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Sénégal : la Grande Coalition Citoyenne entre dans l’arène politique et promet une force « autonome »

Mercredi 23 Septembre 2026

La Grande Coalition Citoyenne pour le Sénégal (G2CS – Guiss Si Sa Bop) affiche ses ambitions. Dans un manifeste politique et citoyen intitulé « Pour une République souveraine gouvernée avec les citoyens », la nouvelle organisation expose sa doctrine, ses priorités et ses douze engagements. Elle entend bâtir une force politique autonome reposant sur un « souverainisme citoyen, démocratique, social, productif et panafricain ».

À travers ce document, la G2CS veut se démarquer des formations politiques traditionnelles et placer la participation citoyenne au centre de son projet. Elle estime que le Sénégal doit dépasser les logiques d’appareil pour construire une offre politique fondée sur la souveraineté, la démocratie, la justice sociale et la production nationale.

« Le Sénégal n’a pas besoin d’une force politique de plus enfermée dans les calculs d’appareil. Il a besoin d’une force citoyenne capable de réconcilier la souveraineté nationale, la démocratie vécue, la justice sociale, la production et l’ambition africaine », affirme la coalition dans son manifeste.

Pour ses initiateurs, le citoyen ne doit plus intervenir dans la vie publique uniquement au moment des élections. La coalition souhaite notamment renforcer les mécanismes de consultation et de contrôle de l’action publique.

« Nous voulons rendre au citoyen sa place dans la décision publique, redonner du sens à l’engagement politique et transformer les compétences du pays et de sa diaspora en puissance collective », soutient-elle.

La G2CS assure par ailleurs que son projet « ne repose ni sur le culte d’un homme ni sur la défense d’intérêts particuliers ». Elle appelle les Sénégalais de toutes les régions, de toutes les générations et de la diaspora à participer à la construction de ce qu’elle présente comme « une alternative démocratique, responsable et ouverte ».

Une critique du fonctionnement de la démocratie

Dans son diagnostic de la situation politique nationale, la coalition considère que la démocratie sénégalaise reste encore trop centrée sur les rendez-vous électoraux.

« L’élection demeure trop souvent le seul moment où le citoyen est véritablement sollicité. Entre deux scrutins, la décision publique se concentre, le contrôle populaire s’affaiblit et les territoires peinent à faire entendre leurs priorités », estime la G2CS.

Pour y remédier, elle propose une République dans laquelle les contre-pouvoirs fonctionnent davantage et où l’action des autorités est soumise à une obligation accrue de reddition des comptes.

« La participation citoyenne ne doit plus être une promesse de campagne : elle doit devenir une méthode permanente de gouvernement », insiste le manifeste.

« Produire davantage sur notre territoire »

La souveraineté économique constitue également l’un des principaux axes du projet. La G2CS décrit l'économie sénégalaise comme vulnérable à l’endettement, aux chocs extérieurs et à la dépendance alimentaire, énergétique, technologique et financière. Il s’agit du diagnostic politique formulé par la coalition dans son manifeste.

Elle précise toutefois que son souverainisme n’est pas synonyme de repli.

« La souveraineté ne consiste pas à se couper du monde. Elle consiste à coopérer sans subir, à négocier sans renoncer, à produire davantage sur notre territoire et à faire de nos ressources, de nos savoirs et de notre travail les fondements d’une prospérité partagée », explique-t-elle.

La coalition veut ainsi privilégier l’agriculture, l’élevage, la pêche durable, l’industrie, le numérique, les énergies, la recherche et les PME. Elle défend parallèlement une intégration africaine renforcée dans les infrastructures, le commerce, la mobilité, la recherche et la sécurité collective.

Douze engagements annoncés

La G2CS décline son projet autour de douze engagements. Parmi ceux-ci figurent la participation citoyenne, le rééquilibrage des institutions, la gouvernance et la transparence des finances publiques, la transformation locale, la souveraineté alimentaire, l'emploi des jeunes, la justice sociale, l'autonomisation économique des femmes, l'équité territoriale, la diaspora, la préservation des ressources naturelles et une diplomatie centrée sur les intérêts du Sénégal et l'intégration africaine.

Sur la gouvernance, le mouvement annonce notamment : « Nous imposerons la déclaration d’intérêts, la prévention des conflits d’intérêts, la traçabilité des finances publiques, la publication des contrats d’intérêt général et des sanctions effectives contre la corruption et le détournement ».

La coalition entend également réduire les disparités territoriales : « Nous corrigerons les déséquilibres entre Dakar et les autres régions par la décentralisation effective, des contrats territoriaux, l’accès aux infrastructures et la valorisation des potentialités locales ».



Au-delà du manifeste d'idées, la G2CS affiche clairement une ambition électorale. Elle annonce son intention de participer de façon autonome à la vie démocratique, de présenter des candidats lorsque les conditions seront réunies et de conclure éventuellement des alliances compatibles avec sa charte.

« Notre indépendance politique interdit toute subordination à un pouvoir, à un parti, à un groupe économique ou à un intérêt étranger », précise-t-elle.

La coalition affirme que ses futurs candidats devront répondre à des critères de « probité, de compétence, d’ancrage citoyen et de capacité à servir ». Elle promet également une organisation reposant sur la démocratie interne, la limitation des mandats et la transparence financière.

« Servir sans se servir »

Dans son appel final, la G2CS tend la main aussi bien aux citoyens sans appartenance politique qu’aux militants déçus, aux travailleurs, entrepreneurs, agriculteurs, pêcheurs, enseignants, chercheurs, femmes, jeunes et Sénégalais de la diaspora.

« Nous invitons les Sénégalaises et les Sénégalais qui ne se reconnaissent ni dans la résignation ni dans les affrontements stériles à nous rejoindre. Nous appelons celles et ceux qui veulent servir sans se servir, débattre sans se détruire, gouverner sans confisquer et réformer sans exclure », lance la coalition.

Et d'ajouter : « Nous ne promettons pas la facilité. Nous proposons le travail, la responsabilité, la vérité et l’action collective. Notre ambition est de bâtir une majorité citoyenne capable de transformer l’espérance en institutions solides, en emplois, en justice et en souveraineté réelle ».

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