Sénégal : la COJER exige le bilan des emplois créés depuis l’arrivée du régime de Diomaye

Mercredi 9 Septembre 2026

La Convergence des Jeunesses Républicaines (COJER Nationale) a vivement réagi à la Déclaration de politique générale du Premier ministre présentée devant l’Assemblée nationale. Dans un communiqué publié ce mardi 8 septembre 2026, l’organisation de jeunesse de l’opposition dénonce les « renoncements » du pouvoir, critique le retour vers le Fonds monétaire international (FMI) et demande au Gouvernement de présenter un bilan précis des emplois créés depuis son arrivée aux affaires.


La Déclaration de politique générale du Premier ministre n’a pas convaincu la COJER Nationale. Quelques heures après l’exercice devant les députés, la Convergence des Jeunesses Républicaines a livré une lecture particulièrement critique de la feuille de route gouvernementale. Pour la structure, le changement intervenu à la tête de la Primature n’a pas permis d’apporter les réponses attendues par les Sénégalais.

« Après trente mois de pouvoir, un constat s’impose : deux locataires de la Primature, mais toujours les mêmes difficultés et les mêmes renoncements », déclare la COJER, qui estime que « le changement de Premier Ministre ne saurait masquer l’absence de résultats à la hauteur des promesses de 2024 ».

Le retour au FMI dans le viseur

L’un des principaux griefs de la COJER concerne les relations entre le Sénégal et le FMI. L'organisation rappelle que le discours porté pendant plusieurs années par les actuels dirigeants faisait de la souveraineté économique et du rejet des injonctions des institutions financières internationales un marqueur politique. Or, constate-t-elle, le Gouvernement s’oriente désormais vers un nouvel accord avec le FMI, parallèlement à un plan de traitement de la dette publique. « La question est simple : comment ce qui était présenté hier comme une dépendance inacceptable peut-il être présenté aujourd’hui comme un choix souverain ? », s’interroge la COJER. L’organisation réclame ainsi davantage de cohérence et de transparence dans les orientations économiques. « Les Sénégalais ont droit à la vérité sur les choix économiques qui engagent leur avenir », soutient-elle.

La COJER défend le bilan de Macky Sall

Le communiqué revient également sur la situation financière du pays. La COJER juge préoccupantes les difficultés de financement, le poids de la dette et la détérioration de la crédibilité financière du Sénégal. Mais l'organisation refuse que cette situation soit systématiquement imputée à l'ancien régime. « Cette réalité ne peut pas non plus servir de prétexte à un procès permanent du régime précédent. La dette est celle de l’État du Sénégal », souligne-t-elle.

La COJER demande que son analyse prenne également en compte les investissements réalisés avec les ressources mobilisées. Elle cite notamment le Train express régional (TER), le Bus Rapid Transit (BRT), les autoroutes ainsi que les investissements dans la santé, l’éducation, l’énergie, l’hydraulique et l’agriculture.

« Le Sénégal de 2024 n’était pas celui de 2012 », fait valoir l’organisation. Concernant d’éventuelles responsabilités dans la gestion passée des finances publiques, elle demande qu’elles soient établies « sur la base de faits précis, d’éléments vérifiables et de procédures conformes à l’État de droit ». Et d’ajouter : « Le président Macky Sall a quitté le pouvoir. Ceux qui gouvernent aujourd’hui doivent assumer leurs propres choix. »

« La jeunesse ne peut pas attendre 2029 ou 2050 »

La question de l’emploi occupe également une place centrale dans la réaction de la COJER. L'organisation considère que les échéances annoncées par le Gouvernement sont trop éloignées des préoccupations immédiates d’une partie de la jeunesse.  « La jeunesse sénégalaise attend des réponses aujourd’hui », insiste-t-elle.

Pour la COJER, les objectifs annoncés à l’horizon 2029 ou les ambitions inscrites dans la Vision Sénégal 2050 ne peuvent suffire à répondre à l’urgence du chômage. « Une jeunesse qui cherche un emploi aujourd’hui ne peut pas vivre de promesses pour demain », martèle l’organisation. Elle réclame ainsi du Gouvernement « un bilan clair et vérifiable des emplois effectivement créés depuis l’arrivée au pouvoir de l’actuel Gouvernement ». « Les jeunes Sénégalais n’attendent plus des projections. Ils attendent des emplois, des opportunités et des résultats », poursuit le communiqué.

« On ne peut pas éternellement gouverner contre Macky Sall »

Pour la COJER Nationale, la DPG devait permettre au Gouvernement d’apporter des réponses concrètes aux urgences économiques et sociales. L’organisation estime, au contraire, que l’exercice a mis en évidence les difficultés auxquelles l’Exécutif est confronté. Elle appelle ainsi les nouvelles autorités à assumer leurs orientations et à faire preuve de transparence sur la situation financière du Sénégal.

Dans une formule particulièrement offensive, la COJER conclut : « On ne peut pas éternellement gouverner contre Macky Sall. Il faut désormais gouverner pour le Sénégal. » Pour l'organisation, le pays a désormais besoin de « vérité, de responsabilité et de résultats ».
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