Netanyahu a toujours contesté avoir cherché à renforcer délibérément le mouvement islamiste. Il a défendu ces transferts comme un moyen de prévenir une catastrophe humanitaire et de maintenir le calme à Gaza.

Ces éléments ne permettent donc pas d'affirmer que Netanyahu aurait créé le Hamas, organisation fondée en 1987, bien avant son accession au pouvoir. Ils alimentent en revanche le débat sur les conséquences de sa politique à l'égard du mouvement.

« Le Hamas, c'est du terrorisme »

Au cours de son entretien, Sami Obeid a également pris ses distances avec le Hamas, qu'il accuse d'avoir entraîné la population de Gaza dans une catastrophe à la suite de l'attaque du 7 octobre 2023.

Interrogé sur la nature de l'organisation, il a répondu : « Le Hamas, c'est du terrorisme. »

Le journaliste a parallèlement attribué une part de responsabilité à la politique menée par le gouvernement Netanyahu.

Il a également plaidé pour une participation des partis arabes au prochain gouvernement israélien, estimant qu'une meilleure intégration politique pourrait contribuer à réduire les tensions.

« Les Arabes israéliens doivent faire partie du gouvernement, servir dans l'armée et être pleinement intégrés à l'État », a-t-il affirmé.

Gadi Eisenkot, un espoir de changement selon Sami Obeid

Le journaliste gazaoui estime que Gadi Eisenkot pourrait obtenir du président Isaac Herzog le mandat de former le prochain gouvernement israélien.

À l'issue des consultations parlementaires, 67 députés ont recommandé Eisenkot, contre 46 pour Netanyahu. Mais cette avance ne garantit pas la formation d'une coalition gouvernementale.

Pour Sami Obeid, l'enjeu dépasse le simple changement de dirigeant : il concerne l'avenir politique de Gaza et la possibilité de mettre fin au pouvoir du Hamas.

Sa déclaration, selon laquelle le départ de Netanyahu entraînerait celui du Hamas, demeure toutefois une analyse personnelle, et non une conséquence politique établie.

Elle remet néanmoins au centre du débat une question sensible : la division entre le Hamas et l'Autorité palestinienne a-t-elle été entretenue par les choix successifs du pouvoir israélien, et dans quelle mesure a-t-elle servi les objectifs politiques de Benyamin Netanyahu ?
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