Séries sénégalaises: révélations sur les « cachets » de la honte

Samedi 31 Juillet 2021

Beaucoup d’acteurs se sont levés récemment pour dénoncer les conditions inhumaines et dégradantes dans les maisons de production de séries et de mini-séries. Un malaise qui contraste avec le reflet de l’image que les Sénégalais se sont longtemps fait du cinéma  et du showbiz. Difficile à croire mais les stars qui nous font tant rêver à travers le petit écran ont pour la plupart mal dans leur peau. 



La réalité derrière les paillettes est moins glamour qu’on ne le croit On invente rien puisque c’est une  ancienne actrice qui rapporte à buzzsenegal.com. « On me payait 25.000 Fcfa pour chaque tournage, et ce, quel que soit le nombre de scènes »,se rappelle avec amertume Selle Fall  qui a joué dans une célèbre série.



Notre interlocutrice de renchérir, « Le pire c’est qu’il m’arrivait de faire un seul tournage par mois. Et pas de tournage, pas de cachet car je n’avais pas de contrat de travail. Couverture maladie n’en parle même pas. » .Les semaines les plus fulls, poursuit la jeune dame,  « on peut te convoquer pour une scène  à 15h et te faire attendre jusqu’à 2h du matin pour seulement quelques minutes de tournage. » Or, quel que soit le lieu et l’heure des tournages, les frais de transport sont les mêmes pour tous les acteurs, selon nos informations. Ils varient entre 3000 Fcfa et 5000 Fcfa, dit-t-on


Dans ces conditions, « pour quelqu’un comme moi qui voulait se faire un peu d’argent, « jouer dans Idole a été une véritable perte de temps », regrette l’actuelle chargée de clientèle dans une grande société spécialisée dans l’offshoring  à Casablanca. «  J’ai tourné la page depuis mais j’ai encore beaucoup de peine pour les filles de mon âge qui se font avoir les producteurs sans scrupule ». On ne compte plus les acteurs frustrés dans le milieu du cinéma sénégalais. Les récents et multiples déballages ne font que confirmer ce triste constat. Si les jeunes débutants sont moins bavards, tout porte à croire qu’ils sont plus exposés au traitement dégradant qui semble devenir une mode dans l’industrie du divertissement.
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