L’affaire dite des « woubi », impliquant l’animateur Pape Cheikh Diallo, l’artiste Djiby Dramé, le banquier Mamadou Lamine Dieng et plusieurs autres personnes, prend une ampleur sans précédent.
Selon L’Observateur, au total, 17 personnes sont désormais entre les mains de la justice. Les chefs d’inculpation retenus portent sur l’association de malfaiteurs, le blanchiment de capitaux, la transmission volontaire du VIH/Sida, la mise en danger de la vie d’autrui ainsi que la complicité de trafic de drogue.
Le journal rappelle que la dernière onde de choc est liée à l’interpellation, ce mardi, du journaliste de la RTS, Pape Birame Bigué Ndiaye. Toutefois, l’enquête est loin d’être bouclée, prévient le quotidien du Groupe Futurs Médias (GFM).
Citant des sources proches du dossier, le journal rapporte que plusieurs individus soupçonnés d’implication dans ce réseau tenteraient activement de quitter le territoire national pour échapper à la justice. En réaction, les autorités envisagent un renforcement immédiat de la surveillance aux points de sortie du pays, notamment dans les aéroports et aux frontières terrestres. Certaines personnalités seraient d’ores et déjà considérées comme activement recherchées.
Sur le plan sanitaire, la situation est jugée particulièrement préoccupante. Les tests de dépistage effectués révèlent que 12 personnes ont été déclarées séropositives, tandis que 4 sont séronégatives. Le résultat concernant le dernier suspect interpellé reste attendu. La plupart des mis en cause auraient admis avoir entretenu des rapports non protégés tout en ayant connaissance de leur statut sérologique.
L’affaire, qui a débuté le 7 février à la suite d’une dénonciation, a pris une tournure inattendue qui surprend de nombreux Sénégalais, notamment en raison de l’arrestation de personnalités publiques dont certaines ne présentaient, aux yeux de l’opinion, aucun signe apparent d’appartenance à ce milieu.
Le week-end dernier, plusieurs associations ont organisé des manifestations dans la capitale sénégalaise pour réclamer la criminalisation explicite de l’homosexualité. Au Sénégal, c’est « l’acte contre nature » qui est réprimé par la loi, même si une personne peut se réclamer d’une orientation LGBT sans que cela constitue en soi une infraction.
Alors que l’enquête judiciaire suit son cours, un nouvel incident est venu raviver la tension populaire. Hier, à Tivaouane (centre du pays), un homme présumé homosexuel a été violemment lynché par une foule en colère, visiblement galvanisée par les récents événements.
La scène, filmée et largement diffusée sur les réseaux sociaux, montre l’individu, la bouche ensanglantée, soumis à un interrogatoire improvisé. Dans la vidéo, l’homme déclare : « Oui, je suis homosexuel, mais je suis le ‘Yoss’ (l’homme dans la relation). » Des propos prononcés sous une forte pression, dans un contexte de violence manifeste. La foule l’a ensuite remis aux forces de l’ordre.