Sénégal : un citoyen français en détention provisoire pour actes contre-nature et autres chefs d’accusation

Samedi 16 Mai 2026

Il est derrière les barreaux au Sénégal depuis déjà deux mois. Un ressortissant français « a été arrêté le 14 février 2026 pour actes contre-nature, association de malfaiteurs, blanchiment de capitaux et tentative de transmission du VIH, lors d’une vague d’arrestations », indique une source diplomatique à l’AFP. Ce placement en détention intervient dans un contexte marqué par une vague d’homophobie dans le pays et une série d’arrestations pour homosexualité présumée.



Le Sénégal a durci en mars sa législation réprimant les relations homosexuelles, désormais punies de cinq à dix ans de prison. Un jeune Sénégalais a été condamné à six ans d’emprisonnement en avril après avoir été surpris en train d’avoir une relation sexuelle avec un autre homme dans la banlieue dakaroise. « Notre ambassade à Dakar suit attentivement la situation de notre compatriote », souligne la source diplomatique à l’AFP au sujet du Français détenu. « Notre consulat a pu lui rendre quatre visites dans le cadre de la protection consulaire, et demeure en relation étroite avec sa famille », tout comme les services du Quai d’Orsay à Paris.

Les relations entre personnes du même sexe sont considérées comme une déviance au Sénégal, pays majoritairement musulman. Le durcissement de leur répression est une promesse de longue date du camp au pouvoir, porteuse politiquement dans ce pays. Le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Volker Türk, avait dénoncé une loi qui « bafoue » les droits humains lors de sa promulgation par le président Bassirou Diomaye Faye.

Le porte-parole du Quai d’Orsay a exprimé « sa préoccupation concernant le durcissement des peines encourues par les personnes LGBT+ au Sénégal et la création de nouveaux délits d’apologie ou de financement de la promotion de l’homosexualité ». « La France rappelle son attachement au respect des droits de l’Homme dans leur universalité et leur indivisibilité, ainsi que son engagement en faveur de la dépénalisation universelle de l’homosexualité, de la défense des droits des personnes LGBT+ et de la lutte contre les discriminations fondées sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre », insiste la source diplomatique française auprès de l’AFP.
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